L'Avenir Agricole et Rural 01 septembre 2011 à 11h29 | Par L. GEORGES

Agriculture Biologique - Le coût de production de l’atelier lait en agrobiologie

Les références issues des suivis de fermes laitières en production biologique ont été analysées pour la campagne laitière 2010 et sont confrontées aux résultats obtenus dans les fermes conventionnelles. Ces synthèses sont l'occasion de comparer les systèmes et les modes de production coexistants sur le département.

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Le prix de revient du lait est un critère intéressant à connaître pour son exploitation Les aides à la conversion bio prennent alors toute leur importance, même si elles ne compensent pas forcément la perte en cas de changements importants durant la conversion.

Dans un contexte de contractualisation, les éleveurs laitiers ont été nombreux à vouloir connaître le coût de production et le prix de revient de leur lait. En complément des stages réalisés en début d'année pour les systèmes conventionnels, un groupe d'éleveurs biologiques s'est réuni pour analyser ces indicateurs économiques et faire le lien avec leurs itinéraires techniques mis en œuvre sur leur exploitation.

Les coûts de production des ateliers laitiers 2010 décryptés

Neuf exploitations laitières biologiques étaient présentes. Le stage s'est déroulé sur la même trame que les autres, la méthode de calcul du coût de production a été expliquée puis appliquée pour chaque ferme à partir des résultats comptables de la campagne 2010.Les échanges entre producteurs sur chacun des postes du coût de production a permis de comprendre les raisons d'un surcoût ou d'une économie de charges par rapport à la moyenne : le choix d'une ration et des objectifs de productivité, une politique de mécanisation, l’existence d’un d'un forage d'eau, etc… Pour les différents postes de charges, les éleveurs bio ont souhaité comparer leurs résultats avec les élevages conventionnels suivis par les techniciens de la Chambre d’Agriculture (52 résultats Galacsy sur la même période comptable).

On retrouve parmi les stagiaires les particularités de l'élevage biologique :
* Des charges alimentaires plus faibles qui s'expliquent par une recherche d’autonomie maximale, des systèmes fourragers à base d'herbe et des concentrés autoproduits.

* Des charges de mécanisation et de bâtiments supérieures. Ces charges fixes ont tendance à pénaliser ces ateliers en bio qui sont basés sur des objectifs de productivité animale inférieure. L’amortissement des ces outils de production se dilue sur des volumes de production plus faibles.

* Des charges de main d'œuvre élevées, qui sont le reflet d’une moindre productivité de la main d’œuvre. La quantité de lait livré par unité de main d’œuvre est inférieure de 110 000 litres chez les producteurs en bio par rapport aux conventionnels (150 000l/UMO en AB contre 260 0000l/UMO en conventionnel).

Une meilleure rentabilité permise par une bonne valorisation du lait

Malgré des charges opérationnelles de l’atelier plus faibles en AB, le coût de production total (y compris main d‘œuvre) du lait bio est plus élevé de 140€/1000l qu'en conventionnel.
Le prix de revient du lait est le prix minimum auquel le lait doit être vendu pour couvrir les coûts de l’atelier. Le prix de revient du lait doit donc être analysé au regard de l’espérance du prix de vente.
La valorisation supérieure des animaux laitiers finis avec le logo AB (20€/1000l) et les engagements de ces élevages dans des mesures agro-environnementales permettent d’abaisser le prix de revient du lait commercialisé.Même si le prix de revient est plus élevé en mode biologique (406€/1000l), la bonne valorisation du lait bio (424€/1000l) permet à l’atelier laitier de dégager un bénéfice pour assurer de la trésorerie. Par contre, en conventionnel, avec un prix de revient de 344€/1000l le prix de vente du lait de 323€/1000l ne permet pas de couvrir la totalité des charges de l’atelier.Au cours de ce stage "Coût de production du lait bio", les éleveurs qui n’étaient pas en rythme de croisière en AB ont subit un déficit d’environ 20€/1000L. Il sera comblé lorsque la totalité du lait sera certifié AB.Les aides à la conversion bio prennent alors toute leur importance, même si elles ne compensent pas forcément la perte en cas de changements importants durant la conversion.
Le prix de revient du lait est un critère intéressant à connaître pour son exploitation et surtout à analyser au regard de systèmes de production comparables. Mais en tout état de cause, cette approche ne doit pas être dissociée de l’analyse globale du fonctionnement de l’exploitation, surtout dans nos systèmes où l’atelier laitier est rarement seul.Après une première session appréciée, le stage "Coût de production de l'atelier laitier" peut être reconduit sur demande (pour le mode de production biologique ou conventionnel).
Contact pour le calcul du coût de production de l’atelier lait : D COUEFFE

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