L'Avenir Agricole et Rural 09 août 2012 à 14h36 | Par L'Avenir Agricole et Rural

AGRICULTURE BIOLOGIQUE - PRODUIRE BIO DEVIENT UN ACTE CITOYEN

Baptiste Gallissot est en cours d’installation en maraîchage biologique diversifié. C’est à Courcelles sur Aujon que ce jeune homme originaire de Brottes a élu domicile pour cultiver ses 1,5 ha, dans le respect du mode de production biologique. Portrait.

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- © MARINE BAU CHAMBRE D'AGRICULTURE

 

MARINE BAU : BAPTISTE, POURQUOI AVEZ-VOUS DÉCIDÉ DE VOUS INSTALLER EN TANT

QU’AGRICULTEUR ? QUELLES ONT ÉTÉ VOS MOTIVATIONS ?

Baptiste Gallissot : Plus que de m’installer agriculteur, c’est surtout m’installer en tant que maraîcher qui m’a toujours attiré et motivé. Tout ceci est en fait lié à mon parcours de vie. Déjà, je voulais vivre en milieu rural avec la perspective d’une qualité de vie supérieure et d’avoir la satisfaction d’être mon « propre patron ». Et puis, j’ai exercé un temps la fonction d’animateur socioculturel, à Grenoble, dans le cadre d’un dispositif relais (avec des jeunes en décrochage scolaire). Je me suis rendu compte, en travaillant avec ces jeunes en difficulté, que c’est par une approche concrète que l’on arrive à quelque chose. L’idée de travailler à la ferme pouvait être un excellent support de travail éducatif ou ludique, notamment par un rythme de travail cohérent avec les cycles des plantes, de la terre et des saisons.


MB :
MAIS ALORS, L’INSTALLATION DANS TOUT ÇA ?

BG : Avant de pouvoir véritablement utiliser le support agricole pour travailler avec un public spécifique, il était important pour moi de m’essayer au travail de la terre. Je ne suis pas issu du milieu agricole, il me fallait donc être sûr que le métier d’agriculteur, de maraîcher en l’occurrence, me corresponde. Donc en 2009, je suis parti faire du wwoofing* au Québec, au sein de plusieurs exploitations maraîchères biologiques. C’est lors de ce séjour que je me suis rendu compte de la rudesse du métier de maraîcher, de l’investissement physique que celui-ci demande et j’ai pris conscience également de toute la technicité qui en découlait. Mais je me suis aussi rendu compte à quel point cela me passionnait et à quel point je voulais en faire mon métier.

 

MB : ALORS VOUS AVEZ MIS L’ACCUEIL DES JEUNES EN DIFFICULTÉ DE CÔTÉ ?

BG : Non c’est dans un coin de ma tête et c’est même mon projet à long terme. Mais avant d’accueillir des jeunes sur mon exploitation, il faut que je maîtrise le savoir-faire pour pérenniser l’entreprise. Cela demande du temps. Il faut se former. Je suis actuellement en cours d’installation, l’accueil, ça viendra ensuite. Au retour du Québec, j’ai passé mon BPREA à Choignes avec option maraîchage biologique, afin d’obtenir des connaissances théoriques et aussi pour avoir la capacité agricole. J’ai aussi commencé à chercher des terres pour m’installer. Tout s’enchaîne petit à petit. Je dois quand même remercier mes proches pour leur soutien, parce qu’un projet d’installation ce n’est pas rien. D’ailleurs l’accompagnement technique et humain des conseillers de la Chambre d’Agriculture est aussi très précieux. Grâce à tout ça, j’espère passer en CDOA en Septembre pour véritablement pouvoir être maraîcher biologique.


MB : L’AGRICULTURE BIOLOGIQUE VOUS TIENT À COEUR. POURQUOI AVOIR FAIT LE CHOIX DE CE MODE DE PRODUCTION ?

BG : Compte tenu de mon éthique personnelle et mes convictions, je ne me vois pas produire autrement qu’en bio. Comme je m’installe sur d’anciennes prairies, je pourrai directement être labellisé bio sans passer par la période de conversion des terres. Et comme je souhaite commercialiser en circuit court, produire en bio, c’est idéal. C’est pour moi un acte citoyen parce qu’en s’engageant dans l’Agriculture Biologique, on entre dans une démarche de production de qualité, en proposant une production respectueuse de l’environnement et de la santé. En pratiquant l’Agriculture Biologique, on appréhende le sol et les plantes d’une manière particulière en privilégiant l’agronomie. En plus en m’installant en Haute- Marne, je suis dans un territoire où il y a la place économiquement pour ce type d’atelier ; sans parler du réseau d’Agriculteurs Biologiques, via le GAB 52, où l’entraide est très forte. C’est pour toutes ces raisons que je souhaite produire en bio.

 

Pour tout renseignement sur l’Agriculture Biologique (réglementation, démarches administratives, animations, etc.),

n’hésitez pas à contacter Marine Bau (GAB 52/CA) 03 25 35 03 35

ou mbau@haute-marne.chambagri.fr

 

Pour tout renseignement sur l’installation : service ODASEA : 03 25 35 03 42

et Point Info Installation  03 25 35 03 06

 

 

LE WWOOFING*, C’EST QUOI ?

C’est un concept en plein essor où un fermier qui pratique l’Agriculture Biologique accueille un voyageur motivé prêt à s’investir et à rendre service sur la ferme contre le gîte et le couvert. Un mot-clé : l’échange !

Plus d’infos : http://www. wwoof.fr/wwoofing.htm

 

 



 

BIEN PENSER LA COMMERCIALISATION DE SES LÉGUMES BIO


Soucieux de s’intégrer dans une dynamique biologique locale, Baptiste envisage la commercialisation de ses produits selon différents axes :

- Vente en paniers –

- Magasins de producteurs

- Vente en direct à la ferme. « les gens pourront venir chercher les légumes de leur choix directement chez moi, pendant les horaires d’ouverture »

En diversifiant ses débouchés, Baptiste ne veut se fermer aucune porte et surtout pouvoir faire bénéficier de ses produits biologiques le plus possible à la population locale.

« Et si des consommateurs motivés souhaitent monter une AMAP [Association pour le Maintien d’Une Agriculture Paysanne], qu’ils n’hésitent pas à me contacter ! ».



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