L'Avenir Agricole et Rural 12 février 2009 à 15h29 | Par F.Thevenin

ASSEMBLEE GENERALE - LES NOUVEAUX HORIZONS DU CER FRANCE HAUTE MARNE

L'assemblée générale du CER France Haute-Marne a été l'occasion de montrer à ses adhérents le nouvel élan donné à la structure. Compte rendu.

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Pour la première fois, la traditionnelle présentation de Gérard Degeorge sur la conjoncture agricole était absente de l'assemblée du Cer France Haute-Marne. Elle a été remplacée par une note de conjoncture orientée vers le marché des artisans commerçants et prestataires de services.
Pour la première fois, la traditionnelle présentation de Gérard Degeorge sur la conjoncture agricole était absente de l'assemblée du Cer France Haute-Marne. Elle a été remplacée par une note de conjoncture orientée vers le marché des artisans commerçants et prestataires de services. - © FREDERIC THEVENIN

«Après les avaries qui auront duré deux années, le navire CerFrance Haute Marne fait route vers de nouveaux horizons». A travers ces propos, Thérèse Devilliers évoque, en premier lieu, la situation financière de la structure. Alors que l'an dernier, le déficit était de 166 000 euros, les résultats 2008 font apparaître un bénéfice de 146 000 euros. Cette forte différence est due au développement de l'activité «conseil» et à la baisse des frais de personnel.
La présidente poursuit sa comparaison navale : «notre navire a retrouvé sa ligne de flottaison normale».

Investissement

Côté investissement : le dossier du bâtiment de Joinville qui s’éternise depuis des mois, voire des années, avance enfin. La promesse de vente vient d'être signée avec les dirigeants d'Intermarché de Joinville et, le permis de construire pour un bâtiment sur la commune de Vecqueville va être déposé.
A l'origine, le pôle agricole devait réunir un maximum d’Organisations Professionnelles Agricoles. Pour des raisons financières et économiques, liées au marché immobilier local, cette volonté politique n’a pu aboutir. Seule, la Mutualité Sociale Agricole Sud Champagne est toujours partenaire. Ce bâtiment devrait être partagé entre le CER France et la MSA au début 2010.
Pour Thérèse Devilliers, cette recherche de proximité est une volonté du conseil d’administration de maintenir ces différentes agences dans le département. Aussi, en termes de proximité, de contacts, les premiers retours de l’enquête de satisfaction font apparaître un intérêt de communiquer avec des moyens rapides et modernes comme les mails… Mais, surtout, un contact direct avec le comptable ou le conseiller reste incontournable. Le Cer France Haute-Marne en tient compte dans les moyens qu'il alloue dans les agences.
La présidente précise : «nous sommes attentifs à cette enquête de satisfaction et j'invite les adhérents à nous les retourner. C’est une mine d’informations qui permet de répondre à leurs besoins».
Toujours dans ce secteur nord de la Haute-Marne, une agence a été ouverte à Saint-Dizier pour être proche des adhérents Artisans, Commerçants et Prestataires de Services (ACS).

 

Difficultés

Sur un plan plus général, les administrateurs du Cer France Haute-Marne sont conscients des difficultés que traverse l'économie et plus particulièrement les agriculteurs avec des cours des produits agricoles au plus bas et les artisans dont les trésoreries s’assèchent.
Thérèse Devilliers a donc demandé à l’équipe dirigeante et aux collaborateurs de les alerter et d’anticiper les situations qui peuvent devenir difficiles à terme.
Cette volonté s'est exprimée lors des réunions de secteurs, près de 130 adhérents qui ont répondu présents. Des thèmes d’actualité afin de répondre aux préoccupations y ont été proposés :
- Cartographie régionale de l’activité laitière à la veille de la réforme des quotas laitiers
- La certification environnementale des exploitations avec l’ISO 14001, en lien avec la qualification des exploitations à Haute Valeur Environnementale (HVE)
- Les prix de revient et les tendances 2009 pour les principales filières agricoles.

Afin de répondre aux besoins des chefs d’entreprise et de pouvoir développer ces activités, le Cer France Haute-Marne collabore dans le cadre du GIE CERCA avec d’autres partenaires du même secteur d’activité comme le Cer France Aube, le Cer France Ardennes, le groupe FDSEA Marne et Agir Actios, le Centre Gestion Agréé.

