L'Avenir Agricole et Rural 09 mai 2018 à 16h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

AUTOMOTEUR ET MAIN D'OEUVRE : Quand la CUMA locale ne suffit pas

Trouver des collègues pour investir dans quelques outils est assez facile localement, et cela peut ensuite aller plus loin vers le partage d’automoteurs ou de main d’œuvre en Cuma. Mais il existe des problématiques pour lesquelles l’échelon local n’est pas suffisant ou pertinent. Il faut alors pouvoir engager une réflexion sur un large territoire et adapter le statut et ses règles de fonctionnement.

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L’Union fertile 52 a investi dans une faucheuse-andaineuse frontale.
L’Union fertile 52 a investi dans une faucheuse-andaineuse frontale. - © FR CUMA GE

Dans les années 2000, la notion de Cuma départementale est apparue dans de nombreuses régions pour mettre en place des services que des groupes locaux ne pouvaient pas organiser. Drainage, compostage, broyage de bois, épandage de lisier ont été les premiers sujets réfléchis dans ce nouveau cadre.  Souvent liée à des partenariats où une organisation de filière nouvelle, la Cuma départementale est en quelque sorte « le bras armé » d’un objectif commun partagé par plusieurs réseaux.

Hormis une circonscription territoriale plus vaste, un conseil d’administration plus large et un règlement intérieur adapté, les principes sont les mêmes que toute Cuma locale. La différence réside plus dans les aspects de prospectives et les orientations prises par les acteurs du territoire pour proposer des solutions différentes, tester ou réfléchir à l’implantation de nouvelles pratiques.

 

L’exemple de l’Union Fertile 52

Retour en 2001 avec le développement des techniques de compostage de fumier pour mieux valoriser ses effluents d’élevage. LA Fdcuma 52 et la Chambre d’agriculture se disent que cela peut convenir dans un département ayant des zones herbagères. Le dialogue entre ces deux réseaux, combiné avec quelques bonnes volontés de présidents de Cuma locales font naître la Cuma de l’Union Fertile 52.

Très vite quelques services annexes sont mis en place comme une dérouleuse de barbelés et une désherbineuse pour déjà réfléchir aux réductions de produits phyto. En 2010, des opportunités de soutien financier permettent de créer une section autour de la gestion de la menue paille et de la récupération des déchets plastiques. Etant bien ancrée dans le paysage, le recours à cette Cuma pour venir en appui à des groupes Giee innovants se pose en 2013 et son conseil d’administration donne son feu vert pour créer des sections plus fermées concernant le semis direct et l’agriculture de conservation. Les retours technico économiques ainsi obtenus sont aussi une source de conseil pour le réseau Cuma dans son ensemble.

Cette logique continue à perdurer puisque depuis 2017, d’autres branches d’activités liées à la réduction phyto et au développement de l’agriculture biologique voient le jour. De nouveaux outils utiles dans les itinéraires des agrobiologistes (écimeuses, faucheuse andaineuse frontale, extirpateur..) font leur apparition. En résumé, la Cuma UF 52 fait aujourd’hui partie du paysage haut-marnais avec la capacité à répondre aux besoins de demain.

Le seul bémol de ce genre de structure ayant une diversité de branches, est que de nombreux adhérents ne se sentent pas impliqués dans tous les sujets. Cela engendre des difficultés administratives pour tenir des assemblées générales avec une forte présence. Le rôle du réseau fédératif Cuma est également indispensable dans la détection des initiatives et dans le dialogue régulier avec les différents acteurs du développement. Avec le virage que prend l’agriculture, il reste probablement de nombreux sujets où l’union fera la force.

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