L'Avenir Agricole et Rural 08 novembre 2012 à 10h37 | Par L'Avenir Agricole et Rural

ASSURANCE CLIMAT - COUPS DURS POUR GROUPAMA GRAND EST

Groupama se pose en leader du marché en matière d’assurance climatique avec plus de 90 % de parts de marché, ce qui en fait un interlocuteur de choix pour les pouvoirs publics qui cherchent à s’affranchir des fonds de calamité agricole.

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rançois Schmitt, Président de Groupama Grand Est plaide pour une assurance fourrage.
rançois Schmitt, Président de Groupama Grand Est plaide pour une assurance fourrage. - © Estelle Dauphin
Depuis sa création en 2005, la multirisque assurance climatique de chez Groupama, intitulée «Climat», a couvert 60 000 agriculteurs. 910 millions d’euros ont été reversés à l’occasion d’accidents climatiques. En moyenne, un assuré sur trois a subi un sinistre. Subventionnée à hauteur de 65 % par les pouvoirs publics, Climat couvre à aujourd’hui pas moins de treize aléas climatiques sur quatre-vingt cultures, dont les céréales, les oléo-protéagineux mais aussi la vigne. Un nouveau risque sera couvert à partir de 2013 ; le manque de rayonnement qui a sévi en particulier cet été.

 

Bilan de l’année 2012

L’année 2012 a été particulièrement marquante pour Groupama Grand Est qui totalise 50 millions d’euros d’indemnités liés à deux accidents climatiques majeurs :

Concernant les dégâts causés par le gel en début d’année, la facture pour Groupama Grand Est s’élève à 30 millions d’euros, soit 60 % de l’enveloppe nationale allouée à ces aléas. A noter que le contrat Climat couvrait les frais de resemis à hauteur de 15 % du capital assuré.

L’orage de grêle qui a sévi dans la nuit du 29 au 30 juin dernier a causé quant à lui 2300 sinistres, notamment sur des véhicules, pour un montant de 21 millions d’euros.

En 2012, Climat a couvert quatre millions d’hectares pour cinq milliards de capitaux assurés. Sur 220 millions de cotisations levées, 200 millions ont été reversés, suite au gel dans le nord est et aux inondations dans le sud ouest. En 2011, ce sont les céréaliers du bassin parisien qui ont été les plus indemnisés suite à la sécheresse, alors qu’ils étaient les plus réticents à la mutualisation d’un système assurantiel, se croyant à l’abri. «Cette assurance coup dur constitue pour chaque souscripteur l’assurance d’être là demain. Elle n’est pas destinée à enrichir les souscripteurs en cas de retournement des marchés agricoles». explique François Schmitt, président de Groupama Grand Est, qui incite un maximum d’agriculteurs à y adhérer afin de diluer les coûts assurantiels et de répartir les risques. En effet, actuellement, seuls 30 % des surfaces agricoles sont couvertes et 12 % des surfaces viticoles. Le responsable prévient que les Pouvoirs Publics n’interviendront plus en cas de crise majeure dans la mesure où le secteur privé propose une couverture adéquate.

 

Quelles perspectives pour l’assurance récolte ?

La mise en place d’une assurance fourrage est sans conteste un enjeu majeur pour les responsables professionnels de chez Groupama. L’objectif est de conforter les exploitations herbagères dans leur capacité à nourrir leur troupeau, en proposant une assurance abordable. En effet, pour la production d’herbe, le coût de l’expertise serait rédhibitoire, il faut donc mettre en place un produit indiciel. L’assureur a conçu un modèle d’évaluation pouvant répondre au cahier des charges européen, qui exige qu’il soit fait référence à un historique de production pour subventionner ce type de produit.

La technologie avançant, elle permettrait de mesurer par satellite la «réflectance du couvert», soit l’évaluation du volume végétal et sa croissance, ce qui permettrait de valider une courbe de la croissance de l’herbe moyenne. Comparée aux rendements résiduels après retranchement de la franchise, elle donnerait lieu à une éventuelle indemnité à l’éleveur, explique François Schmitt.

 

Vers un système «à l’américaine» ?

Une expérimentation en partenariat avec deux coopératives, CAPSEM et EMC2, est en cours afin d’assurer non plus des rendements mais un revenu à l’agriculteur. Avec quelques cinq cent dossiers en deuxième année de test, les responsables ne baissent pas les bras. Inspirés par ce qui se passe outre-atlantique, où les paiements directs ont été abandonnés au profit de subventions aux produits assurentiels, ils pensent que ce système pourrait s’avérer moins coûteux pour le contribuable.

(VOIR DANS NOTRE EDITION EN PAGE 03, LES REACTIONS DE CERTAINS AGRICULEURS EN PAGE 03)

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