L'Avenir Agricole et Rural 05 août 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

APICULTURE : L’extraction du miel

Après la collecte du miel de printemps au début du mois de juin, les apiculteurs entament la deuxième récolte, celle du miel d’été. C’est un moment charnière car il faut déjà préparer les ruches pour l’année prochaine.

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 (© T MORILLON) La mieillerie : l’atelier qui sert à extraire le miel. © T MORILLON Avec le «chasse abeilles», les individus restent dans la partie inférieure de la ruche. © T MORILLON Une fois la couche supérieure retirée, le miel peut facilement s'écouler. © T MORILLON Une ruche produit entre 15 et 20 kg de miel. © T MORILLON Selon les ruches, les cadres sont plus ou moins gorgés de miel. © T MORILLON L’utilisation du soufleur permet de retirer toutes les abeilles. © T MORILLON

Les apiculteurs font en général 2 à 3 récoltes par an, une au printemps et une autre en été, mais il est possible d’en faire davantage en transhumant les ruches. Deux jours avant la récolte, l’apiculteur installe un « chasse abeilles » entre la ruche et les hausses (leur nombre diffère selon la miellée). Il s’agit d’une planche en bois avec une grille qui forme un « petit ascenseur » à sens unique, les abeilles descendent lentement dans la ruche, sans pouvoir y remonter. Le lendemain, toutes les hausses sont débarrassées en grande partie de leurs occupants, ce qui permet de manipuler les hausses plus aisément. L’apiculteur n’a plus qu’à enlever les hausses, il utilise un souffleur à feuilles si nécessaire pour débarrasser les cadres des derniers individus récalcitrants. Les chasses abeilles sont ensuite retirés et le toit remis en place.

 

L’atelier miel

Les hausses sont ensuite transportées dans la miellerie. Pour la première étape, on a besoin d’un couteau à désoperculer, un couteau coupant et chauffant qui permet d’enlever la couche supérieure des cadres de miel. C’est comme si on enlevait un bouchon, le miel peut ainsi se libérer facilement. Les cadres sont déposés dans une centrifugeuse à miel, en prenant garde de bien répartir le poids, en effet certains cadres sont beaucoup plus lourds que d’autres et la machine peut se déséquilibrer avec la vitesse de rotation. La centrifugeuse extrait le miel sur les parois de la cuve, il coule ensuite dans le bac décanteur.

 

La cire enlevée est passée dans une petite centrifugeuse pour éviter les pertes, de cette façon, on peut encore récupérer du miel et recycler la cire pour en faire de nouvelles plaques de cire. Le bac décanteur est constitué de plusieurs tamis, il préfiltre le miel, les impuretés remontent en surface, il n’y a plus qu’à les enlever au fur et à mesure. Une pompe achemine le miel dans des fûts de 300 kg, il est prêt à partir directement chez le grossiste ou à être travaillé en pots. Au final, il faut vérifier le taux d’humidité du miel : il doit être inférieur ou égal à 18 %.

 

Faire des ruches fortes

A cette époque, l’apiculteur prépare déjà les ruches pour l’année prochaine, si les colonies sont fortes en hiver, elles le seront également au printemps. Il faut préparer les essaims : on prélève 2 à 4 cadres de couvain provenant de ruches fortes, ainsi qu’un cadre de miel. La ruche doit être partitionnée, on retire 2 ou 3 cadres en resserrant ceux qui restent, de cette façon on optimise le placement des réserves de miel et la répartition de la chaleur car l’espace est plus réduit. Les cadres retirés permettent de constituer un nouveau cheptel qui servira à combler les pertes ou à s’agrandir.

 

Au mois d’août, l’apiculteur effectue un traitement anti-varroa, obligatoire car il s’agit du principal nuisible des abeilles. Dans le même temps, il faut recontrôler toutes les ruches : repérer la trace d’éventuelles maladies, vérifier la présence de la reine et la changer si elle a plus de 2 ans.

 

Enfin, les ruches doivent être stimulées, en donnant chaque semaine une petite dose de sirop ou de miel. Ce dernier a défaut d’attirer les abeilles des autres ruches et d’entraîner un phénomène de pillage, et parfois de contenir des spores de maladies propres aux abeilles. De plus, le prix du sirop est moins élevé. L’apiculteur stimule de cette façon la ruche jusqu’en septembre/octobre, si la colonie est encore trop légère à ce moment, l’apiculteur procède à un nourrissement plus important jusqu’à ce que cette dernière ait son poids optimal pour l’hivernage.

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