L'Avenir Agricole et Rural 20 janvier 2011 à 15h31 | Par ESTELLE DAUPHIN

Assemblée Cantonale de la FDSEA - un temps fort syndical

La FDSEA achève son tour de Haute-Marne annuel. Un temps d'échange particulièrement important pour les adhérents en cette année élective. Exemple d'une réunion participative dans le canton de Longeau Prauthoy, en présence de Michel Galton, Secrétaire Général de la FDSEA et de Pierre-Yves Neyret, Président des Jeunes Agriculteurs.

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L'assemblée a débuté par un point de conjoncture par filière, puis s'est largement étendue sur les actualités en matière de réglementation.

Point de conjoncture :

Grandes cultures :
hausses inattendues

L'année 2010 s'achève sur des niveaux de prix inespérés, avec une production mondiale inférieure à la consommation et des stocks peu élevés. Le revenu moyen des céréaliers n'en sera pas pour autant exceptionnel, la majorité d'entre eux ayant contractualisé à des prix bien inférieurs, une décision de bon sens. En revanche l'impact sur le coût des aliments ne se fait pas attendre pour les éleveurs et d'une manière générale pour tous les transformateurs dans la meunerie et les biocarburants.
Le nouveau Président de la FNSEA, Xavier Beulin, a justement à cœur de mettre en place un système de contractualisation interfilière qui garantisse un prix d'achat stable au céréalier et qui permette à l'éleveur de tabler sur des prix d'approvisionnement raisonnables. Une perspective intéressante mais qui élude la dépendance du revenu des céréaliers à la hausse du prix des engrais, intimement lié à ceux du pétrole. Cet accord entre le végétal et l'animal ne doit pas occulter la possibilité de transférer les coûts de production animale en aval.

La production laitière
n'est pas un robinet

La concentration laitière s'amplifie. On assiste à des cessations laitières y compris dans de grosses structures avec 37 dossiers de demande d'ACAL pour 7,4 millions de litres en 2010, contre 35 dossiers et environ 5 millions de litres en 2009. L'année 2010 a été marquée d'une embellie sur le prix du lait avec une hausse moyenne de 21 euros pour le Grand Est. Une tendance qui semble se confirmer sur le premier semestre 2011, malgré la retenue de 15 euros qui devrait être réaffectée durant les mois d'été. Une clause considérée comme inopportune par les éleveurs, qui impacte les recettes de ces derniers quand ils produisent à plein régime. D'autre part, un « tunnel » de prix a été mis en place avec l'Allemagne. Celui-ci joue actuellement en notre faveur, avec un écart de 19 euros. Le tunnel de dix euros permet une augmentation de 9 euros/1 000 litres. Une situation qui peut néanmoins s'inverser à tout moment ; ce dispositif est réévalué chaque mois. Les éleveurs bénéficient aussi cette année de l'effet volume avec l'augmentation du quota de 2,71 % venant de Bruxelles. La France récupère ainsi la partie qui avait été gelée l'an dernier. D'autre part ce quota supplémentaire est distribué aux éleveurs en capacité de produire, c’est-à-dire ayant réalisé au moins 95 % au cours des deux dernières années. Ainsi, le litrage est « concentré » sur les 70 % éligibles. Les éleveurs haut-marnais bénéficient aussi de la redistribution interne au département et à la région, ce qui permet une allocation supplémentaire de l'ordre de 5 200 litres. Ce litrage provient essentiellement des ACAL. La Haute-Marne a pu bénéficier de la mutualisation champ ardennaise, ce qui démontre le dynamisme de la filière départementale. Mais la « bassinisation » à partir de l'année prochaine inquiète le Président des Jeunes Agriculteurs Pierre-Yves Neyret. Les éleveurs qui n'ont toujours pas reçu leur allocation de quota supplémentaire regrettent la lenteur administrative, car nous sommes à moins de trois mois de la fin de campagne. La production laitière n'est pas un robinet, rappellent-ils.

La viande bovine en quête
d'organisation
Tandis que les prix à la consommation et les charges augmentent de façon linéaire depuis dix ans, la courbe des prix d'achat reste invariablement basse et étale depuis dix ans. Alors que le rapport Chalmin, censé mettre en lumière les marges inégalitaires entre les différents intervenants de la filière, il met seulement en avant des répercussions de charge liées à la traçabilité et à l'augmentation des coûts de main-d’œuvre chez les industriels et au sein de la grande distribution. Le mouvement de protestation à l'encontre de Bigard, acteur majeur sur un marché peu concurrentiel, a été peu suivi par les éleveurs haut-marnais au sein d'une profession qui peine à s'organiser. D'où l'initiative des Jeunes Agriculteurs en matière de circuits courts. Un essai de contractualisation grandeur nature est en cours avec l'Intermarché d'Andelot. Il est certes intéressant pour les 2 % de la production concernée, mais quid des 98 % restants, interroge un participant. Pierre-Yves Neyret table sur le potentiel de la restauration collective pour élargir le potentiel des circuits courts, notamment aux races laitières. En effet, pas moins de 8 000 repas par jour sont servis sur le département. Détenir, ne serait-ce que 5 % de ce marché représenterait 550 tonnes de viande, estime le jeune responsable professionnel. Pour répondre aux appels, il faut néanmoins s'organiser. Il cite l'exemple des producteurs du Rhône qui ont mis en place une démarche similaire avec l'appui de leur chambre d'agriculture.

