L'Avenir Agricole et Rural 15 novembre 2007 à 00h00 | Par F.Thevenin

BIOMASSSE - LA CHAMPAGNE ARDENNE, PREMIER PRODUCTEUR DE COLZA INDUSTRIEL

Avec plus de 130 000 ha consacrés aux cultures industrielles à finalité non alimentaire, la Champagne-Ardenne est la première région de France en terme de surfaces dédiées à ces cultures. Le colza prédomine très largement et couvre en 2006, pour la partie destinée à une utilisation non alimentaire, 7 % de la SAU champardennaise.

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Au total, 35 000 ha de betteraves et 105 000 ha de blé seront nécessaires pour assurer les objectifs totaux de production des trois établissements présents sur le territoire.
Au total, 35 000 ha de betteraves et 105 000 ha de blé seront nécessaires pour assurer les objectifs totaux de production des trois établissements présents sur le territoire. - © REUSSIR
Parmi les ressources en biomasse utilisée à des fins non alimentaires, la part des produits issus de l’agriculture est en forte progression ces dernières années.
La superficie consacrée aux cultures industrielles a été multipliée par 2,5 entre 2001 et 2006 en Champagne-Ardenne. Elle atteint 130 800 ha en 2006, soit 17 % de la superficie nationale consacrée à ces cultures. La Champagne-Ardenne possède la première superficie régionale dédiée aux cultures industrielles, devant les régions Centre, Bourgogne, Picardie et Poitou-Charentes.
Parmi ces cultures industrielles, le colza avec 86 % des surfaces est largement prépondérant. La région est ainsi le premier producteur de colza industriel, en se positionnant devant la région Centre, bien que celle-ci soit la première région productrice de colza. La part du colza énergétique dans la sole de colza a progressé de 10 points dans la région entre 2001 et 2006. Elle représente 66 % de la surface régionale de colza, chiffre supérieur à la moyenne nationale (49 %).
Parmi les autres cultures industrielles, la betterave et les « autres » (lin oléagineux, maïs et divers) occupent 5 % chacun, le tournesol 2 % ainsi que le blé. 7 % de la SAU champardennaise est consacrée à la culture du colza non alimentaire.
Le colza énergétique est présent dans presque tous les cantons de la région. L’essentiel de la production se situe dans la Champagne-Crayeuse, la Brie et en Champagne Humide. L’implantation du complexe du Mériot (une huilerie, une usine d’estérification), actuellement en cours de construction, conforte l’orientation de la région champardenaise vers les cultures énergétiques.

Forte hausse des surfaces en colza ACE depuis 2004

Depuis 2004, deux régimes existent pour soutenir l’implantation des cultures industrielles. Le gel industriel, mis en place en 1993, permet de cultiver sur des terres gelées des productions non destinées à l’alimentation humaine ou animale tout en respectant les obligations réglementaires du gel. Les cultures cultivées sur ces terres gelées recevaient, en plus du paiement de leur volume, l’aide à la jachère.
Depuis le 1er janvier 2006, avec l’arrivée des DPU, les producteurs perçoivent pour ces cultures industrielles, s’ils remplissent les conditions, des DPU jachère. L’aide aux cultures énergétiques (ACE) est réservée aux cultures énergétiques (biocarburants, biocombustibles…) ensemencées sur des terres non gelées. L’aide versée est de 45 ?/ha, en plus du DPU normal. Ces primes ne sont versées que s’il existe un contrat entre le producteur et le premier acheteur prouvant la destination non alimentaire du produit.
En 2004, la surface champardennaise de colza ACE était de 26 000 ha. Elle représentait
56 % de la sole totale en colza énergétique et 20 % de la sole totale colza. En 2006, ces proportions sont respectivement de 61 et 40 %. La surface en colza ACE a progressé de 19 % en 2005 et a été multipliée par 2,2 entre 2005 et 2006. La progression moyenne sur la période 2004-2006 (x 2,6) est très proche de l’évolution nationale (x 2,8).
Les surfaces en gel industriel, après avoir fortement augmenté entre 2004 et 2005, n’ont progressé que de 3 % entre 2005 et 2006. Globalement, c’est dans le département de l’Aube que la hausse des surfaces en colza énergétique (ACE et gel industriel) a été la plus forte depuis 2004 (x 3). Cependant, c’est dans le département de la Marne que la sole en colza non alimentaire est la plus élevée.
En Haute-Marne et dans le Barrois, les superficies ont moins augmenté. Elles étaient déjà importantes avant le développement du colza énergétique, le colza étant la principale tête de rotation dans les exploitations céréalières.
Les écarts de superficie en jachère industrielle et culture ACE sont nettement moins importants dans les Ardennes et la Marne que dans les deux autres départements.
La plus forte progression du colza bénéficiant de l’ACE par rapport au colza sur terres gelées peut s’expliquer par une demande croissante pour le biodiesel et une simplification des démarches administratives par rapport au gel industriel mais surtout par le fait que la surface en gel industriel n’est pas extensible. Les contrats ACE concernent uniquement des matières premières utilisées dans la fabrication de biocarburants. C’est parmi les contrats en gel industriel que l’on trouve des cultures plus spécifiques : lin oléagineux, maïs, taillis à courte rotation… Sur les 18 852 contrats en cultures non alimentaires en 2006, 53 % sont issus des ACE et parmi ceux-ci plus de la moitié concerne le colza. Les contrats ACE betterave représentent 43 % des contrats ACE.
La production champardennaise de colza énergétique a atteint les 360 700 tonnes en 2006, dont près des trois quarts en provenance de la Marne et de l’Aube.
 
Plusieurs unités de transformation en Champagne-Ardenne

Depuis début juin 2007, la production de carburant à partir de betteraves a commencé à Bazancourt dans la Marne. Cette usine du groupe Cristal Union doit produire, en pleine capacité, 120 000 tonnes d’éthanol à partir de betteraves et 160 000 tonnes à partir de blé. Cristal Union dispose d’une deuxième usine de bioéthanol dans la région à Arcis-sur-Aube qui fonctionne déjà. Elle produit 12 000 tonnes par an à partir de betteraves.
En 2008, la région aura une unité supplémentaire d’éthanol de blé qui va être construite par le groupe Soufflet.
Cette unité est située sur la plate-forme de Nogent-le-Mériot. Elle a un agrément de 45 000 tonnes pour une capacité de production pouvant atteindre les 100 000 tonnes. Au total, 35 000 ha de betteraves et 105 000 ha de blé seront nécessaires pour assurer les objectifs totaux de production de ces trois établissements. Si l’approvisionnement était uniquement champardennais, une part importante de la production agricole régionale y serait consacrée puisqu’actuellement, on compte 390 000 ha de blé et 75 000 ha de betteraves.
Pour le Diester, le choix des lieux d’implantation privilégie la localisation près des zones de production des graines et des usines de trituration, l’accès aux raffineries, dépôts pétroliers et aux industries consommatrices de tourteaux, ainsi que la possibilité d’utiliser les transports par voies fluviales, maritimes et ferroviaires, afin d’optimiser les coûts et de minimiser les nuisances. C’est ainsi que le site du Mériot a été retenu dans l’Aube. L’unité d’estérification a démarré en juin 2007 et a pour objectif d’atteindre 250 000 tonnes de diester. D’ici fin 2007, l’usine de trituration débutera son activité pour traiter 1 million de tonnes de graines. Les surfaces à consacrer pour remplir les objectifs de production sont de l’ordre de 180 000 ha, ce qui correspond à la surface actuelle en colza total mais dépasse largement la surface régionale en colza non alimentaire.
D’après le document Agreste

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