L'Avenir Agricole et Rural 13 février 2008 à 00h00 | Par F.Thevenin

ASSEMBLEE GENERALE DE LA FDSEA 52 - « Jamais l’avenir n’a été aussi vert »

Gérard Renouard était l’invité de la FNSEA lors de son assemblée générale. Il est membre du Conseil d’administration de la FNSEA et président de la Chambre d’Agriculture de Meurthe-et-Moselle. Il donne son avis sur les questions actuelles et sur l’agriculture de demain.

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Gérard Renouard est membre du Conseil d’administration de la FNSEA et président de la Chambre d’Agriculture de Meurthe-et-Moselle.
Gérard Renouard est membre du Conseil d’administration de la FNSEA et président de la Chambre d’Agriculture de Meurthe-et-Moselle. - © FREDERIC THEVENIN
«L’agriculture est revenue au cœur de la société française même si elle ne représente plus que 3 % de la population active et 10 % avec les industries agro-alimentaires et les services liés aux activités agricoles ». Gérard Renouard, membre du Conseil d’administration de la FNSEA et président de la Chambre d’Agriculture de Meurthe-et-Moselle est très optimiste : « l’ère pétrole s’éteint pour une nouvelle ère agricole ».
Pour lui, différents sujets placent l’agriculture au cœur de la société et, en premier lieu, « la satisfaction alimentaire à l’échelle de la planète ». Il prévient : « les agriculteurs sauront répondre à la demande mondiale en faisant confiance au progrès et cette satisfaction sera remplie si la société fait confiance aux agriculteurs. Il faut les laisser choisir leur avenir ». Evidemment, le premier exemple de confiance au progrès qui vient à l’esprit de chacun est les OGM…
Quant au résultat du Grenelle de l’Environnement, Gérard Renouard estime que le pire a été évité en prenant en compte les avancées en matière de recherche (intrants, pesticide, OGM…). Ces recherches permettront d’éviter les produits chimiques et de suivre les orientations du Grenelle. Au bout du compte, elles permettront de produire plus et produire mieux.
Enfin, le représentant de la FNSEA précise que les agriculteurs doivent être plus unis que jamais afin d’équilibrer les relations entre producteurs et distributeurs. Il exhorte à des relations de confiance avec les organisations professionnelles, les syndicats et les coopératives car, pour lui, la réponse sera collective.


Besoin de l’agriculture
L’agriculture est également au cœur de la société pour fournir de l’énergie comme des carburants liquides. Pour Gérard Renouard, la recherche doit continuer et il ne faut pas rejeter les biocarburants d’autant plus que leur bilan économique et environnemental reste bon contrairement à ce que répètent leurs détracteurs.
Il faut également poursuivre la recherche car il ne sera possible de développer la deuxième génération qu’après la première. De plus, les agriculteurs ont leur mot à dire sur cette politique du fait que les investissements sont tous portés par la filière agricole et, en particulier, par les agriculteurs. La société a également besoin de l’agriculture pour construire et soigner avec le développement des biomatériaux ou des médicaments comme les hormones de croissance ou l’insuline.
Enfin, l’agriculture reste indispensable dans la société pour l’accueil des citadins à la campagne et pour son rôle environnemental. Elle contribue au maintien des paysages et de la biodiversité avec ses bandes enherbées, ses surfaces fourragères, ses forêts…

Développement durable
Toutes ces données entrent dans le cadre du développement durable avec ses trois piliers : l’économie, l’emploi et la préservation des ressources naturelles. Or, ces attentes ne seront exaucées qu’avec l’accompagnement d’une politique publique volontariste au niveau local, national, européen et international.
Au niveau européen, la PAC a souvent été décriée mais il est amusant de constater que dès qu’il est question de réforme, des inquiétudes se font entendre. Au moment du bilan de santé de la PAC 2 003 et de la réflexion autour de la PAC 2013, les questions tournent autour du découplage total, de la prime unique, de la disparition progressive de la régulation…
A l’inverse de la FDSEA de Haute-Marne, Gérard Renouard est opposé à l’aide unique à l’hectare et, comme la FDSEA de Haute-Marne, il ne fait pas confiance au seul marché pour une auto régulation. Il se prononce donc en faveur du maintien des instruments de régulation comme l’intervention sur le blé, les jachères ou les quotas laitiers. D’après lui, ces instruments de régulation permettront aux agriculteurs de se préserver et d’éviter « un retour de manivelle ». Pour les quotas, il désire leur maintien jusqu’en 2 015 puis une révision en fonction de la demande réelle.
Tout comme la FDSEA de Haute-Marne, Gérard Renouard tient à la sauvegarde de la préférence communautaire avec le maintien de protection comme des tarifs douaniers. Pour lui, la solution est de « mettre certaines productions comme la viande bovine en produit sensible ».
Il se prononce également pour le maintien de l’activité économique sur le premier pilier et pour l’utilisation très modérée du deuxième pilier puisqu’il est financé par l’Etat et que l’Etat n’a pas les moyens… Il parle d’usine à gaz.
Enfin, il souhaite, face à la volatilité des cours, la mise en place obligatoire de dispositifs de gestion des crises sanitaires et des risques climatiques sur le premier pilier. Ce dispositif serait élaboré au niveau européen et permettrait d’éviter certaines situations comme, actuellement, le versement, au Luxembourg, d’une aide de 1 500 euros par bovin mort de la FCO et de 0,00 euro en Belgique !

Niveau national et régional
Au niveau national et régional, il est plus difficile de s’entendre sachant que le niveau des soutiens est différent selon les productions et les zones. Gérard Renouard est en faveur du rééquilibrage des aides entre surfaces fourragères et grandes cultures. Il serait question de prendre chez les céréaliers pour donner davantage aux éleveurs mais à condition que les cours restent élevés. Encore faut-il déterminer le prélèvement …
Et comme il est prévu de servir des DPU à tous ceux qui n’en ont pas, ce prélèvement sur les céréales pourrait être de l’ordre de 25 % avec une réalisation progressive, au niveau national, et avec un dispositif qui prend en compte les éventuels retournements de marché. Les réflexions sont en cours mais il apparaît que, dans ce cas, l’exemple américain donne des idées puisque ce pays prend en compte l’évolution des revenus pour distribuer les aides.

Niveau départemental
Pour les zones intermédiaires comme la Haute-Marne, le changement de PAC peut être bénéfique puisque la prime unique sur la France fera automatiquement monter le montant des DPU pour le département. A l’inverse, les départements purement céréaliers comme la Marne vont se sentir lésés…

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