L'Avenir Agricole et Rural 09 octobre 2014 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

AGRONOMIE, LA FILIÈRE LIN

EMC2 a lancé la culture du lin oléagineux en Haute-Marne avec trois de ses adhérents. Cette culture pourrait constituer une alternative au colza dans une démarche de filière. Retour sur les premiers résultats.

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- © BLEUBLANCCOEUR

La coopérative EMC2 a investi avec la Coopérative Agricole de Lorraine, dans Cer’est, unité de commercialisation commune de céréales et également centre de recherche et de développement  pour de nouvelles cultures. Les essais de lin ont été lancés en Lorraine en 2012 avec 30 ha, puis avec 300 ha en 2013 et enfin 1000 ha contractualisés en 2014, dont une centaine en Haute-Marne.

Il s’agit de variétés de lin de printemps, car notre climat est potentiellement trop rigoureux pour des lins d’hiver, sensibles au gel au-delà de -8°. Le débouché de ce type de culture est l’alimentation animale. L’entreprise spécialisée Valorex, située en Bretagne, maîtrise le processus d’extrusion de la graine entière de lin. Contrairement à la graine de colza, l’extrusion du lin, ne donne pas l’huile d’un côté et le tourteau de l’autre mais une farine obtenue à partir de la graine entière après cuisson, qui préserve les teneurs en Omega3 et en Omega6, rendant ces nutriments assimilables par les animaux. La paille lin, dans certains cas valorisée dans la filière textile, reste au sol.

 

Conduite de la culture

Les agriculteurs qui se sont lancés dans l’aventure ont bénéficié d’une formation d’une demi-journée avec des techniciens spécialisés dans la culture du lin.

Le lin, sensible au stress hydrique, se plaît en terres profondes. Plante peu couvrante, le lin ne concurrence pas les adventices. Il doit donc être installé sur des parcelles ne présentant pas de problèmes de salissement.

L’itinéraire cultural est assez simple mais nécessite une vigilance accrue de la part de l’agriculteur afin d’intervenir rapidement selon les stades végétatifs, notamment en ce qui concerne le régulateur de croissance.

Appliquer un défoliant en cas d’hétérogénéité de la végétation est souvent nécessaire au moment de la récolte car il doit être bien mûr. Une des caractéristiques du lin est qu’il n’est pas sujet à l’égrainage de par sa conformation de l’enveloppe qui contient les graines appelée «capsule».

Le lin se moissonne habituellement fin août. Cette année, en raison des conditions météorologiques, il a été récolté début septembre. La récolte ne nécessite pas de matériel spécialisé ; une coupe à céréale standard avec des sections bien aiguisées, pas de rabatteur car la culture est courte, et un avancement rapidement. Les critères de qualité sont identiques à ceux du colza (humidité et impuretés).

 

Résultats

La récolte qui touche à sa fin laisse apparaître des rendements de l’ordre de 20 à 25 quintaux/ha en moyenne sur la zone Cer’est. Le prix est fixé d’avance par contrat entre l’agriculteur et la coopérative. Il était de 500 euros/tonne cette année. Un niveau de prix qui se maintient par rapport à 2013, malgré l’effondrement du cours des céréales. Ce phénomène tend à démontrer la solidité de cette filière de qualité qui répond à une demande sociétale (voir ci-après), note David Meder, responsable du service Céréales du groupe EMC2. Avec des charges d’intrants de 380 euros en moyenne, il est possible de dégager une marge comprise entre 620 et 870 euros/ha.

 

Des débouchés en développement

Contrairement au marché des céréales dit « liquide », le lin oléagineux est positionné sur un marché de niche. La contractualisation a lieu en fin d’année pour la campagne suivante. Elle est proposée par les techniciens aux adhérents qui livrent à 100% chez EMC2 en priorité. Les variétés retenues pour leur richesse en Oméga3 cette année répondaient aux nobles noms de Duchess, Altess et Comtess. La semence certifiée, traité au zinc, est fournie par la coopérative afin d’assurer un maximum de traçabilité.

 

En consultant la page 5 de notre numéro de cette semaine,


vous pourrez lire, le témoignage de Monsieur Nicolin et Monsieur Lamiral, technicien d'EMC2.

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