Évolution politique

Depuis quelque temps, l’évolution de la politique des structures a amené des divergences sur les moyens à mettre en commun dans ce GIE Cerca. Le groupe FDSEA Marne s’est retiré alors qu'il participait de façon importante aux activités. Les autres ont dû revoir leur mode de fonctionnement et réduire le développement de certains projets.
Suite à ce départ, d’autres conséquences sont apparues. L’absence de frontières entre les deux départements Haute-Marne /Aube et le nord de la région Champagne Ardennes a amené le Cer France des Ardennes à se rapprocher des AGC de l’Ile-de-France et du Nord Est.
Pendant ce temps, les administrateurs haut-marnais réfléchissaient à anticiper une future évolution de l'AGC de Haute-Marne. Ils travaillent régulièrement en comité ou en conseil d’administration pour réfléchir à un projet d’Alliance avec le Cer France Aube et le Cer France Yonne.
D'après Thérèse Devilliers, les échanges, les séances de travail s’inscrivent dans le but de satisfaire les besoins de chacun des adhérents et de favoriser la réussite de leurs projets.
Elle poursuit : “cette réflexion est possible car nous partageons des valeurs communes qui sont celles du réseau Cer France de 95 AGC sur le territoire à savoir : le développement et le respect des personnes, l’indépendance, le professionnalisme et le développement durable”. Affaire à suivre...

Partenariats

Localement, la volonté politique du Cer France Haute-Marne est toujours de favoriser des partenariats lors de rencontres avec des professionnels. La présidente évoque la participation de la structure à la Fête de l’Agriculture des Jeunes Agriculteurs, aux stages d’installation et aux différents forums «Créer en Haute-Marne» organisés conjointement par la Chambre d’Agriculture, la Chambre des Métiers et la Chambre de Commerce.

Didier Marteau, économiste et professeur à l'Ecole supérieure de Commerce à Paris.
Didier Marteau, économiste et professeur à l'Ecole supérieure de Commerce à Paris. - © Frédéric THEVENIN

Les visages de la crise financière

 

La crise financière et maintenant économique a débuté aux Etats-Unis avec les sub primes et le comportement pour le moins léger des banques. Entre 2005 et 2007, ces banques ont autorisé des prêts pour l'achat de maisons à des ménages plus ou moins solvables. Ces prêts avaient un taux d'intérêt fixe sur deux ans de 1 % puis un taux variable sur 28 ans. Lorsque ces taux variables ont explosé à 5 % (+ 5 %  de marge), le système s'est effondré. Pour un emprunt de 100 000 dollars, un ménage qui a remboursé 100 dollars par mois durant deux ans s'est mis à rembourser 1 000 dollars par mois !
Ces ménages ne pouvaient plus rembourser leur emprunt. Ils ont tous vendu leur maison d'où l'effondrement de l'immobilier et les problèmes financiers des banques.
Problème : la dégringolade ne s'arrête pas là puisque les banques américaines avaient voulu en faire profiter les banques du monde entier en revendant leur crédit (titrisation) à des taux d'intérêt à 10 % dès qu'elles ont senti le vent tourner. Elles se sont déchargées sur les autres en sachant ce qui allait arriver et que 600 milliards d'euros était en jeu !
Lorsque les investisseurs se sont inquiétés et se sont retirés, le marché s'est effondré. Les banques ont perdu des liquidités allant jusqu'à interdire des retraits pour certaines d'entre elles.
La crise de confiance se généralise alors et les prêts entre banque ne fonctionnent plus par peur des risques. Le système monétaire est alors menacé d'où l'intervention de la Banque centrale européenne qui n'arrive pas à gérer la crise de la régulation comptable. Les fonds propres des banques chutent et elles sont obligées de vendre des actifs accélérant ainsi le mouvement de baisse de départ.
Pour sauver le système et ce qui peut l'être encore, le plan français passe par l'alimentation du système bancaire en liquidité pour financer l'économie (320 milliards d'euros), la recapitalisation des banques (40 milliards) et l'accroissement de la flexibilité des normes comptables en cas de crise.
De manière intelligente, l'Etat français a créé une société (66 % banques et 33 % Etat) qui prête aux banques les 320 milliards et qui se substitue à la banque centrale. Les banques émettent des obligations sous garantie de l'Etat sans créer de dettes. Pour cette garantie, l'Etat prend 1 % des sommes émises soit, pour l'instant, 300 millions d'euros car 23 milliards ont été émis sur les 320.
Pour les 40 milliards, des titres sont créés à 8,2 % de taux d'intérêt. Pour l'instant, 10,5 milliards ont été distribués soit 850 millions d'euros encaissés par l'Etat.
Les banques n'ont donc pas reçu de cadeaux comme aiment à le répéter certains partis politiques. Au contraire, elles contribuent ainsi à la réduction des déficits...

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