L'Avenir Agricole et Rural 21 novembre 2013 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

ALERTE DISPARITION - Les JA se mobilisent pour la préservation du foncier

Les JA de Joinville et Poissons se sont mobilisés vendredi 15 Novembre afin de sensibiliser sur l’inquiétante disparition des terres agricoles. Leur action s’inscrit dans le cadre de la 4ème semaine nationale de la préservation du foncier agricole, relayée par Jeunes Agriculteurs dans toute la France.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Semaine nationale de la préservation du foncier agricole
Semaine nationale de la préservation du foncier agricole - © E.C.

Les JA des cantons de Poissons et Joinville se sont retrouvés sur la zone artisanale de Thonnance-Suzannecourt pour défendre la nécessité du maintien des terres agricoles et  pour sensibiliser le grand public et les élus sur la raréfaction du foncier agricole. Sur de grandes bâches recouvrant un panneau «terrains à louer», les automobilistes ont pu lire que «24 m² de terre agricole disparaissent chaque seconde, remplacé par le béton» tout en soutenant que «le foncier part en fumée» avec un feu symbolique pour représenter cette idée.

La disparition des terres agricoles équivaut à trois exploitations / jour (231 ha), soit 80 000 ha / an ou encore un département tous les 7 ans. Les chiffres deviennent de plus en plus alarmants, et inquiètent ainsi les agriculteurs sur la disparition de leur outil de travail. Les actions menées à travers toute la France sensibilisent les citoyens à la prise de conscience que sans ces terres, la production de leur alimentation est remise en cause. Il s’agit également de montrer aux propriétaires, et aux Pouvoirs Publics, que cette raréfaction du foncier agricole a des conséquences directes sur le devenir de l’agriculture française.

La disparition des terres agricoles est un réel frein à l’installation : les porteurs de projets sont souvent désemparés face au manque de terrain pour la concrétisation de leur installation. Si l’artificialisation du foncier prend de plus en plus d’ampleur, les jeunes ne pourront plus s’installer. De plus, la balance commerciale ne sera plus équilibrée, le dynamisme des territoires sera en baisse et la biodiversité ne pourra plus être maintenue. Il est tout à fait nécessaire de préserver ces terres qui sont soit non utilisées et donc laissées en friche, soit recouvertes par le béton.

Le devenir de l’agriculture est en jeu, puisque selon les estimations, dans 4 générations la surface disponible pour l’agriculture aura été réduite à quantité négligeable. Le syndicat Jeunes Agriculteurs se bat chaque jour sur la question en se faisant force de propositions, tout en profitant de la période de discussion possible entre l’arrivée de la future Loi d’Avenir et les prochaines élections municipales prochaines.

Quelques solutions ont été suggérées pour répondre à cette problématique majeure dans l’agriculture :

• l’élargissement des compétences de l’ONCEA, (l’Observatoire National de la Consommation des Espaces Agricoles). Cette avancée s’inscrit dans le cadre de la Nouvelle Loi d’Avenir de l’Agriculture, mais reste cependant insuffisante puisque les missions de l’ONCEA restent limitées.

• le renforcement du rôle des CDCEA, (Commissions Départementales de la Consommation des Espaces Agricoles). Il est nécessaire que ces commissions aient un avis de conformité, donc décisionnel. Il faudrait qu’elles soient également le lieu de la coordination territoriale des décisions impactant le foncier agricole et qu’elles soient en mesure de fournir des données précises sur l’état du foncier dans les départements.

• l’accroissement des taux de la taxe sur le changement de destination des terres agricoles car ces derniers sont faibles et donc peu dissuasifs. Cette taxe est applicable lors de la première vente de toute terre agricole devenant constructible.

• le refus de la majoration obligatoire de la valeur cadastrale sur plus de 1 100 communes pour la taxe foncière. Cette introduction de la majoration dans certaines agglomérations de plus de 50 000 habitants devrait poser de graves problèmes à l’agriculture périurbaine, notamment en accélérant le processus d’artificialisation des terres agricoles.

Par ces propositions, les JA espèrent inverser la tendance à la boulimie foncière des collectivités qui doivent prendre conscience de la rareté et de la durabilité de la terre agricole.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2469 | novembre 2017

Dernier numéro
N° 2469 | novembre 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui