L'Avenir Agricole et Rural 16 mars 2007 à 00h00 | Par Jean-Louis BLONDEL

Bâtiments d'élevage - Les éleveurs haut-marnais se sont engagés, l’Etat doit tenir ses engagements !

Lors du Salon de l’Agriculture et à l’initiative de Luc Chatel, une rencontre rapide a été organisée avec Dominique Bussereau pour l’alerter sur les difficultés de financement des bâtiments d’élevage. Ce premier contact sera suivi d’un examen plus approfondi le 21 mars prochain au Ministère de l’Agriculture à l’occasion d’une délégation départementale conduite par Bruno Sido.

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La file d’attente s’est brusquement constituée

Jusqu’en 2004, les éleveurs champardennais bénéficiaient d’un programme d’aide  à la rénovation, à la construction et à l’aménagement des bâtiments d’élevage (ARCABE). Ce soutien co-financé par la Région et le Département de Haute-Marne, respectivement à 27 % (en moyenne)  et 7 % a été stoppé en 2005, mais un «stock» important de projets avait été déposé fin 2004.
En 2005, un nombre limité de dossiers a donc été constitué, sachant de plus, que les éleveurs espéraient un complément mieux adapté de la Région et surtout un soutien du Conseil Général. C’est ainsi que 29 demandes seulement ont été enregistrées en Haute-Marne.
Finalement, rien de tout cela n’est venu, et, pressés par la nécessité de poursuivre leur projet du fait de la mise aux normes (la Haute-Marne est entièrement en zone vulnérable), les éleveurs ont déposé 94 dossiers en 2006. Sur ces 94 dossiers 10 ont pu être financés sur l’enveloppe 2006 et 84 ont été repoussés sine die. D’une année sur l’autre la Champagne-Ardenne, et plus particulièrement la Haute Marne, est passée dans la catégorie des régions à problème avec des listes d’attente importantes.

Les éleveurs mis au pied du mur

Après avoir monté leur dossier, leur plan de financement et construit leur bâtiment, les éleveurs découvrent que leur demande ne peut être traitée en priorité et qu’elle risque de ne plus être éligible. Un courrier plutôt abscons de l’Administration leur explique en effet que les règles ont changé et que le dossier, tel qu’il a été constitué risque de ne plus être valable.
Ce désengagement des Pouvoirs Publics est très mal vécu par les éleveurs qui n’ont jamais été alertés d’une telle éventualité et les place évidemment dans une situation financière difficile.

Un effet levier considérable

Un projet de bâtiment fait travailler de nombreux corps de métiers. C’est un investissement local souvent le seul dans les campagnes rurales qui a de plus un impact positif sur l’environnement. C’est surtout un investissement durable au sens économique et social. Car il est généralement porté par les Jeunes Agriculteurs qui veulent légitimement améliorer leurs conditions de travail et leur compétitivité.

Une urgence temporaire

Pour les projets déjà réalisés, il manque environ 2 millions d’euro sur le seul département de la Haute-Marne il paraît équitable de les financer et au minimum de donner un engagement ferme de financement dans un délai précis.
Pour les projets en cours, il faut rapidement donner un signal car il ne reste que deux ou trois années pour terminer le PMPOA II, lequel induit aussi des constructions de  modernisation au delà de la simple mise aux normes.

D’abord une affaire nationale

La politique d’aide régionale (même si nous la jugeons inadaptée à cause de l’option «tout bois») n’est pas responsable des listes d’attente actuelles car les collectivités locales n’interviennent qu’en appui de la politique nationale qui est malheureusement victime de son succès.
Il faut que l’Etat tienne, non seulement ses engagements, mais reprogramme différemment le PMBE.
C’est une attente forte pour nos exploitations d’élevage et particulièrement les élevages laitiers ou de vaches allaitantes qui constituent l’activité principale des éleveurs haut-marnais. Ce sont aussi ces exploitations qui accueillent le plus grand nombre de jeunes agriculteurs. Ne cassons pas cet élan, construisons ensemble l’avenir, nous en avons tous besoin !

Priorité aux Jeunes Agriculteurs

Lors d’un dernier arbitrage budgétaire pris par un groupe de travail organisé par la DRAF, il a été décidé de traiter en priorité les demandes déposées par les Jeunes Agriculteurs.
Une trentaine de dossiers (projets “bois” ou “métalliques”) devraient être traitées en Haute-Marne, mais la liste d’attente restera encore d’une cinquantaine de projets déposés et agrées en 2006.
La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de Haute-Marne expliqueront le 21 mars prochain au ministre qu’il serait incorrect de rejeter des demandes qui ont été acceptées sans condition par les Pouvoirs Publics. Une enveloppe de 400 000 Euros complémentaire accordée récemment par le Ministère devrait permettre de résorber une partie de la file d’attente. Mais les Professionnels Haut-Marnais demandent que tous les dossiers soient pris ans aucune discrimination.

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