L'Avenir Agricole et Rural 01 septembre 2011 à 11h41 | Par Daniel Coueffe

Agriculture Biologique - Analyse des fermes laitières bio de référence en 2010

L'analyse du coût de production de l'atelier laitier ne doit pas être déconnectée de l'approche globale de l'exploitation.

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Les suivis des fermes en bio de Haute Marne permettent l'acquisition de références techniques et économiques. La synthèse de ces références est réalisée avec le soutien du Conseil Régional et de l'Agence de l'Eau Seine Normandie. 
Le réseau de fermes de références lait en agriculture biologique compte 7 exploitations. Tous les systèmes sont représentés : herbager/polyculture, spécialisé/non ; avec plusieurs races : Prim'Holstein, Montbéliardes et Simmental.Les résultats obtenus sont comparés à ceux des exploitations conventionnelles suivies par le service élevage de la Chambre d’Agriculture.

Des systèmes fourragers reposants sur la valorisation des prairies…

Les structures bio sont en moyenne plus petites qu'en conventionnel, le quota y est moins important (- 18 000 l/UMO) mais la densité laitière par hectare de SAU est plus élevée du fait d'une spécialisation plus marquée.Dans les exploitations bio, l’herbe représente la base du fonctionnement de l’exploitation. En fonction de la localisation, les prairies permanentes représentent de 50% à 100% de la SAU. Elles sont conduites de façon extensive avec un chargement proche de 1UGB/ha de SF. Ces systèmes fourragers sont conduits sans ensilage de maïs, pour une raison de rationnement : les tourteaux correcteurs AB pour équilibrer des rations comprenant plus d’un tiers de maïs sont chers. Durant la conversion, le maïs est remplacé par des prairies artificielles dans un double objectif :- agronomique : en tête de rotation pour limiter le salissement et les risques de maladies. Elles sont souvent cultivées avec une base de légumineuses pour préserver le capital fertilisant du sol.- alimentaire : cette production fourragère permet d’obtenir une ration de base élevée pour les vaches et permet de s’affranchir du besoin en concentrés azotés, rares et chers en AB.Cet assolement permet d’approcher l’autonomie totale dans les régions de polyculture où la sole cultivable dépasse 30% de la SAU.

… et la recherche d’une conduite économe adaptée

La productivité moyenne est stable à 5000l économique par vache avec 1000 kg de concentré, mais certaines exploitations atteignent plus de 6000l (contre 6400 l en conventionnel avec 1570 kg de concentré).Si la productivité animale est plus faible, elle est compensée par l’écart de prix de +100€/1000l et par une bonne valorisation des réformes (+20% à +25%) pour les exploitations ayant fini leur conversion. Aujourd’hui, les 7 exploitations présentées sont collectées en AB et valorisent leurs produits dans la filière Bio.

La conduite technique du troupeau est bien adaptée aux contraintes du cahier des charges ; le coût de l’alimentation, concentrés et SFP, est inférieur de 2 €/1000l et celui du sanitaire de près de 7€/1000l. La prévention, l'utilisation de produits vétérinaires alternatifs* et la maîtrise des concentrés priment avant la recherche de productivité. De ce fait, la conduite de ces ateliers est très économes et va au-delà des préconisations pour des systèmes sans ensilage de maïs (210gr/l).Ces deux atouts permettent de dégager une marge brute de l’atelier laitier supérieure de 120€/1000l produits.

Une efficacité économique moins dépendantedes conjonctures fluctuantes

La meilleure valorisation liée à la vente des produits et la bonne maîtrise des charges de production permettent de dégager une marge brute globale supérieure de 190€/ha de SAU. Par contre, ces systèmes sont pénalisés par le poids des charges de structures qui ne sont pas proportionnelles aux volumes de production.
Sur les aspects productivité du travail, il existe des écarts de productivité qui restent inexpliqués, aucune donnée ne permet d'affirmer qu'il s'agisse d'un choix d'éleveur en recherche une certaine qualité de vie ou d'une contrainte du système. Rappelons que l'agriculture biologique encourage l'emploi rural et de bonnes conditions de travail et de vie des producteurs.
Malgré cet écart, l’excédent brut dégagé par unité de main d’œuvre sur plusieurs années est comparable aux conventionnels.

Ces systèmes plus autonomes engagés sur des créneaux de commercialisation de qualité sont moins dépendants des conjonctures économiques, ce qui garantit un revenu stable depuis 2 ans.

- © Chambre d’Agriculture

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