L'Avenir Agricole et Rural 23 janvier 2014 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

BOVINS - Des difficultés à l’export tant en bovins vifs qu’en viande bovine

Selon une étude de l’Institut de l’élevage publiée le 14 janvier, les exportations de la filière bovin viande sont à la peine : tant en viande, qu’en vif.

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Les bovins vifs n’échappent pas non plus à un recul des débouchés.
Les bovins vifs n’échappent pas non plus à un recul des débouchés. - © Agra

«En octobre, les exportations françaises de viandes bovines fraîches et congelées se sont à nouveau rétractées», selon une étude de l’Institut de l’élevage publiée le 14 janvier. Ainsi, les volumes exportés en octobre 2013 sont inférieurs de 6 % à ceux exportés en octobre 2012. La baisse la plus marquée concerne les envois vers l’Allemagne (-13 %) ou encore l’Italie (-4 %). Le marché européen de la viande bovine est pesant depuis plusieurs mois pour plusieurs raisons. D’une part, la Pologne propose des prix défiant toute concurrence, particulièrement depuis début 2012. D’autre part, la demande dans les pays de l’Europe du Sud et en Allemagne se replie. Les bovins vifs n’échappent pas non plus à un recul des débouchés.

De fait, si les envois vers le Liban et le Maghreb ont progressé, ils n’ont pas permis de compenser la fermeture du marché turc. Rien que sur les exportations de mâles finis, les volumes ont baissé de 65% par rapport à 2012 en cumul de janvier à octobre toutes destinations confondues. Néanmoins, «les envois ont rebondi en toute fin d’année avec l’ouverture au 1er janvier du contingent algérien à droits nuls».

Conséquences

Face à un marché européen  contraignant, la filière française de viande bovine parvient à trouver des débouchés sur son marché intérieur. Et pour cause, ce dernier enregistre un manque de viande de femelles : «Les abattages de femelles sont toujours faibles, signe d’une rétention pour produire plus de lait ou maximiser les droits à prime côté allaitant», selon l’Institut de l’élevage. Ce manque créée un débouché pour la viande de mâles.

Concernant les bovins vifs, «les disponibilités pour l’abattage sont gonflées par le recul des exportations». Ainsi, les abattages de jeunes bovins ont augmenté en novembre 2013 de 15% par rapport à novembre 2012, mais «la hausse n’a pas suffi à résorber l’excédent de mâles dans les exploitations».

Selon la BDNI (base de données nationale d’identification), le nombre de mâles allaitants et croisés âgés de 1 à 2 ans est supérieur de 5 % au 1er novembre 2013 par rapport à 2012. La tendance est un peu moins marquée pour les mâles laitiers (+3 %). Au total, cela représente 27 000 têtes de plus dans les élevages.

L’élevage allaitant craint une trop forte dégressivité des aides couplées

L’élevage allaitant français attend des précisions sur la dégressivité des aides couplées qu’il craint trop élevée. Le 15 janvier, la Fédération nationale bovine (FNB) a exprimé ses inquiétudes à l’égard de la Pac.

La FNB (Fédération nationale bovine) a relayé, le 15 janvier, les inquiétudes des éleveurs de «l’ensemble des régions» à l’égard de la Politique agricole commune (Pac) en France. La filière remet «en cause prioritairement», les modalités de la future aide à la vache allaitante. Un mois après le Conseil supérieur d’orientation (CSO) du 17 décembre qui fixait des arbitrages sur la déclinaison nationale de la Pac, la FNB rappelle que des incertitudes persistent. La prime annoncée «à 200 euros pour les 40 premiers animaux» par les pouvoirs publics ne suffit pas. «Ils se sont bien gardés de faire état du montant pour les animaux suivants», précise un communiqué de la FNB. Pour rappel, dans la Pac précédente, la prime pour le maintien au troupeau de vaches allaitantes (PMTVA) était cofinancée par l’Union européenne (à hauteur de 150 euros par animal) et par la France (à hauteur de 50 euros par animal). Sur la part communautaire, il n’y avait pas de dégressivité des aides. Sur la part nationale, les 40 premiers animaux avaient droit à 50 euros par tête. Au-delà, la prime chutait à 26 euros par tête. Pour la nouvelle Pac, la FNB craint que «dans le cadre d’une enveloppe budgétaire amputée, la réalité pourrait bien être d’à peine 100 euros par animal, ou moins». Une situation que dénoncent les éleveurs de bovins allaitants car «le modèle économique des éleveurs spécialisés bovins-viande, naisseurs comme naisseurs-engraisseurs, repose à l’évidence sur des cheptels bien supérieurs à 40 animaux pour vivre».

Risque d’incohérence nationale

Autre point préoccupant pour la filière : la régionalisation du deuxième pilier. Les éleveurs craignent que les arbitrages soient très différents d’une région à l’autre. «Chaque région fera comme elle veut», s’inquiète la FNB. Le risque est un manque de cohérence nationale sur le plan de modernisation des bâtiments qui relève du 2e pilier. Par ailleurs, l’absence de décision concernant les aides à l’autonomie fourragère qui doivent représenter 2% du budget des aides couplées préoccupe la filière. Pour la FNB, «l’éligibilité des mélanges légumineuses-graminées» serait «essentiel dans l’équilibre agronomique de fonctionnement de ces exploitations, alternant pâturage et récolte du fourrage». Mais pour le moment, rien n’est encore fixé.

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