L'Avenir Agricole et Rural 24 mai 2007 à 00h00 | Par F.Thevenin

ALOTIS - Une démarche commerciale mais pas seulement

Bernard Humbert a officialisé son départ de la présidence de la section haut-marnaise d'Alotis en traçant un bilan honnête et direct.

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Bernard Humbert quitte la présidence de la section haut-marnaise d'Alotis.
Bernard Humbert quitte la présidence de la section haut-marnaise d'Alotis. - © AVENIR AGRICOLE ET RURAL
Lors de l’assemblée générale de la section haut-marnaise d’Alotis, Bernard Humbert, son président, a débuté ses propos en évoquant le fait marquant de l’année écoulée pour ce genre d’entreprise : la FCO. Depuis le mois d’août 2006, elle a été déterminante dans l’action et les comptes d’Alotis.
Bernard Humbert relève que les indemnisations des éleveurs sont loin d’être à la hauteur des pertes : « les prix des animaux de race à viande ont décroché et ne se sont jamais vraiment remis. En janvier, ils ont été rattrapés par le retournement de tendance national ».
Dans les exploitations, la gestion des lots change et pénalise la marge brute du fait, pour les naisseurs, de la difficile mise en place de broutardes en Italie et, pour les engraisseurs, de cycles d’engraissement raccourcis. De son côté, Alotis est privée (pour longtemps) de l’exportation qui générait des plus values sensibles.
Problème : la réglementation dans ce domaine prévoit que le principe de précaution et le zonage durent « deux ans après le dernier cas virologique ». Pour l’instant, aucun cas virologique de printemps n’a été retrouvé…
Du coup, Alotis lance deux appels ; l’un pour rappeler que le grand nord-est est la barrière sanitaire de la France et qu’à ce titre, il doit être dédommagé de ses sacrifices ; l’autre pour en appeler à la raison sachant la FCO actuelle est la moins virulente de toutes. Il serait temps d’adapter les mesures aux réalités sanitaires !

En ovin et porc

Côté production et commercialisation, en ovin, l’année d’Alotis a été marquée par le transfert de l’abattage de Verdun vers Mirecourt. Les éleveurs ovins ont accepté, dans leur grande majorité, de réorienter la grille de paiement vers les qualités qui se vendent dans la région.
En effet, la consommation ovine reste fragile et peu dynamisée par les innovations industrielles envers le consommateur. Les abattages ont reculé de 1,1 % en tonnage national et la FCO de fin d’année a initié une baisse des cours qui s’est généralisée à toute la France.
En porc, l’année 2006 a démontré le bien fondé de la caisse de péréquation. Les éleveurs sont moins tributaires des hauts et, surtout, des bas des cours comme cela est le cas en ce début d’année 2007. Le cadran breton ne décolle pas du 1,10 euro alors que les coûts de production sont à la hausse avec les prix des céréales qui s’envolent.
Alotis fonde beaucoup d’espoir sur les discussions actuelles de Socopa avec l’Alsace afin de s’organiser dans le Grand Est. Problème : sur le terrain, chez les producteurs, les projets se heurtent aux habituels opposants et comités de défense. Alotis souhaite un appui politique et administratif afin de défendre des projets économiquement écologiquement exemplaires.

En bovin

Côté bovin, l’année 2006 aurait pu battre des records en matière de prix. Mais, la FCO est passée par là… Le décrochement a été net et amplifié par un retournement de tendances plus nationales. Pour Bernard Humbert, la bonne surprise de 2006 ne pouvait pas durer !
La situation est encore plus pénible pour les engraisseurs qui ont acheté des broutards au prix fort et qui subissent les retournements de marché. Cette conjoncture est encore pire pour ceux qui viennent de mettre en place un atelier d’engraissement.
Néanmoins, Alotis veut y croire et maintient son plan de relance : « on dit toujours que la Haute-Marne n’est pas aidée… Et bien là, l’argent de la coopérative est à disposition de tous les adhérents. Profitez-en pour entreprendre ! ».

Appui technique

Bernard Humbert insiste ensuite sur l’appui technique apporté par la coopérative lors de la signature d’un contrat d’adhésion : « nous ne faisons pas que de la négociation commerciale ». Il note que ce revirement n’a pas toujours été intégré par les OPA de Haute-Marne et que la concurrence entre organismes est un véritable handicap pour le département et, surtout, pour les agriculteurs. Pour lui, la réorganisation devra se faire en cohérence avec les autres OPA, avec les coops…

A Alotis, le travail de technicien est toujours en lien direct avec l’activité de la coopérative. Bernard Humbert évoque les démarches qualité, la qualification des élevages, la charte des Bonnes Pratiques avec la FDPL, la conditionnalité. Pour 2007, l’appui technique sera modernisé avec le bilan des ventes en ligne en collaboration avec les Arsoe et Est Elevage.

Alotis veut également proposer des orientations en cohérence avec les marchés. La coopérative apporte des conseils mais aussi des aides avec les Packs Pac.

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