L'Avenir Agricole et Rural 11 février 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

AVICULTURE : 11 000 OEUFS BIO PAR JOUR

Une centaine de personnes a visité l’EARL Saint-Étienne, chez Cyril Gagioli et Patrice Noirot à Giey-sur-Aujon. Cette exploitation produit des œufs bio depuis 2011, une activité plutôt originale dans notre département

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En extérieur, le cahier des charges nécessite 4m2 de surface par poule.
En extérieur, le cahier des charges nécessite 4m2 de surface par poule. - © T MORILLON

Le 2 février, le public a découvert l’élevage de poules pondeuses bio. Une journée organisée par la Chambre d’Agriculture pour permettre de découvrir cette filière méconnue en Haute-Marne, avec la participation du Centre de Distribution et Production d’Oeufs (CDPO).

 

Se lancer dans le bio

Cyril Gagioli et Patrice Noirot gèrent 2 exploitations agricoles, tout d’abord, l’EARL des Maizes : 60 vaches allaitantes et 4 000 poulets de chair en bâtiment pour 200 ha de surface dont une moitié en prairies et l’autre en céréales. L’EARL de Saint-Étienne est consacrée aux poules pondeuses, les 9 000 premières bêtes prennent place dans le bâtiment en 2011, « j’ai choisi de me tourner vers le bio pour le bien-être animal et puis c’est un marché porteur, il manque 20 % d’offre en œufs bio » explique Cyril. 4 ans plus tard, profitant des travaux du gazoduc à proximité, le site est réaménagé pour recevoir 3 000 poules supplémentaires. Marion, la femme de Cyril est salariée à mi-temps au poulailler et compte s’installer d’ici 5 à 8 ans lors du départ en retraite de Patrice. Les éleveurs désirent également convertir les parcelles de l’EARL des Maizes en bio, un procédé qui dure 2 ans.

 

Aujourd’hui, le bâtiment fait 180 m de long, pour une surface de 2 400 m², avec des ouvertures sur les côtés pour la sortie des animaux et un espace en plein air de 5 ha. Le cahier des charges en bio prévoit 6 poules par m² en intérieur (contre 40 pour de l’élevage en cage) et 4 m² de surface extérieure par volaille. Les bêtes sont réparties par lots de 3000, séparés par une fermeture hermétique. Les traitements médicamenteux sont à base de phytothérapie et sont incorporés dans l’eau de boisson. Les volailles ont de la lumière de 15 heures à 21 heures, pour augmenter la production. Chaque année, des élevages sont tirés au sort pour vérifier s’ils sont en adéquation avec les normes d’agriculture biologique.

 

Une organisation précise

Les animaux arrivent dans l’élevage âgés d’une quinzaine de semaines, plus de 90 % des individus pondent chaque jour, soit 11 000 œufs en une journée. Chaque volaille consomme 135 g d’aliment et 200 ml d’eau par jour. Les poules boivent à la pipette pour éviter le gaspillage, les pondoirs ont une bande de ramassage, l’aliment est déposé dans une trémie peseuse et est apporté via un tapis. Un bon tiers des 45 tonnes de nourriture mensuelles provient de la région. Les volailles sont nourries de maïs, de blé, de soja, de tournesol et de carbonate de calcium à heures fixes : 5 heures, 10 heures, 16 heures et 19 heures.

 

Le bâtiment n’est pas aéré mécaniquement, la température est régulée par une très bonne isolation et par l’ouverture des portes latérales. L’élevage est aménagé sur caillebotis avec accumulation des fientes au sol. Les bêtes vont vivre ainsi pendant 11 mois, puis l’élevage sera vidé, nettoyé et désinfecté pendant le vide sanitaire d’1 mois. Les fientes sont récupérées pour être utilisées sur des parcelles bio ou sont vendues en cas de surplus. Une poule génère environ 15 kg de fientes par an , 9000 bêtes produisent de la fumure pour 15 ha.

 

Partenariat sécurisé

Le bâtiment d’élevage a la particularité d’avoir un toit en bâche, réduisant ainsi le coût d’achat : 400 000 Ä d’investissement (prix total en comptant l’achat du terrain) pour loger les 9000 poules, dont 78 000 Ä de subventions. D’une manière générale, il faut compter 45 Ä d’investissement par poule en élevage biologique. Le remboursement est prévu sur 12 ans et c’est justement la durée du contrat des exploitants avec le CDPO, une bonne sécurité. Ce dernier accompagne les éleveurs, particulièrement au moment du démarrage en proposant des formations. Le CDPO possède un site dans les Côtes d’Armor et un autre dans la Marne, il traite 2,5 millions d’oeufs par jour et fournit principalement la grande distribution. Les grandes surfaces sont de plus en plus attentives à l’alimentation et au bien-être animal, elles se tournent donc davantage vers le bio.

 

Une rentabilité constante

A deux, 3 heures de travail par jour sont nécessaires pour cet atelier, il faut ramasser les œufs, vérifier s’il y a des pertes et tenir les documents. Les œufs sont emportés par le CDPO 2 fois par semaine. L’avantage de la filière est que le prix de l’aliment est indexé sur le prix de l’oeuf. L’aliment est acheté 520/530Ä la tonne, alors que les 1000 œufs sont rémunérés 145Ä aux producteurs, on obtient une marge brute de 10,29 Ä par poule, mais il faut déduire le remboursement du bâtiment, la main d’oeuvre et les impôts.

 

La population est nombreuse, mais les pertes aussi : environ 220 par an de mort naturelle et 200 par prédation (renards, buses). Pour être vendus, les œufs doivent être plutôt bruns, pas trop blanc, ils doivent être propres, sans traces de fientes, de plumes ou de sang, faute de quoi ils seront déclassés et donc vendus beaucoup moins cher. Dans ce cas, ils vont en casserie d’oeufs où ils seront utilisés dans l’industrie agro-alimentaire. Les poules de réformes sont principalement abattues en Belgique (peu d’abattoirs français les acceptent), elles étaient ensuite envoyés au Bénin, mais le marché s’est fermé. A présent, les volailles de réforme sont vendues dans les supermarchés ou les couscousseries.

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