L'Avenir Agricole et Rural 11 février 2021 a 09h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Blé sur blé : une conduite à adapter

Le blé est fréquemment de retour dans la rotation,il est même utilisé en monoculture. Bien qu’il soit relativement simple à conduire, des ajustements sont toutefois nécessaires dans ce genre de situation.

Abonnez-vous Reagir Imprimer

Les évolutions dans les assolements des cultures en 2020-2021 amènent à un retour plus fréquent du blé dans la rotation voire des situations en monoculture. Le blé peut être une bonne solution temporaire, c’est une culture plastique et rentable, s’adaptant bien à tous les types de sols et relativement simples à conduire. Néanmoins, en situation de retour fréquent quelques ajustements sont nécessaires.

Maîtrise des maladies, en particulier le piétin-échaudage
Les pailles en blé de blé peuvent être un refuge pour différents pathogènes, en particulier les maladies du pied : piétin-échaudage, piétin-verse, fusarioses de bas de tiges. La pression au niveau des maladies foliaires est peu différente d’un blé assolé.

En blé sur blé, le principal problème à gérer est le piétin-échaudage. Il s’agit d’un champignon dont l’inoculum se trouve sur les pailles, il est donc inféodé à la parcelle. Les pertes peuvent s’élever à 50 % de la production dans les cas les plus graves. Lorsque les symptômes sont observés dans une parcelle, il y a une forte probabilité d’en retrouver les années suivantes.

Les autres points de la protection des cultures : désherbage et ravageurs

La gestion des graminées (bromes, vulpin, ray-grass) peut être compliquée en blé sur blé, en particulier en système simplifié (TCS par exemple). Le levier agronomique « rotation » ne peut être utilisé pour gérer ces adventices. Il faut donc avoir recours à d’autres solutions comme le semis décalé (efficace également sur piétin-échaudage et pucerons d’automne), les faux semis si les conditions météo y sont propices ou encore le labour. Le désherbage se fera en culture avec 1 ou 2 passages (pré et/ou post) à l’automne, selon le niveau de résistance aux sulfonylurées (groupe HRAC B) ou au pinoxaden (groupe HRAC A), en associant et diversifiant les molécules autorisées selon les parcelles : flufenacet, prosulfocarbe, chlortoluron, diflufénicanil (dff), pendiméthaline, etc… En labour, la pression peut être plus forte en coquelicots, véroniques et renouées mais différentes solutions chimiques sont efficaces contre ces dicotylédones.

La nutrition des plantes : azote et phosphore
Les apports de phosphore ont pour fonction principale d’alimenter correctement les jeunes plantes lorsque les racines sont en croissance (de la levée à fin tallage), afin de permettre aux racines d’explorer des volumes de sol plus importants et d’accéder à des quantités suffisantes de l’élément dans le sol. Le blé sur blé est considéré comme une culture moyennement exigeante vis-à-vis du phosphore, à la différence du blé assolé (peu exigeant). Attention aux impasses qui conduisent à des pertes de rendement en blé sur blé !

L’abondance des pailles en blé sur blé pose problème lors de l’implantation. Il est recommandé soit de les exporter (mais appauvrit le sol en potasse) ou bien de faciliter leur dégradation en les broyant finement et en soignant la répartition sur le sol. Labourer entre 2 blés permet de limiter la quantité de paille en surface et les risques parasitaires. Le labour ne doit toutefois pas être renouvelé tous les ans.

Par ailleurs, les pailles vont consommer de l’azote pour se dégrader lorsqu’elles ne sont pas exportées.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 12 février 2021.

Pour limiter le piétin-échaudage plusieurs solutions sont à disposition :

- Le traitement de semences Latitude XL apporte 50 % d’efficacité environ et 8 q/ha selon les essais ARVALIS, cela dès le deuxième blé dans la rotation. Ce traitement de semences peut être fait sur plusieurs années consécutives.

- Une date de semis retardée permet de limiter la durée de contamination et en cas de pression forte, permet de gagner 6 q/ha par rapport à un semis plus précoce d’une quinzaine de jours. En cas de fortes attaques, seule la combinaison du semis décalé et du TS Latitude XL permet d’obtenir les meilleurs rendements (+16 q/ha / témoin sans TS en semis classique).

- Eviter le chaulage excessif qui perturbe la flore antagoniste au piétin échaudage. L’augmentation rapide du pH favorise la sévérité de la maladie. Les carbonates broyés ou produits grossiers lissent l’augmentation du pH.

- Détruire les repousses de blé pour éviter le maintien de l’inoculum, et de la même façon, veiller à broyer finement les pailles non exportées et bien les repartir pour favoriser leur décomposition.
Lorsque les pailles sont non ramassées, il faut veiller à les broyer finement et à bien les répartir pour favoriser leur décomposition.

Vous pourrez retrouver la suite de cet encadré dans notre édition du 12 février 2021.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions emises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se reserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et reglements en vigueur, et decline toute responsabilite quant aux opinions emises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2642 | mars 2021

Dernier numéro
N° 2642 | mars 2021

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS
L’actualité en direct
Chambre d'agriculture

    Les ARTICLES LES PLUS...

    Voir tous

    Voir tous