L'Avenir Agricole et Rural 11 février 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

BLOCAGE : LES AGRICULTEURS FONT BARRAGE

Suite à l’absence remarquée de Bongrain et de Lactalis à la table des négociations organisée par le préfet, la FDSEA, les JA et la FDPL ont appelé a des actions de blocage de camion de livraison de lait.

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Le problème est toujours le même : le prix d’achat du lait ne suffit pas à couvrir les coûts de production. Actuellement, la tonne de lait se vend 291 Ä chez Ermitage, 272 Ä chez Bongrain et 267 Ä chez Lactalis, alors que Cerfrance évalue son coût de production entre 340 et 350 Ä selon les exploitations. Une situation intenable pour les éleveurs qui, armés de leur tracteur, ont manifesté au mois de janvier à Langres, Chaumont et Saint Dizier en bloquant la circulation.

 

A la demande de la profession, le préfet a réuni une table ronde fin janvier avec tous les acteurs de la filière. Les syndicats agricoles, Cerfrance, les politiques, la grande distribution accompagnée des représentants de leur centrale d’achat, les transformateurs et intermédiaires commerciaux ont pu échanger pour essayer de trouver une solution de sortie de crise. Plusieurs pistes ont été évoquées, les syndicats espèrent obtenir la signature de la « charte des valeurs » par l’ensemble des acteurs. La possibilité d’un fonds d’indemnisation financé par un prélèvement sur la grande distribution (à l’instar de la Belgique) est à l’étude.

 

Cependant, les laiteries Bongrain et Lactalis ont brillé par leur absence à la table des négociations, une position vécue comme une provocation pour les éleveurs. La FDSEA, les JA et la FDPL ont donc appelé a des actions de blocage des camions de livraison de lait, en particulier contre les 2 laiteries incriminées. Depuis le 3 février, de nombreux agriculteurs retiennent les camions de collecte pendant quelques heures, alors qu’ils s’apprêtaient à repartir de la ferme. Une mobilisation très suivie sur tout le département.

 

La position des producteurs de lait est alarmante, Cédric Ladier a participé à un blocage dans sa ferme à Vroncourt-la-Côte, il produit 470 000 litres de lait par an et perd 4 000 Ä par mois. A ce rythme, les exploitations laitières ne tiendront plus très longtemps. Martine Soudant, du Gaec de l’Hazelle a elle aussi bloqué un camion dans son exploitation, à Thonnance-le-Moulins. Elle produit ordinairement 970 000 litres de lait, mais cette année, malgré une augmentation de 78 000 litres, elle a perdu 55 000 Ä. Cette situation fragilise dangereusement la trésorerie des exploitations et ne peut durer. Si rien ne change, les éleveurs continueront leurs actions de blocage temporaire, comme ils l’ont déjà fait à Avrainville, Longchamp, Millières, Saint-Vallier, Lavernoy, Oudincourt, Graffigny-Chemin, Leschères, Montier-en-Der, Longeville-sur-la-Laines, Germainvilliers…

 

En tant qu’acteur de la mise en marché des produits des producteurs, la grande distribution porte également une part de responsabilité dans la juste répartition des marges tout au long de la filière. Elle sera certainement la prochaine cible des mouvements syndicaux.

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