L'Avenir Agricole et Rural 02 mai 2014 à 10h14 | Par T. Morillon

AGRICULTURE BIOLOGIQUE - Les avantages de l’agriculture biologique

Cette semaine a eu lieu des portes ouvertes chez Fabrice Habigand, producteur de lait bio à Damrémont. Les exploitants ont pu se renseigner sur les conditions de conversion.

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Les agriculteurs ont profité des portes ouvertes pour visiter la ferme et se renseigner sur les conditions de conversion.
Les agriculteurs ont profité des portes ouvertes pour visiter la ferme et se renseigner sur les conditions de conversion. - © T.M.

Fabrice Habigand a raconté comment il s’est tourné vers ce mode de production. Reprenant l’exploitation familiale en système extensif en 1980, il rachète 30 ha de terres, amenant sa surface totale à 121 ha. En 2000, il produit de l’emmental grand cru Entremont, puis la filière disparaît. Il revend du lait standard pendant quatre années et commence à réfléchir à un autre système d’élevage.

Se réorganiser

Sa laiterie lui conseille de faire du lait biologique, il se renseigne auprès de la Chambre d’Agriculture. Au cours d’une réunion, on lui présente le cahier des charges, puis un technicien visite son exploitation. Fidèle aux normes bios, Fabrice Habigand est tout de suite convaincu : «Ce système correspondait à mes attentes, je faisais quasiment du bio sauf pour les soins et puis ça me fait plaisir de réduire les intrants. Je réapprends à cultiver et je redécouvre les plantes». La Chambre d’Agriculture l’accompagne pendant sa conversion qui va durer deux ans. L’exploitant doit alors miser sur l’autonomie alimentaire et la complémentarité élevage-cultures en mettant en place une rotation : RGI-TV, RGI-TV, maïs grain (pour la sécurité alimentaire), mélange de printemps (pour assurer le rendement), blé. Sur sa surface totale de 121 ha, 16 ha sont consacrées aux cultures, 9 ha pour du RGI et du trèfle violet, enfin 95 ha sont en prairies permanentes. Il n’augmente pas son cheptel qui reste à 52 montbéliardes avec 21 génisses élevées par an, son volume de production de lait reste identique : 240 000 l.

Fabrice Habigand produit du lait certifié AB depuis 2012. Les veaux sont sevrés à 3 mois avec 540 litres de lait de vache, ils reçoivent du foin à disposition et du mélange céréalier à volonté (orge de printemps, avoine, vesces, pois). Dès le printemps, les veaux sont en pâture près du hangar avec du foin et du mélange céréalier. Les génisses plus âgées vont en pâture sur deux parcs de 15 ha. Les animaux ont un traitement approprié  contre les parasites (strongles et douve). Pendant l’hiver, la ration des génisses est composée de foin avec 1kg de mélange céréalier. La quantité de concentré par génisse élevée est de 430 kg/an.

Autonomie alimentaire et profit

Les fourrages et les céréales sont produits en totalité sur l’exploitation, le sel et les minéraux biologiques proviennent de l’extérieur. Les rations d’hiver se composent de 6 kg de foin et autant d’enrubannage RGI-trèfle violet pour les fourrages. Pour les concentrés : 3,5 kg MS de maïs grain humide à l’auge, 1 à 3 kg de mélange céréalier dans un DAC et 100 gr de minéraux. La ration pendant la période de pâturage se compose d’herbe pâturée avec du foin et de l’enrubanné à volonté. Entre 1 à 3 kg de mélange céréalier est donné, mais uniquement au début. Toutes les génisses sont conservées pour du vêlage 3 ans et la monte naturelle est pratiquée en totalité.

D’octobre 2012 à septembre 2013, 200 000 litres de lait sont vendus à 437, 15 euros/1 000 l et 12 000 litres sont distribués aux veaux. Les vaches ont produit en moyenne 4 200 litres, en dessous de leurs performances, à cause des problèmes climatiques et de la mauvaise qualité des fourrages. La quantité de concentrés est estimée à 340 kg de mélange céréalier et 360 kg MS maïs humide/vache, soit 170 gr/litre et 41 euros/1 000 l. Le système bio a permis à l’exploitation de faire 20 000 euros de plus-value en produits, pour le même volume, en comptant sur les aides à la conversion. De plus, l’autonomie fourragère permet de diviser par deux les charges opérationnelles (voir tableau ci-contre) sans être tributaire des cours de l’aliment.

Le bio est également présent dans la filière viande, la demande est grande, surtout pour les steaks hachés. Le prix est supérieur d’environ 20 %, mais selon les années, il peut être le même que la viande conventionnelle.. Le bio exige une approche globale personnalisée du système d’exploitation d’un candidat à la conversion. Quelle que soit la filière, il est important de se renseigner pour savoir si le marché du bio est porteur dans votre secteur. Pour tous renseignements, vous pouvez contacter la Chambre d’Agriculture.

Suite de cet article dans notre édition du 02 Mai 2014.

Les fermes bio ouvertes sont des portes ouvertes à l’initiative de la Fédération Régionale des Agrobiologiques (FRAB) et son réseau (GAB 52), en partenariat avec la Chambre d’Agriculture de Haute-Marne et sa mission agronomique de protection des eaux (MAPE). Grâce au soutien financier du Conseil Régional et des Agences de l’Eau Rhin Meuse et Seine Normandie, ces portes ouvertes ont pour objectifs de faire (re)découvrir le mode de production bio, sous l’angle de la protection de la qualité de l’eau. Des pratiques alternatives à la portée de tous, visant entre autres, à reconquérir et préserver la qualité de l’eau. En Haute-Marne, certains captages d’eau potable et des cours d’eau sont pollués par les pesticides d’origine agricole. Les fermes bio permettent de préserver la qualité de l’eau puisqu’aucun intrant chimique n’est toléré.

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