L'Avenir Agricole et Rural 04 juillet 2008 à 00h00 | Par F.Thevenin

ANCIENS EXPLOITANTS - Le minimum vieillesse, c'est le minimum tristesse voire le minimum détresse

Lors de son assemblée générale, la section des anciens exploitants de la FDSEA a fait le bilan d’une année de revendications faites et à faire.

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Jacques Minot, président de la section des anciens exploitants de la FDSEA, déplore le peu d’avancée au niveau des retraites agricoles. Pour lui, « certes les gros acquis sont derrière avec la RCO et la mensualisation mais il reste de nombreux aménagements et des simplifications à obtenir afin que tous les travailleurs et les travailleuses de la terre aient un minimum décent pour vivre ». Il poursuit : « en agriculture, le minimum vieillesse, c’est le minimum tristesse voire le minimum détresse ».
Les chiffres communiqués par la MSA parlent d’eux-mêmes : la retraite moyenne des 9 242 retraités agricoles haut-marnais est de 424 euros par mois. Un grand nombre de ces retraités n’ont pas de carrière complète mais ces chiffres donnent une idée du niveau des pensions vieillesse des plus défavorisés en agriculture comme les conjointes ou les anciens aides familiaux.
Jacques Minot le sait : « cela fait des années que nous tenons toujours le même discours mais nous n’avons pas vocation à radoter. Il faut que ça bouge ».
Il comprend qu’il est impossible de tout obtenir en une seule fois, sait que des avancées ont été faites dans le passé sur la réversion ou sur la revalorisation des carrières incomplètes et a conscience que cela à un coût mais il souhaite avoir des perspectives et être rassuré.

De nouvelles perspectives
Le président de la section des anciens exploitants rappelle les engagements de l’Etat avec l’objectif de 75 % du SMIC pour tous. Le Président de la République s’est engagé à réduire « les poches de pauvreté » dans lesquelles se trouvent certains retraités oubliés par les revalorisations successives.
Nicolas Sarkozy a annoncé une revalorisation de la réversion de 54 à 60 % mais Jacques Minot rappelle que 60 % de pas grand-chose, ce n’est pas grand-chose…
Quant à la revalorisation de 200 euros en acompte des 25 % d’augmentation du minimum vieillesse annoncée pendant la campagne, peu de personnes y auront droit puisqu’il faut bénéficier du « minimum vieillesse ». Ce seuil est assuré par l’allocation de solidarité aux personnes âgées. Or, cette allocation est récupérable sur succession. De plus, le plafond de ressources est pratiquement équivalent au minimum vieillesse actuellement de 628,10 euros. En plus, ce minimum n’est accessible qu’à partir de 65 ans.

Revendications
Afin d’éviter les retours sur successions, les retraités agricoles de la FNSEA ont préféré axer leur revendication sur la revalorisation des petites retraites. Cette stratégie syndicale trouve toutefois ses limites du fait que les pénalités pour carrières incomplètes sont très pénalisantes malgré les avancées récentes.
Cette forte attente ne doit pas faire oublier l’obtention, en 10 ans, de 520 millions d’euros de revalorisation annuelle financés par l’Etat auquel il faut ajouter 270 millions d’euros de RCO financés par la Profession.
Pour Jacques Minot, ces avancées sont le fruit de l’engagement syndical des retraités : « nous avons marqué des points parce que nous avons su monter des dossiers, convaincre des élus et profiter d’opportunités politiques ».
Le rendez-vous 2 008 sur l’avenir des régimes de retraites est l’occasion de rappeler les lacunes du dispositif actuel. Jacques Minot parle de « millefeuilles réglementaire indigeste ; y compris, quelquefois pour les ordinateurs de la MSA ! ».
Pour lui, il faut des règles simples qui permettront à tous les anciens agriculteurs et agricultrices de bénéficier des revalorisations obtenues au prorata de leur durée d’activité, sans pénalité ni exclusion.
Il voudrait également que les retraités agricoles bénéficient des 25 meilleures années comme pour les salariés du régime de base et puissent avoir accès à 85 % du SMIC. Problème : ces avancées ne sont envisagées que pour les futurs retraités !

Revalorisation de la RCO
Jacques Minot estime qu’il faudrait également réfléchir à la revalorisation de la RCO pour franchir une nouvelle étape de revalorisation. Les actifs auraient forcément à y gagner puisqu’ils profiteraient de cet acquis syndical comme bénéficient aujourd’hui de la RCO à taux plein tous ceux qui partent en retraite.
Autrement dit, pour Jacques Minot, il serait peut-être souhaitable d’aller un peu au-delà des 2,97 % de cotisation RCO. Mais avant, il veut obtenir le respect des 75 % du SMIC et la revalorisation des pensions retraites au niveau de l’inflation. Pour lui, l’actualisation de 1,1 % de ce début d’année est insuffisante sachant qu’il manque 350 euros/an pour obtenir ces 75 %.
Enfin, il demande aussi la réversion de la RCO aux veuves sur les points gratuits comme actuellement avec les points cotisés. L’idéal serait d’obtenir la RCO pour tous les conjoints retraités.
Jacques Minot prévient : « si nous ne sommes pas entendus rapidement, nous devrons engager des actions massives et convaincantes ». Il compte sur les représentants départementaux élus à des échelons nationaux pour faire passer le message.
Il insiste : « il ne suffit pas de parler fort pour être entendu. Il faut surtout parler le même langage. J’espère que les jeunes, les actifs et nos politiques ont la même analyse de la situation. Agissons sans tarder car le retard pris sur l’actualisation des retraites sera de plus en plus difficile à régler demain. C’est comme le trou du FIPSA, plus on attend, plus il se creuse et plus il est dangereux pour l’avenir même de notre protection sociale ».

Convivialité

L’esprit revendicatif ne doit pas faire oublier pour autant l’esprit convivial de la section des anciens exploitants de la FDSEA. Pour cette raison, Jacques Minot annonce que le syndicat va continuer à proposer des sorties et des journées à thème suivies d’un repas dansant.
Il va également renforcer ses offres « cartes moisson » pour défendre le pouvoir d’achat tout en faisant travailler les partenaires locaux.
Il conclut : « nous sommes plein d’énergie et grâce à vos adhésions de plus en plus nombreuses, nous pourrons aller encore plus loin dans nos offres de services et notre communication pour mieux vous informer et vous défendre ».

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