L'Avenir Agricole et Rural 13 décembre 2012 à 10h35 | Par L'Avenir Agricole et Rural

AGROFORESTERIE - L'AGROFORESTERIE S'IMPLANTE EN HAUTE-MARNE

L’agroforesterie, technique consistant à cultiver des arbres et des cultures sur la même parcelle, connaît ces dernières années un regain d’intérêt au niveau national. Cette année, la première parcelle agroforestière va être implantée en Haute-Marne grâce à une subvention de l’Europe. C’est l’occasion de revenir sur les aspects techniques et les possibilités d’obtenir une subvention.

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Un système agroforestier abouti en Poitou-Charentes
Un système agroforestier abouti en Poitou-Charentes - © CHAMBRE D'AGRICULTURE

Si les arbres et les cultures représentent une surface importante de notre département, ces deux productions se rencontrent rarement au sein d’une même parcelle. Pourtant le principe de l’agroforesterie, consistant à associer sur une même parcelle arbres et cultures, a montré ses avantages : une augmentation de la production et un maintien de la qualité de l’environnement.

 


L’agroforesterie a jalonné l’histoire depuis la nuit des temps et s’est retrouvée utilisée sur toutes les parties du globe. Les premières descriptions de systèmes agroforestiers remontent à l’antiquité avec par exemple la culture d’olivier et de céréales à pailles (seigle, blé, avoine, millet) dans le pourtour méditerranéen. Au moyen-âge les « plantades », associations d’arbres et de pâtures, étaient très répandues. Au dernier siècle les surfaces agroforestières diminuent suite au remaniement du paysage agricole causé par la mécanisation de l’agriculture, laissant peu de place à l’arbre. Il faut attendre les années 80 pour de nouveau entendre parler de cette technique qui, sous l’impulsion de chercheurs, a été modernisée pour être adaptée aux pratiques contemporaines. Dès lors que des références ont commencé à paraître, la surface plantée n’a cessé de croître. Le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll en a même fait la promotion lors d’une visite dans le Gers le 1er août 2012.

L’engouement a atteint la région Champagne-Ardenne où  plusieurs projets commencent à voir le jour. La première parcelle agroforestière va être implantée en Haute-Marne dans les prochaines semaines, si les conditions le permettent.

 



Une technique agricole valorisant mieux la production

Bien que les arbres et les productions agricoles soient en compétitions pour l’accès aux ressources sur un même espace, cette compétition s’avère moins importante qu’au sein d’une parcelle cultivée avec une seule espèce. En effet, l’association permet la mise en place de mécanismes physiologiques avantageux aux deux productions.

D’une part, la présence des cultures force les arbres à s’enraciner en profondeur. Ils ont ainsi accès à une quantité d’eau plus importante et leurs racines font office de filet de sécurité en cas de lessivage de nitrates. Ils peuvent également remonter des nutriments pour les cultures.

D’autre part, les bandes enherbées dans lesquelles sont plantés les arbres sont des habitats pour les auxiliaires de culture tels que les carabes, amateurs de limaces.

 



Créer son projet agroforestier, ce qu’il faut savoir

L’élaboration d’un projet d’agroforesterie nécessite certaines précautions. Pour mieux valoriser les interactions entre arbres et cultures, mieux vaut éviter des terres trop superficielles qui ne permettront pas aux racines des arbres de bien se développer.

Ensuite, le choix des essences d’arbres doit se faire en fonction du type de sol, de l’exposition au vent et des objectifs de production. Enfin, les arbres qui produisent leurs racines au printemps iront en profondeur si une culture est déjà présente : les cultures d’hiver sont donc à privilégier dans la rotation. Il est souvent nécessaire de réaliser un cernage (passage d’une dent qui coupe les racines superficielles entre la bande enherbée et la culture) pour forcer les racines à aller en profondeur

L’implantation des arbres entraîne une charge de travail non négligeable. Une attention particulière est à porter à l’entretien, notamment aux opérations d’élagages qui vont former la bille et donner toute la valeur de bois d’œuvre aux arbres.

Lorsque les arbres commencent à atteindre une taille importante, la lumière reçue par les cultures est plus faible, ce qui entraîne des diminutions de rendement. Mais d’après de récentes études cette perte est faible pour des densités inférieures à 50 arbres à l’Hectare, elle est également compensée par les revenus issus de la vente du bois.

 

 


L’Europe subventionne les projets d’installation de parcelles agroforestières

Depuis 2010, la région Champagne-Ardenne a activé les aides à l’installation des projets agroforestiers proposées par l’Europe. Ces subventions sont accessibles jusqu’à fin 2013. Elles concernent tout projet dont la densité des arbres est comprise entre 30 et 200 arbres/ha et pour les exploitations dont la valeur ajoutée n’excède pas 50 000 Ä. Elles prennent en charge jusqu’à 70 % des travaux d’installation et même 80 % en zone défavorisée. Les travaux subventionnales comprennent la conception du projet, l’élimination de la végétation préexistante, la préparation du sol, la fourniture et la mise en place de plants forestiers, la protection et le paillage des plants ainsi que l’entretien de la plantation.

Les surfaces restent entièrement éligibles pour les aides PAC et les lignées d’arbres peuvent être prises en compte dans le calcul des SET

 

 

La chambre d’agriculture soutien l’agroforesterie

Pour accompagner au mieux les agriculteurs dans leur projet d’agroforesterie, les chambres d’agriculture de Champagne-Ardenne se sont organisées. La chambre d’agriculture de l’Aube propose une journée découverte de l’agroforesterie le 7 janvier 2013 et la chambre d’agriculture de Haute-Marne une formation Action le 22 février 2013 avec des professionnels de l’agroforesterie pour consolider son projet.

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