L'Avenir Agricole et Rural 26 février 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

APICULTURE

Philippe Gérard est passionnée par les abeilles depuis son enfance. Ce fils d’agriculteur a décidé de se former dans ce domaine, il y consacre aujourd’hui un petit mi-temps.

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Philippe Géard récolte jusqu’à 25 kg de miel par ruche sur une année
Philippe Géard récolte jusqu’à 25 kg de miel par ruche sur une année - © T MORILLON

A Trémilly, Philippe Gérard est attiré par les abeilles depuis son plus jeune âge. A 16 ans, il débute avec 4 ruches. Après un bac STAE puis un BTS ACSE, il cherche avec beaucoup de difficulté un maître de stage dans le domaine apicole. Au bout de quatre années, c’est en Côte d’Or qu’il réussit à trouver un stage d’apiculture spécialisé dans l’élevage de reines.

 

Une formation constante.

Il commence par 4 ruches pendant 3 années puis passe à 10 ruches. L’apprentissage commence par une bonne documentation mais une bonne partie s’apprend sur le terrain car les abeilles réagissent différemment selon le climat et la végétation. « Je voulais mieux connaître l’abeille et me perfectionner techniquement » explique Philippe Gérard qui continue à développer son élevage qui atteint aujourd’hui entre 80 et 100 ruches, ce qui représente jusqu’à 70 000 individus pour chacune d’elles. Cependant, il reste un apiculteur amateur car la limite pour passer en professionnel est de 200 ruches. Chaque rucher (soit une vingtaine de ruches) est installé à proximité d’un champ ou d’une forêt séparé par une haie pour le protéger. La récolte est de 20 à 25 kg de miel par an et par ruche qu’il vend chez des grossistes, en épicerie fine ou directement à la ferme.

 

Notre apiculteur souligne l’importance d’une formation régulière pour être constamment à jour. Il soulève également le manque de cohésion entre amateurs et professionnels : « Les amateurs restent ensemble, mais pour échanger les connaissances techniques de façon plus riche, il faudrait davantage de communication avec les professionnels qui ont beaucoup à apporter ». Aujourd’hui embauché à mi-temps dans l’exploitation familiale, Philippe Gérard continue plus que jamais son engagement apicole, il est en effet vice-président de la Société Haut-Marnaise d’Apiculture.

 

Les produits de la ruche sont multiples avec beaucoup de débouchés dans le domaine pharmaceutique, on connaît les vertus du pollen et de la gelée royale, mais le miel est un excellent cicatrisant tout comme la propolis. Cette dernière est souvent présente dans les produits cosmétiques, on l’utilise aussi dans des traitements contre le cancer. Il est également possible, mais plus compliqué, de récolter du venin pour lutter contre les allergies aux abeilles, il est également donné en traitement lors de problèmes musculaires.

 

Une histoire de hiérarchie.

Les abeilles qui ont une communication olfactive et sensorielle ont un rôle bien déterminé. La reine qui pond plus de 2000 œufs par jour en pleine saison régit les castes, c’est le seul individu à se nourrir exclusivement de gelée royale (un savant mélange secrété par les glandes hypopharagiennes des jeunes abeilles). L’ouvrière est une femelle non-fécondée et le faux-bourdon s’occupe uniquement de la reproduction. Quand une abeille naît, elle devient nettoyeuse (elle mange la cire de son alvéole et la nettoie), puis nourrice, elle donne de la gelée royale aux larves le temps de leur développement. Elle évolue ensuite pour être architecte, maçonne, manutentionnaire, ventileuse pour finir sa vie gardienne et butineuse. Les abeilles meurent à l’extérieur de la ruche pour ne pas la polluer, notons d’ailleurs que les individus qui partent chaque jour sont plus nombreux que ceux qui reviennent.

 

La ruche est en repos à cette période de l’année, la pleine-saison étant le mois de mai. L’abeille d’hiver a une durée de vie plus longue (6 mois contre un mois en été), son corps est plus gros, contenant plus de corps lipidiques. En cette saison, les abeilles forment une grappe au centre de la ruche, celles qui sont en périphérie de la grappe où la température est basse (8 °C) alternent avec celles qui sont au centre (où il fait jusqu’à 20 °C). Elles se déplacent un minimum pour effectuer un petit brassage dans un état de semi-léthargie, ce qui leur permet de peu consommer (environ un kilo de miel par mois contre plusieurs kilos en été). La majorité du miel produit sert de nourriture à l’élevage, l’apiculteur ne récolte que le surplus. Une ruche consomme entre 80 et 100 kg de miel par an, 60 à 80 kg de pollen et plusieurs dizaines de litres d’eau. L’apiculteur profite de cette période de l’année pour surveiller le poids des ruches car il leur faut suffisamment de nourriture pour passer la saison et redémarrer la nouvelle.

Il gratte, lave et désinfecte également les plateaux, les cadres et les ruches vides ou mortes, fond sa cire. Un professionnel se transforme alors en véritable menuisier car chaque ruche doit être en parfait état.

 

De nombreux prédateurs.

La présence du frelon asiatique inquiète les apiculteurs : « Pour l’instant il est en Côte d’Or, mais ce n’est qu’une question de temps pour qu’il arrive chez nous » explique Philippe Gérard. Ce frelon est plus agressif que son homologue français, il parcoure davantage de distance et n’hésite pas à détruire les ruches et à manger les abeilles. Il y a également les souris qui mangent la cire en hiver, si elles réussissent à pénétrer dans la ruche, ou encore le pic-vert qui percera un pan de bois présentant une faiblesse pour atteindre les abeilles, véritable garde-manger.

 

Le plus grand danger d’une colonie reste le varroa, un parasite présent depuis 30 ans qui affaiblit les individus. Une douzaine de virus sont recensés en rapport avec cet acarien qui attaque le couvain (l’ensemble des œufs, des larves et des nymphes), mais aussi les abeilles adultes. Les dégâts sont tels que le traitement chimique est obligatoire et doit être suivi par un vétérinaire. Le problème est l’accoutumance de l’acarien au produit. Un hiver rigoureux limite le taux de reproduction du varroa, mais face aux hivers de plus en plus doux, les apiculteurs sont inquiets.

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