L'Avenir Agricole et Rural 13 février 2020 à 09h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

ASSEMBLEE GENERALE DES JEUNES AGRICULTEURS : Pérenniser les exploitations

A l’occasion de leur assemblée générale le 5 février, les Jeunes Agriculteurs ont abordé la question de l’installation et du réchauffement climatique. Il s’agissait de la dernière pour le président Anthony Barbier.

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Le bureau JA va être renouvelé. Anthony Barbier (au micro) a remercié son équipe : « j’ai passé deux années formidables en tant que président. C’est une expérience géniale ».
Le bureau JA va être renouvelé. Anthony Barbier (au micro) a remercié son équipe : « j’ai passé deux années formidables en tant que président. C’est une expérience géniale ». - © T MORILLON

Les JA veulent assurer la transmission des exploitations. Le syndicat est intervenu dans les écoles maternelles et collèges, a organisé le forum installation à Choignes et a participé à un ciné-débat à Chaumont. « La pérennisation des exploitations est toujours notre combat. Nous organisons nos missions en faveur de l’installation et de la communication » indique Anthony Barbier, pour qui « il n’y a pas de modèle unique, mais toute une variété de productions ».


Il évoque aussi les critiques incessantes contre le monde agricole : « nous devons lutter contre cet agribashing afin que la population lève les yeux sur notre agriculture ». C’est dans cette optique que JA était présent au Salon de l’agriculture 2019 pour promouvoir les produits du département et qu’il participera fin avril aux Toqués de l’agriculture. Le président a aussi dénoncé les accords de libre-échanges qui « réduisent la compétitivité des exploitations » et les zones de non-traitements « qui sont là pour nous faire du tort ».

 

Une relation a double sens

« L’agriculture a une influence sur le climat et le climat a une influence sur l’agriculture » explique Bertrand Dufresnoy, spécialiste des questions climatiques à la Chambre d’agriculture de Haute-Marne. Il rapporte que les températures augmentent de 0,33 °C par décennie. Les jours de gel diminuent alors que le nombre de journées chaudes sur une année augmentent. Les déficits hydriques en été, déjà importants ces dernières années, devraient s’aggraver. A l’avenir les bovins vont subir davantage de stress thermique, il faudra adapter les bâtiments sous peine de voir sa production laitière diminuer de façon importante.

Des aléas climatiques qui se répètent sont-ils encore des aléas ? Pas pour Alexandra Jacquot, du syndicat de l’Epoisses, qui a expliqué que cette AOP a eu trois dérogations liées à la sécheresse depuis 2011. « Le cahier des charges impose une alimentation d’au moins 50 % d’herbe jusqu’au 15 juin, mais c’est de plus en plus difficile à tenir ». Elle constate une mise à l’herbe de plus en plus précoce avec un bilan hydrique nettement déficitaire en juillet/août. « Il y a davantage d’assolements avec de la luzerne et le maïs ne semble plus devenir le pivot de certains systèmes ». Pour la fabrication d’Epoisses, les laiteries ont manqué de lait en septembre. Elle conseille de valoriser la pousse de l’herbe au printemps et à l’automne et d’implanter des dérobées en été et/ou en automne. L’objectif étant d’avoir en permanence un stock de fourrage de 6 mois pour gérer les variations inter-annuelles et diluer les mauvaises années. Les terres superficielles devront peut-être remplacer le maïs par une culture moins gourmande en eau comme le sorgho.
Pour Antonio Pereira, conseiller en productions végétales à la Chambre d’agriculture, « l’enjeu est de stocker davantage d’eau dans les sols, or la réserve d’eau est deux fois plus importante dans un sol non-travaillé ». Le réchauffement impacte doublement les colzas : directement par le climat (sécheresse qui compromet la levée), mais aussi par la pression des ravageurs, notamment les grosses altises. « En ajoutant à cela les offres chimiques qui se restreignent, les colzas ont perdu 9 q/ha de rendement en 20 ans ».

Les solutions peuvent être du colza associé à des plantes compagnes ou du colza dit « opportuniste » (qui fait partie du mélange de couverts). Le maïs ayant la période d’inter-culture la plus longue (9 mois), il est tout à fait possible de faire une récolte supplémentaire, par exemple du seigle pour sécuriser son stock fourrager.

 

 

Suite de l'article en page 3 de notre édition de cette semaine

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