Pac

les acquis :
L'aide rotationnelle est la victoire syndicale emblématique de l'année. Avec 104 000 ha en « rotationnelle », la Haute-Marne est en tête des départements français à avoir souscrit à cette mesure qui ne sera pas reconduite. L'animateur de la FDSEA, Guillaume Husson rappelle cependant les conditions à respecter pour ne pas être pris à défaut en cas de contrôle, notamment quatre cultures dont la principale doit représenter moins de 50 % de la surface engagée, les trois principales moins de 90 % de la surface engagée et trois cultures différentes doivent être implantées sur cinq ans.

Handicap Naturel
On a réussi à sauver les meubles. Après cinq années de tolérance, la DDT a subitement pris les circulaires au pied de la lettre en appliquant le seuil de trois PMTVA pour accorder le handicap naturel aux exploitations déclarantes. L'animateur de la FDSEA conseille cependant pour la prochaine campagne de contractualiser des prises de pensions d'animaux identifiés (vingt moutons ou trois équins) d'une durée de trente jours minimum incluant le 31 mars 2011 afin d'être en conformité avec la réglementation.
Enfin, en matière de politique régionale, il était impossible d'éluder la question des enveloppes dévolues au Plan Végétal Environnement (PVE) et au PMBE. Cette dernière n'ayant pas été consommée en raison des restrictions liées à la condition des bâtiments bois et les demandes au titre du PVE ayant afflué, la profession a obtenu une fongibilité des fonds disponibles afin que l'argent bénéficie à l'agriculture du département. Cela n'est pas sans générer quelques incompréhensions... La conséquence d'une politique agricole régionale jugée comme catastrophique par la FDSEA.

Une réglementation PAC
trop complexe
La répartition des DPU sur toutes les terres de l'exploitation pose problème sur les baux précaires, notamment via la SAFER, car les DPU consentis resteront attachés aux terres en cas de résiliation du bail. D'autre part, dans le cadre des BCAE, la définition des lisières de bois reste un sujet pour le moins « épineux ». Coté administration, on estime qu'une lisière est constituée de buissons graduels, alors que dans la réalité, les agriculteurs élaguent net les bordures de parcelles. Ce point méritera d'être précisé pour 2011 car le taux de Surface en Élément Topographique (SET) passera de 1 à 3 %.

De nouvelles contraintes
Avec la disparition du fond de calamités, l'assurance récolte revient au premier plan. Contrairement à l'assurance grêle, elle n'est pas affectée à la parcelle mais à la culture. La profession a mis de l'argent dans ce dispositif, qu'il serait dommage de ne pas utiliser (63 % des 100 millions provenant d'un prélèvement sur les DPU au titre de l'article 68). Au-delà de l'assurance récolte, c'est avant tout une assurance de revenu qu'il faudrait mettre en place. Il est d'autant plus essentiel de se couvrir qu'on vend de plus en plus tôt les récoltes, sans prendre en compte l'aléa climatique. Le Crédit Agricole et Groupama proposent ce type de produit. Il faut néanmoins s'y prendre très tôt pour assurer une récolte (avant implantation de la culture).

Gasoil non routier : rien que des inconvénients
Ce nouveau carburant censé être moins polluant entrera en vigueur à partir de novembre 2011. Toujours de couleur rouge mais comportant moins de soufre, les résidus vont rester en suspension, ce qui nécessitera un filtrage en sortie de cuve. De plus, d'une conservation limitée à six mois, il faudra vider complètement les réservoirs des moissonneuses et autres automoteurs en cas d'inutilisation prolongée. L'exonération de TIPP sera néanmoins reconduite, ce qui représente tout de même 140 millions d'euros au niveau national.

VIES SYNDICALES

 

Adhésions :
Au titre de l'année 2010, le bilan est provisoire mais la FDSEA aura perdu 2 000 ha par rapport à 2009 et 26 adhérents. Une baisse qui intervient après le pic d'adhésions de 2008 et une progression continue depuis une dizaine d'années. Le coût de l'adhésion augmente : le forfait passera de 30 à 35 euros et la cotisation de 2,10 à 2,15 euros à l'ha. Une hausse qui intervient après trois années de stagnation et qui s'explique par la mise à disposition de nouveaux services.

Services :
L'embauche d'un contrat aidé pour gérer l'aspect main-d’œuvre est progressivement à la charge de la FDSEA qui projette l'ouverture d'un nouveau site dédié aux adhérents : « le bureau de l'entrepreneur ». Un concept développé dans la Marne qui offre des services en ligne aux adhérents : sélection d'informations réglementaires, possibilité de saisie des fiches de paie en ligne, fiches pratiques et actualités locales.
D'autre part, l'assistance à déclaration PAC et les services juridiques sont toujours gratuits pour les adhérents.

Une année élective :
La FDSEA renouvellera son conseil d'administration et son bureau après l'assemblée générale qui aura lieu à Nogent le 8 février et au cours de laquelle les administrateurs d'arrondissement seront désignés par les délégués de cantons. On sait d'ores et déjà que Françoise Henry ne souhaite pas renouveler son mandat.

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