L'Avenir Agricole et Rural 06 juin 2013 à 10h25 | Par JLB

ALÉAS CLIMATIQUES - Incertitudes après les intempéries

La pluviométrie excessive de ces dernières semaines a mis à mal certaines cultures de printemps mais le potentiel des céréales d’hiver reste encourageant. En attendant la moisson, qui sera très certainement tardive, d’autres séquences météo peuvent évidemment fortement impacter les résultats.

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La période de floraison du colza par rapport aux intempéries sera déterminante.
La période de floraison du colza par rapport aux intempéries sera déterminante. - © JLB

Michel MENETRIER de la SEPAC fait un tour d’horizon des cultures qui n’est pas pessimiste, bien qu’il subsiste encore de nombreuses incertitudes sur l’état sanitaire et le remplissage des épis.

Une bonne récolte de blé en perspective

Le développement végétatif du blé est très prometteur surtout sur les petites terres. Quelques inquiétudes subsistent toutefois quant à la méiose qui a pu se dérouler par temps frais sur les variétés et les secteurs les plus précoces. Il en est de même pour les orges d’hiver. Les hybrides ont une capacité de rattrapage remarquable. Michel MENETRIER constate que le nombre de talles peut pratiquement doubler par rapport une lignée autogame. Les semis d’hybrides de blé ne sont pas forcément plus coûteux si l’agriculteur sait bien gérer la densité de semis. L’offre de semences reste toutefois limitée avec une augmentation de 10 à 15% chaque année. Le désherbage a été difficile à maîtriser de même que le développement des maladies bien que cette année il y ait peu d’oïdium. Quant à la fusariose, la période critique ne fait que commencer. «Quand on bâche Roland Garros, il y a de la fusariose mais heureusement il y a 10 à 12 jours de retard par rapport à une année normale» déclare Michel MENETRIER qui prédit une récolte tardive.

Début de moisson, vers le 14juillet

«Sauf sécheresse excessive, les orges d’hiver vont être moissonnées vers le 14juillet, comme il y a 15 ou 20 ans. Les autres cultures d’hiver suivront ce décalage» estime Michel MENETRIER. La fleur du colza se termine dans le nord du département et les siliques ne semblent pas abondantes. Les colzas qui étaient chétifs à la sortie de l’hiver ne feront pas un bon rendement. Là encore, les lignées hybrides ont mieux compensé. Le tonnage dépendra une fois de plus du PMG. Le Plateau de Langres, qui est plus tardif, pourrait bénéficier d’une période de floraison plus favorable.

Concernant les cultures de printemps la situation est très hétérogène. Les orges semées précocement avec des structures de sol peu favorables ne sont pas prometteuses. Des petits apports complémentaires d’azote, sous forme de sulfate d’ammoniac, ont été pertinents il y a 8 à 10 jours mais il convient de rester prudent sur de nouveaux apports en raison de la teneur en protéines.

La SEPAC estime que 85 à 90% des maïs ont été semés avant les intempéries. Les agriculteurs recherchent quelques doses pour faire des «rustines». Les surfaces sont limitées car la Haute Marne a heureusement peu de vallées inondables. Les pieds qui ont végété pendant plusieurs semaines commencent à reprendre de la vigueur mais Michel MENETRIER conseille de ne pas désherber sur des semis encore trop fragiles. Le tournesol, qui est pourtant une plante du soleil, semble avoir bien résisté à la pluviométrie; le risque principal venant plutôt des prédateurs (corbeaux) qui ont localement causé de gros dégâts.

Même si globalement l’agriculture haut-marnaise pourrait tirer son épingle du jeu en raison de la faible proportion de terres hydromorphes, la profession agricole a demandé aux Pouvoirs Publics d’étudier les cas particuliers. Le ministre de l’agriculture a annoncé des mesures d’urgence (cf encadré). Une réunion de travail est programmée avec la DDT le 14juin prochain pour évaluer l’ampleur des pertes et mettre en œuvre les mesures annoncées.

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