L'Avenir Agricole et Rural 06 septembre 2018 à 10h00 | Par ALEXIS DECARRIER - MÉLANIE FRANCHE - PHILIPPE HAUPRICH

Agir dès l’automne contre le vulpin pour rattraper les infestations de ce printemps

La gestion des graminées, notamment les vulpins, rencontre des difficultés croissantes et aboutit à un nombre de plus en plus élevé de parcelles présentant des infestations importantes en vulpins.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Illustration de l’infestation en vulpins dans une parcelle non désherbée et une parcelle désherbée «Automne+SH» – Essai ARVALIS 2018 – Crenay [52].
Illustration de l’infestation en vulpins dans une parcelle non désherbée et une parcelle désherbée «Automne+SH» – Essai ARVALIS 2018 – Crenay [52]. - © Arvalis

La gestion des graminées, notamment les vulpins, rencontre des difficultés croissantes et aboutit à un nombre de plus en plus élevé de parcelles présentant des infestations  importantes en vulpins. Conséquences pour ces parcelles : impact direct (parfois très important) sur le rendement, dégradation de la qualité (exemple de la présence d’ergot cette année) et augmentation du stock semencier pour les années à venir.
Le levier le plus efficace reste le labour. Mais parmi les autres leviers les plus couramment utilisés à l’automne, le faux-semis devrait cette année être efficace, du fait d’une dormance des graines de vulpins 2018 a priori faible.

Campagne 2017-2018 : un impact sur le rendement important
Au printemps dernier, un grand nombre de parcelles ont montré de fortes infestations en vulpins, malgré des désherbages à l’automneréalisés dans des conditions optimales d’humidité et de température. Bien que les vulpins lèvent préférentiellement en septembre-octobre, les pluies continuessur la période février-mars ont entraîné des relevées en sortie d’hiver. Les créneaux de désherbage en sortie d’hiver ont néanmoins été très peu nombreux et les rattrapages trop tardifs ont été réalisés sur des vulpins déjà très (trop ?) développés. Au final, l’impact des vulpins en situation d’échec de désherbage
est loin d’être négligeable : plusieurs dizaines de quintaux/ha sont souvent en jeu.

Par exemple, notre essai mené sur sol argilo-calcaire [Crenay –52] montre une différence de 53
q/ha entre le témoin non désherbé et la modalité «Automne+SH», pour une date de semis classique
fin septembre [Figure n°1]. A noter sur cet essai, une pression vulpin divisée par 2 (nuisibilité) pour un décalage de 15 jours de la date de semis.

Faux-semis : intéressant cette année en cas de retour des pluies

Le faux-semis consiste en un travail superficiel du sol (1 à 3 cm de profondeur) pour faire lever les adventices, avant de les détruire en amont du semis de la culture d’hiver : l’objectif est donc de diminuer le stock semencier de la parcelle. Cette technique est à réaliser au moins 3 semaines avant le semis de la culture, en sachant que plusieurs faux-semis peuvent être réalisés si le temps et la météo le permettent. La réussite d’un faux-semis, sur vulpins, dépend de 3 éléments clés :
- L’outil utilisé : le travail du sol
doit être superficiel avec une préparation fine du sol pour un bon contact sol-graine. Les herses de déchaumage, les bêches roulantes, les vibrodéchaumeurs ou des déchaumeurs à disques indépendants montrent de bons résultats.
- Des conditions climatiques permettant d’aboutir à une préparation fine du sol et une humidité suffisante pour favoriser la germination des graines de vulpins.
- L’état de dormance des graines de vulpins : des études anglaises récentes ont montré que les conditions de températures lors de la maturation des graines de vulpins (période fin mai – mi-juin) avaient une forte influence sur l’état de dormance des graines : plus il fait chaud sur cette période, plus la dormance est faible et plus la réalisation d’un ou plusieurs fauxsemis durant l’automne qui suit est pertinente.
Cette année, il a fait chaud entre le 20 mai et le 20 juin 2018 : on peut donc aisément imaginer que les dormances de vulpins seront faibles cette année [Figure n°2].
A noter : il faut être vigilant dans la manière de détruire les vulpins et autres adventices levés suite à la réalisation d’un fauxsemis.
Il est possible de les détruire avant le semis à l’aide d’un passage d’outil en conditions sèches, afin de limiter le risque d’un nouvel effet faux-semis, ou avec l’application de glyphosate plus souple d’emploi. De la même manière, pensez à semer «sans faire de terre» pour éviter les relevées au semis.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 07 septembre 2018.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2522 | novembre 2018

Dernier numéro
N° 2522 | novembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui