L'Avenir Agricole et Rural 19 février 2010 à 11h51 | Par E. DAUPHIN

Assemblée Générale de Coop de France - Coop 52 ressere les rangs

Coop 52 a tenu son assemblée annuelle sous la houlette de Serge Nicard, président départemental. Quelques soient les filières, le message en trame de fond est le même : garder la main sur les outils de transformation.

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Filière viande

L’association Coop 52, relais départemental de Coop de France, est née en Haute-Marne à l’initiative de Bernard Humbert. En ouverture, le Président Serge Nicard a rappelé le principe fondateur de la coopération : un système démocratique où un homme égale une voix, des réserves impartageables qui permettent d’accumuler un capital social au fil des générations, des activités ancrées dans le territoire, indélocalisables, non soumise à l’attaque d’OPA (entendez « Offre Publique d’Achat »). L’agriculteur est à la fois fournisseur, client et actionnaire du système. Ce qui est un facteur de solidité et d’efficacité à long terme.

En matière de coopération, rappelle le Président Serge Nicard, tous les centres décisionnels sont partis du département, en dehors de la COBEVIM, (coopérative invitée mais non adhérente) : la concertation départementale est d’autant plus importante entre nous que les investissement dans la transformation se font en dehors de notre département.

ALOTIS

Devenu la filière élevage d’EMC2, Alotis est présent sur la Meuse, les Vosges et la Haute-Marne. La coopérative spécialisée en viande bovine et en porc est basée à Verdun mais dispose toujours d’un centre d’allotement à Chaumont. L’objectif est de garder des volumes de transformation industrielle dans nos régions.

Alotis propose d’aider ses adhérents à monter des ateliers d’engraissement de 200 taurillons. Cette formule est particulièrement adaptée aux céréaliers disposant de terres à maïs et de suffisament de surface épandable. Sept ateliers ont été montés dans la Meuse et un dans les Vosges. La rentabilité attendue est de 100 euros par tête, soit pour un atelier sortant 200 bêtes par an, un revenu net de 20000 euros. L’investissement pour le bâtiment s’élève à 200 000 euros. Alotis finance le fond de roulement à hauteur de 200 000 euros au démarrage, notamment pour l’achat des veaux.

COBEVIM

La COBEVIM, spécialisée en viande ovine, s’est fortement développée dans l’Est de la France au cours des dix dernières années. Elle achète en tout 70 000 bêtes par an. Elle affiche une stratégie radicalement différente de celle défendue par Coop de France : pas d’investissement dans les filières, mais des échanges avec un panel de sept «partenaires commerciaux » à travers toute la France sur des quantités industrielles. 35% de leurs agneaux sont placés dans les filières qualité carrefour et Intermarché. « On est sur une production déficitaire ; le bassin de consommation est situé dans le sud et dans l’ouest. On trouve toujours à écouler nos stocks en faisant jouer la concurrence afin de rémunérer l’adhérent au mieux. Dans le meilleur des cas, on prend 20 centimes de marge. » explique son président, Emmanuel Aubry. L’enjeu aujourd’hui est de désaisonnaliser la production dans les élevages. Après une baisse de la production liée à la FCO et à l’augmentation du coût des céréales, une reprise de la production liée à la prime à la brebis est amorcée mais pas de création d’ateliers ovins en perspective. La COBEVIM exerce aussi une activité d’approvisionnement spécialisé en aliments, produits vétérinaires, matériel de contention, etc., un atelier reproducteurs basé à Foulain (3000 m2 de bâtiment et 20 ha de pâture) ainsi qu’une activité liée au commerce de la laine (460 tonnes).

Filière laitière :

Sodiaal Union,

La coopérative est née en 1964 avec 77000 producteurs de lait. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 9000 pour 2,3 milliards de litres de lait collecté. La transformation du lait comprend six métiers répartis dans 22 sites industriels : le lait UHT, le fromage, l’ultra-frais, les poudres, le beurre, les ingrédients. Citons quelques marques du groupe bien connues : Yoplait, Candia, Régilait.

Le groupe développe des démarches qualité comme par exemple «La Route du Lait » ainsi que des segments porteurs comme le lait biologique, les produits concentrés en oméga3, le lait solidaire…

EMC2

• 488 salariés,

• 69 silos pour une collecte de 700 000 tonnes de céréales,

• 9 magasins d’approvisionnement et 17 magasins GAMM VERT avec un portefeuille d’activités dans le machinisme et l’alimentation du bétail.

