L'Avenir Agricole et Rural 13 juin 2014 à 10h07 | Par L'Avenir Agricole et Rural

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE LA MSA - Excellent bilan de mandature

Sur les 35 caisses du régime agricole, celle de SUD-CHAMPAGNE se hisse au premier rang d’une performance multicritères. Ce bilan conforte l’institution qui prépare son renouvellement électoral.

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Les regroupements de caisses sont aujourd’hui achevés ; celui de l’Aube et de la Haute-Marne reste un des plus petits en termes d’effectifs (le second après la Corse) mais c’est aussi le plus efficace du réseau.

 

Plus qu’un guichet unique

Le régime agricole se caractérise par la gestion des cotisations et des prestations dans une seule structure. Malgré la baisse de la démographie, la MSA a pu garder sa spécificité tout en ayant perdu une grande partie de son autonomie financière. Ainsi, chaque jour, les sommes encaissées sont remontées à l’échelon central et la Caisse reçoit les crédits nécessaires aux divers paiements. Le seul budget autonome qui subsiste est celui de la santé et de la sécurité du travail, environ 500 000 Ä. Depuis le 1er janvier 2014, 27 M Ä de réserves ont été aspirés, plus 1M Ä de résultat au titre du précédent exercice. Eric PETIT estime toutefois que cette tutelle financière ne remet pas en cause les actions de sa Caisse qui conserve les moyens et surtout la volonté de diversifier son offre sociale. Trois thématiques ont ainsi été exposées par des élus et agents de la Caisse : l’insertion par l’activité économique, la santé et la sécurité au travail et l’offre de services. Des témoignages ont été apportés sur le chantier d’insertion « jardins de cocagne » basé à Romilly/Seine ; sur des équipements de prévention de matériels de transport ou encore le déploiement de « présence verte » et la mise en place d’un dispositif original de cohabitation intergénérationnel sur le département de l’Aube. Cette initiative permet de proposer à un jeune d’être hébergé par un sénior en échange d’une présence. La formule pourrait aussi être étendue en milieu agricole notamment dans le cadre de l’apprentissage. Ces initiatives sont réalisables grâce à l’excellente implantation de la Caisse dans le milieu rural.

 

Elections du 12 au 27 janvier 2015

Grâce à son efficacité, le régime MSA n’est pas remis en cause par les Pouvoirs Publics. Il a été, au contraire, conforté par l’exclusivité récemment reconnue en matière d’assurance maladie avec la disparition du GAMEX d’une part, et la mise en place d’une protection de base obligatoire au titre des accidents du travail, d’autre part. Eric PETIT aborde d’autant plus sereinement cette échéance électorale qu’il peut livrer un excellent bilan de mandature dont il a accordé d’emblée le succès à l’engagement de l’équipe d’élus en place et du personnel. Lionel IGER, le Directeur, a rappelé sa volonté de maintenir la Caisse Sud Champagne, au dessus d’un seuil de 200 salariés en deçà duquel la bonne gestion du service devient problématique. Pour relever ce défi, il a notamment réussi à faire reconnaître sa structure comme « caisse pivot » au titre de la veille réglementaire sur les prestations familiales, les recours contre tiers ou encore la garantie des impayés. Ces missions ont permis de maintenir 12 emplois supplémentaires sans remettre en cause l’efficience. C’est donc avec une fierté justifiée que le Directeur, qui animait à sa dernière Assemblée Générale, pouvait présenter une courbe de progression exemplaire d’un classement évalué à partir de 157 engagements inscrits dans la Convention d’Objectifs de Gestion (COG) ; la Caisse réussissant même l’exploit de se hisser du 5ème rang en 2011, au 2ème rang en 2012 et 2013 en matière de coût de gestion.

Ces excellents résultats devraient conforter les élus sortants et susciter de nouvelles vocations. Le calendrier a été fixé par un arrêté ministériel du 24 septembre 2013. Il n’y a pas de changements sur l’organisation, à savoir :


liste de 3 collèges (exploitants, salariés, employeurs) publiée provisoirement le 4 septembre et définitivement le 14 octobre,

- publication des regroupements des cantons le 8 novembre 2014

- dépôt des candidatures le 8 décembre 2014,

- vote par correspondance du 12 janvier 2015 au 27 janvier 2015.



 

Eric PETIT, Président et Lionel IGER, Directeur, présentent un bilan positif, à tous les niveaux.
Eric PETIT, Président et Lionel IGER, Directeur, présentent un bilan positif, à tous les niveaux. - © JL Blondel

Un exemple de solidarité

Colette BEC, professeur de sociologie à l’Université de Paris, est intervenue sur l’éducation à la solidarité, une valeur qui mérite effectivement d’être cultivée. Elle a félicité les élus pour leur implication dans la création de lien social qui est aussi une source de liberté. En effet, l’article 1er de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, selon lequel les hommes naissent libres et égaux, ne suffit pas à assurer une société équilibrée. Le libéralisme seul est impuissant pour atteindre cet objectif. Dès la fin du 19ème siècle, la question sociale de la pauvreté du monde ouvrier et rural a marqué la fin du rêve libéral. L’accès à l’éducation et à la citoyenneté, promu par Jules Ferry, n’a pas non plus permis de relever pleinement le défi. Le monde agricole avait certes déployé, dès la fin du 19ème siècle, des dispositifs d’assurance et de prévoyance, mais ce n’était pas à la hauteur de l’enjeu ; ni même l’instauration de l’IRPP en 1918. Il a fallu attendre 1945, pour voir émerger l’idée socialiste (dans le sens le plus noble du terme) avec la création de la Sécurité Sociale qui reposait, selon son concepteur Pierre LAROQUE, sur trois piliers essentiels à savoir : une politique économique du plein-emploi, des équipements hospitaliers adaptés et une politique de redistribution. Cette ambition prolongeait en temps de paix, une certaine forme de solidarité qui s’était créée en temps de guerre. Les résultats ont été immédiatement efficaces avec une augmentation de la démographie, un bilan sanitaire en forte amélioration et une diminution du sentiment d’insécurité favorisant celui de liberté.

Mais l’universitaire note une ambiguïté fondamentale en déplorant l’ignorance délibérée des décideurs actuels de l’évolution du contexte économique. L’échec n’est pas tant dans le trou de la sécurité sociale que dans celui de l’absence d’éducation à la solidarité consciente, c’est-à-dire celle où on ose affronter la responsabilité en analysant, en comprenant et débattant. La vie mutualiste, qui repose sur des valeurs de responsabilité, de solidarité et de démocratie, permet d’élever la conscience collective qui fait trop souvent défaut dans toutes les strates de la société. Eric PETIT a répondu à la gratitude de l’intervenante en lui proposant, avec le trait d’humour qui le caractérise, de l’adouber, «ambassadrice de la MSA». Après un tel constat, le sigle du régime social agricole mérite bien sa première lettre !

 

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