L'Avenir Agricole et Rural 28 avril 2016 à 08h00 | Par JLB

Barrages sur la Meuse et le Mouzon : les agriculteurs ne sont pas rassurés

Le projet d’aménagement de la Meuse amont fait l’objet de négociations actives avec le monde agricole qui reste hostile au principe de la sur-inondation des biens agricoles.

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Les agriculteurs de la vallée de la Meuse et du Mouzon craignent que les seuils et les barrages passifs engendrent un préjudice bien supérieur à celui d’un risque d’une crue centennale.
Les agriculteurs de la vallée de la Meuse et du Mouzon craignent que les seuils et les barrages passifs engendrent un préjudice bien supérieur à celui d’un risque d’une crue centennale. - © JLB

Un rapport coût-bénéfice discutable

Pour améliorer la situation des riverains touchés par les inondations en aval l’Etablissement Public d’Aménagement  de la Meuse Amont (EPAMA) a obtenu un financement conséquent (de l’ordre de 20 MÄ), notamment pour réaliser des travaux destinés à réguler l’écoulement en amont. Trois zones de sur-stockages sont ainsi programmées  en Haute Marne.

Depuis plusieurs années les études se succèdent et les données techniques évoluent. On ne sait toujours pas avec certitude quel sera l’impact de la baisse de niveau d’eau sur le secteur de Neufchâteau qui est jugé comme étant le plus vulnérable aux intempéries. On évoque aujourd’hui un abaissement de 60 centimètres pour une crue centennale, mais ce chiffre repose sur une modélisation discutable. Par contre, les deux barrages qui sont prévus sur la Meuse à Levécourt et Hacourt,  ainsi que sur le Mouzon à Soulaucourt, vont avec certitude engendrer des nuisances nouvelles avec une périodicité rapprochée. Régler un problème de nuisance en aval en aggravant des servitudes en amont, n’est pas intellectuellement satisfaisant et nécessite au demeurant un consensus général.

La nouvelle Présidente de l’EPAMA, Morgane PITEL, organise actuellement une série de consultations et de déplacements sur le terrain pour que ce projet «ne passe pas en force»

Mise en place d’un barème d’indemnisation

Comme toute servitude, les dommages causés par les travaux programmés par l’EPAMA, qu’il s’agisse du reméandrage ou des barrages, doivent donner lieu à indemnisation des propriétaires et des exploitants. Ce coût doit aussi être intégré au projet avant qu’il soit soumis à la consultation publique. Madame le Préfet de Haute-Marne a demandé qu’il en soit ainsi et, contrairement à ce qui peut être annoncé par les promoteurs du projet, rien n’est encore acquis à ce sujet. La méthode de calcul est en effet complexe si l’on veut appréhender la globalité du préjudice. Certes l’EPAMA est contraint par des délais pour utiliser les crédits alloués (date butoir de 2020) mais la précipitation ne doit pas évincer la négociation.

 

Vous pourrez consulter la lettre envoyée aux élus dans notre édition du 29 avril 2016.

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