Santé Sécurité Travail MSA 52 - 10
LA MALADIE DU POUMON DE FERMIER, UNE MALADIE FREQUENTE ET SOUVENT MECONNUE
L’exposition importante aux poussières et moisissures de foin peut entraîner chez les agriculteurs des maladies respiratoires. La maladie du poumon de fermier est la plus fréquente puisqu’elle touche environ 1 à 2 % des producteurs laitiers.
11 juin 2010 JUSTINE DUCASTELLE MSA Vu 2689 fois
Cette maladie est une affection respiratoire de mécanisme allergique, due à l’inhalation répétée de quantités importantes de « poussières organiques », c’est-à-dire d’un mélange associant poussières végétales, et microorganismes qui se développent dans ces substrats végétaux.
La petite taille des spores de moisissures est à l’origine du danger. Une tête d’épingle peut en contenir 250 000. Un agriculteur peut en respirer 750 000/minute.
Avec l’évolution des techniques agricoles, le type de moisissure a changé avec l’apparition de nouveaux allergènes. La prolifération de ces microorganismes est accentuée par l’altitude et la pluviométrie durant la fenaison, par la densité en campagnols qui constituent des monticules de terre ou tumuli interférant dans le séchage du foin et du conditionnement des fourrages en balles rondes.
Elle se manifeste par un syndrome pseudo grippal associant fièvre, frissons, courbatures, toux, gène respiratoire qui survient de façon retardée 4 à 8 heures après l’exposition aux poussières et aux moisissures. Ces troubles apparaissent quelques heures après la manipulation de foin humide. Ces symptômes peuvent se reproduire pendant l’hiver plusieurs jours de suite et pendant plusieurs semaines.
Dans d’autres cas, les symptômes sont moins francs avec une apparition progressive d’une fatigue, un amaigrissement et un essoufflement à l’effort avec une toux banale. Un tiers des patients ayant développé une maladie aigue ou subaiguë garderont une insuffisance respiratoire chronique séquellaire, et avec parfois évolution vers le décès.
LE TRAITEMENT :
Il repose sur l’éviction ou la réduction de l’exposition aux microorganismes (foin moisi) et la corticothérapie (corticoïdes).
L’arrêt de l’exposition est le meilleur traitement.
Cela peut être difficile tant chez le salarié qui doit se reclasser ou chez l’exploitant qui peut difficilement se reconvertir.
La prévention technique collective cherche à limiter le développement et l’émission de ces poussières et microorganismes. Il faut limiter l’humidité d’où l’intérêt de fractionner la récolte et sûrement l’utilisation de sondes d’humidité sur les presses, améliorer l’aération, ventiler les lieux de stockage ainsi que limiter le contact avec les moisissures.
Au niveau individuel, on utilise des masques de protection respiratoire : un masque à ventilation libre en papier ou cartonné jetable de type P2 ou un demi masque souple et étanche avec filtre ou encore un masque à ventilation assistée avec petite pompe portée à la ceinture plus efficace mais plus volumineux et plus difficile à porter. Les masques et les filtres doivent être changés régulièrement, stockés dans un endroit sec non contaminé, à l’abri de la lumière dans une boite hermétique. Le choix des tissus des vêtements de travail ainsi que leur entretien est aussi important pour ne pas pérenniser l’exposition.
Dès l’apparition de signes d’alerte survenant pendant ou après le travail qui font suspecter une pathologie pulmonaire professionnelle agricole, il est impératif de consulter votre médecin généraliste qui pourra faire des examens et vous orienter vers un spécialiste si nécessaire.
Rapprochez-vous des services de la MSA. Ils vous aideront dans vos démarches de prévention dans les modalités éventuelles de déclaration de maladie professionnelle.

La proliferation de ces microorganismes est accentuée par l'altitude et la pluviométrie durant la fenaison. - © REUSSIR
VIGILANCE !
Les SYMPTOMES OU CIRCONSTANCES
qui DOIVENT AMENER A CONSULTER
La conjonction des deux contextes suivants est significative :
1. des symptômes respiratoires (toux, essoufflement, …), rythmés,
2. par des expositions importantes à la poussière (des fourrages ++, des élevages de volailles, ou de gros animaux, des champignonnières, du compostage, …).
Pour la maladie du « Poumon de fermier » : toux et essoufflement apparaissent classiquement 4 à 10 heures après la manipulation des fourrages.
CONDUITE A TENIR
A. Consulter les médecins pour :
Poser le diagnostic de la maladie, et dans ce cas :
1. apprécier l’état de la fonction respiratoire ;
2. identifier les agents et /ou les mécanismes responsables ;
3. débuter, si nécessaire, traitement et surveillance.
B. Alerter le médecin du travail et le conseiller en prévention de la MSA pour :
1. mettre en place les moyens de prévention collective : en diminuant l’aéro-contamination par les poussières et les moisissures ;
2. mettre en place les moyens de protection individuelle : en portant des masques de protection respiratoire vis-à-vis des polluants biologiques et /ou chimiques.
Cette affection pulmonaire est une pathologie complexe dont le diagnostic, la prise en charge et le traitement sont difficiles. Son évolution peut altérer la fonction respiratoire, parfois gravement en réalisant de véritables insuffisances respiratoires, possiblement sévères.
La précocité du dépistage de ces maladies est donc fondamentale.
Aube : 03 25 43 54 52
H-Marne : 03 25 30 26 38
www.msa10-52.fr
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