L'Avenir Agricole et Rural 19 février 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L'APVA, LES AVANTAGES DES PROTÉAGINEUX

La dernière assemblée générale a eu lieu la semaine dernière avec comme thème la place des oléoprotéagineux en Haute-Marne : les atouts agronomiques, les débouchés et la valorisation.

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Fabienne Roizet a mis en avant les atouts du soja.
Fabienne Roizet a mis en avant les atouts du soja. - © TMORILLON

Le président de l’APVA Mickaël Masselot a souligné la fluctuation du prix des produits phytosanitaires en précisant que leur consommation va diminuer. «Il va falloir s’adapter à ces changements. La réglementation est lourde et complexe, mais je reste optimiste, il faut aller de l’avant et trouver des solutions».

Rapport d’activités

Malgré une légère baisse du nombre d’adhérents (ils étaient 520 en 2014), l’APVA confirme sa présence sur le département avec 30 % des déclarations PAC et 40 % de la SAU. Les conseillers ont suivi 327 exploitations l’année dernière. Du côté du réseau DEPHY, 10 agriculteurs se sont portés volontaires pour réduire leur produits phytosanitaires. 8 sessions de formations en Certiphyto ont été organisées et le groupe APAB (pour une Agriculture Porteuse d’Avenir dans le Barrois) s’est créé pour développer l’agriculture de conservation. A noter également, la bonne réussite du projet Innov’Action qui a rassemblé une soixantaine d’agriculteurs.

L’APVA va oeuvrer pendant 3 ans sur l’impact des pratiques agricoles pour améliorer la qualité de l’eau à Roôcourt la Côte. Il y aura également des animations : Natura 2000 dans la zone du Bassigny et MAEC dans la vallée de l’Aube, de l’Aujon et du Rognon.

Atouts agronomiques

Fabienne Boizet est référente protéagineux au CETIOM pour la zone Est. Elle a mis en avant les atouts agronomiques des protéagineux. Ils ont en effet la particularité de fixer l’azote. Par exemple, le pois couvre deux  tiers de ses besoins par l’azote atmosphérique et un tiers par l’azote du sol. Les gains de rendement sont aussi de 4 à 7 q/ha en moyenne, pour le blé suivant, comparé à un blé après blé. L’économie d’azote réalisée est entre 10 et 20 kg grâce à une meilleure efficience de l’azote disponible.

 

La rotation est une des clefs du désherbage durable, si on allonge cette dernière en introduisant un pois d’hiver ou un protéagineux, on casse le cycle des graminées hivernales ou des dicotylédones qui présentent des périodes de levées similaires. On profite également d’une période d’implantation plus tardive pour réaliser des faux semis et ainsi abaisser le stock semencier des adventices à levée automnale. Enfin, introduire un protéagineux permet de prévenir ou gérer la résistance des vulpins et ray grass en mettant en œuvre des groupes de mode d’action peu ou pas utilisés dans les céréales. «Il faut également changer les matières actives des produits phytosanitaires pour éviter le phénomène de résistance» a conseillé Fabienne Boizet.

 

Gain de temps, d’argent et d’IFT

Introduire du soja dans les assolements présente de nombreux avantages. La consommation d’intrants est faible : il n’y a pas de fertilisation  azotée, les interventions contre les maladies et les ravageurs sont très rares et enfin il est possible de faire des semences. D’autre part, il n’y a pas d’investissement spécifique, il suffit d’un semis avec un semoir à céréales classique ou de précision (avec possibilité de binage). La récolte se fait simplement avec une moissonneuse équipée d’une barre de coupe à céréales classique. De plus, 1 ha de soja équivaut à 0,7 ha de SIE et est éligible à l’aide protéagineux (100 à 200 /ha). Il y a beaucoup de bénéfices pour les cultures de rotation grâce à un bon précédent, notamment avec le maïs. Enfin, la restitution de quantités d’azote est significative pour la culture suivante. Les protéagineux sont incontournables pour réduire la dépendance européenne aux protéines importées : le déficit en protéine de l’UE est de 70 %.

 

Pour cultiver du soja, il faut bien choisir sa parcelle en privilégiant les sols qui se réchauffent facilement au printemps, qui ont une bonne réserve utile et qui sont propres. En revanche, les sols trop caillouteux sont à éviter, ainsi que ceux avec une très forte teneur en calcaire actif (> 10%). Il est aussi déconseillé de choisir des parcelles où des plantes vivaces sont présentes et les sols riches en azote minéral à l’implantation.

 

Faire les bons choix

Dans le Barrois, la culture de féverole de printemps est fortement déconseillée, il faut plutôt privilégier le pois d’hiver avec un semis à effectuer entre le 25 octobre et le 15 novembre. Pour les pois de printemps, il est conseillé de prendre la variété la plus précoce pour éviter un éventuel coup de chaud à la floraison. Le semis se fait du février au 15 mars avec un arrêt maximum au 1er avril.

«Il ne faut pas semer ni trop tôt, ni trop tard» explique Fabienne Roizet «Pour bien réussir la culture de protéagineux, il faut choisir judicieusement la variété à la bonne époque, faire un bon désherbage et récolter au bon moment». Le semis peut être direct ou classique, mais pour éviter les problèmes de levée, le sol ne doit pas être tassé sur les 10 premiers centimètres. Enfin, pour la culture de lupin ou de soja, il faut inoculer la semence.

L’assemblée générale s’est terminée par l’intervention de Stéphane Le Rousic, de la Chambre d’Agriculture. Ce dernier a présenté les impacts de la directive nitrates sur les mises aux normes, en introduction à la visite qui a suivi, au GAEC 2000 à Sarcicourt.

 

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