La région sud comprend 1200 adhérents, 24 silos et collecte 180 000 tonnes. 42 salariés, dont 8 techniciens de terrain chargés du développement des approvisionnements et de l’achat des céréales, 23 chefs de silos répartis en deux équipes et 6 chauffeurs.

Comme Champagne Céréales, la coopérative est confrontée à des coûts de maintenance importants des structures de collecte. Une expérience de mutualisation du point de collecte a été menée avec la SEPAC sur Latrecey, pour la plus grande satisfaction des adhérents. L’expérience a été étendue à la distribution de produits de santé végétale à Villier le Sec.

« Au niveau des infrastructures de collecte, avec un taux de pénétration de 30%, on ne peut pas se permettre d’entretenir des infrastructures », commente Serge Nicard. Il faut mailler le territoire, d’où les possibilités de livraison aux mêmes endroits mais avec facturation différentiée, car au final, l’agriculteur si il gagne quelques centimes à court terme en faisant jouer la concurrence, c’est finalement lui qui paie les frais de structure.

Notre territoire a de la ressource

La réunion s’est achevée par un débat autour de l’avenir du département. Morceaux choisis :

« Aux réunions de Champagne Céréale à Reims, avec mes trois cent producteurs, j’ai du mal à faire entendre ma voix. » Richard Bourbon

« Je regrette l’absence de nos représentants politiques locaux lors de l’Assemblée Générale d’EMC2, hormis Luc Châtel que je remercie de sa présence. En Lorraine, les élus soutiennent beaucoup plus le monde économique. » Serge Nicard

« La révolution industrielle est derrière. Si on veut construire des choses sur un territoire aussi peu attractif que le nôtre, il faut innover. La biomasse semble être la voix royale des énergies nouvelles la plus appropriée à notre département ; après tout, on arrive à faire venir 200 éoliennes à deux millions l’unité et on est pas capables de mobiliser 50 m° pour des projets de méthanisation qui retraitent nos fumiers. » Jean-Pierre Luciot.

Et Françoise Henry de conclure «Rencontrons les politiques et parlons leur d’une seule voix »

Maintenir l’usine de Langres

La question du rachat d’Entremont a naturellement été évoquée lors des débats alors que Sodiaal vient de déposer une ultime offre au groupe financier Albert Frère, valable jusqu’à fin février. Le représentant de Champagne Céréales, Richard Bourbon, également président de la FDPL était d’accord avec le représentant local de sodiaal, Jean-Pierre Luciot, sur la nécessité de sauver l’usine de Langres actuellement en surcapacité de production. 500 emplois en dépendent ainsi que l’avenir de 150 producteurs laitiers dans le département. Ils divergent cependant sur les modalités de reprises. Pour le représentant de la FDPL, lui-même livreur à entremont, les producteurs sont pris en otage. Pour le groupe coopératif sodiaal, il est nécessaire que les éleveurs s’engagent dans le capital social du groupe, d’autant que le montant demandé reste symbolique par rapport à l’étendue de la dette d’Entremont qui s’élève à 300 millions d’euros.

SICLAE est un actif industriel détenu par les agriculteurs qu’ils soient EMC2 (14%) ou Champagne Céréales (19% du capital). Le groupe est leader mondial en malterie, meunerie et aliments du bétail. Il a fait l’acquisition récente d’ARD, pôle de recherche spécialisé dans les nouvelles technologies du végétal. Serge Nicard tient à saluer l’ouverture d’esprit des marnais qui ont accepté la venue « par la petite porte » d’EMC2 pilotée par Philippe Mangin, avec 14% d’entrée en capital.

L’ouverture du capital aux agriculteurs et aux salariés est une première. Elle reste très encadrée par l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) afin de ne pas assujettir les actifs coopératifs à la spéculation. Serge Nicard rappelle en effet l’exemple de la célèbre banque agricole dont l’ouverture du capital a fait perdre les dividendes à ses fondateurs par l’arrivée du monde de la finance. L’année n’est certes pas propice aux placements financiers, mais la souscription symbolique d’une part par un maximum d’agriculteurs est importante. Elle peut se faire via un PEA. Il ne reste plus que quelques jours pour souscrire des parts de 500 euros (55000 euros maximum), la période de souscription clôturant le 26 février prochain.

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