L'Avenir Agricole et Rural 29 avril 2020 à 16h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Bruxelles répond à l’urgence avec des moyens limités

La Commission européenne a présenté des mesures d’urgence: soutiens au stockage privé de produits laitiers et de viande, dérogations aux règles de la concurrence dans les secteurs les plus durement touchés... Mais déjà se pose la question des moyens mis en œuvre pour les porter.

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En France, des mesures de planifications ont déjà été lancées dans la filière laitière.
En France, des mesures de planifications ont déjà été lancées dans la filière laitière. - © Arte

«Les mesures proposees sont, en l’etat actuel de l’evolution du marche, destinees a envoyer un signal visant a stabiliser les marches et sont considerees comme les plus appropriees pour assurer la stabilite des prix et de la production future et donc un approvisionnement alimentaire stable et la securite alimentaire», a commente le commissaire europeen a l’Agriculture, Janusz Wojciechowski. Mais la question se pose encore quant aux moyens que Bruxelles pourra allouer a ces mesures.

A ce stade, quelque 88,5 millions € d’argent frais issu des marges du budget agricole 2020 seraient prevus pour le soutien au stockage prive. Pour le reste il s’agirait principalement de la reorientation de fonds pas encore depenses. Ces mesures, susceptibles d’evoluer au fil des discussions, devraient etre adoptees d’ici la fin du mois d’avril apres un vote des Etats membres pour une entree en application des le debut du mois de mai, espere Bruxelles qui en presentera les details au moment de leur adoption finale.

100000 t de fromage, 90000 t de poudre et 140000 t de beurre

L’aide au stockage prive concernera les produits laitiers (poudre de lait ecreme, beurre, fromage) et la viande (bovine, ovine et caprine) et permettra le retrait temporaire des produits du marche pour une duree minimale de 2 a 3 mois et maximale de 5 a 6 mois.
Ce dispositif serait dote d’une enveloppe evaluee a 88,5 millions€ (dont environ 30 millions pour le lait et le reste pour la viande).
Mais tout dependra du recours qui sera fait au stockage dans les Etats membres en termes de volumes et de duree de stockage.
Pour les produits laitiers, la Commission propose des volumes a retirer temporairement du marche avec une repartition, provisoire, par Etat membre.

Viande bovine: une premiere

L’executif de l’UE a egalement confirme une aide au stockage prive pour la viande bovine – un dispositif encore jamais pratique dans l’UE – pour un volume total de 25 000 t et un budget de 26 millions €. Pour les viandes ovine et caprine, des secteurs ou de telles mesures n’ont pas ete pratiquees au cours des vingt dernieres annees, il est propose de stocker un volume total de 36 000 t avec un budget de 20 millions€. Enfin, a cela s’ajoute un soutien au stockage de viande de veau qui devrait necessiter une enveloppe d’environ 10 millions €.
Par ailleurs, la Commission accordera des souplesses dans les programmes nationaux pour le vin, les fruits et legumes, l’huile d’olive, l’apiculture et le programme de distribution de lait et de fruits et legumes dans les ecoles afin de reorienter les priorites de financement vers des mesures de gestion de crise pour ces secteurs. Pas d’argent frais a priori dans ce dispositif.
Pour les organisations de producteurs dans le secteur des fruits et legumes, les fonctionnaires suggerent, par exemple, d’augmenter les depenses eligibles pour les mesures de prevention et de gestion des crises, de relever les plafonds de l’aide financiere de l’Union en cas de reduction de la valeur des produits et de reduire les controles administratifs. En ce qui concerne l’apiculture, les capitales nationales seraient autorisees a modifier leurs programmes et a reporter l’application des mesures correspondantes jusqu’au 15 septembre.

« Les moyens financiers devront suivre », previennent FNSEA et JA

Reagissant a la decision de Bruxelles de declencher les mesures de gestion des marches prevues par le reglement OCM, la FNSEA et les JA estiment, dans un communique du 22 avril, que « la Commission europeenne franchit un premier pas important ». Mais pour les syndicats « les moyens financiers devront suivre ! », ils réclament « un budget additionnel a la hauteur dans le temps». « L’efficacite des mesures dependra des montants reellement nouveaux qui seront alloues », martelent-ils.

Par ailleurs, la FNSEA et les JA estiment que « certains secteurs non cibles par la Commission europeenne meritent encore une attention particuliere de l’UE ». Un rappel qui concerne les eleveurs de volailles de chair, indique-t-on a la FNSEA. Le 2 avril, la branche specialisee de la FNSEA (Aviculteurs de France) avait demande a emarger a l’aide au stockage prive. Enfin, les syndicats reiterent leurs demandes de « mesures liees aux importations » et de « vrais outils d’anticipation et de gestion de crise ».

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