L'Avenir Agricole et Rural 27 mai 2011 à 12h00 | Par Jean-Louis BLONDEL

AGEVILLE - La plus value diminue

La coopérative d’Ageville a tenu son assemblée générale le 12 mai dernier. La location gérance avec Entremont permet de maintenir des comptes positifs et un niveau de rémunération des producteurs acceptable mais la plus value du lait, de «foin» diminue.

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La coopérative s’est mise en location gérance le 1er juillet 2007 pour une durée de 10 années avec la société Entremont laquelle a confié à sa filiale Juragruyère la valorisation de l’emmental grand cru.


Une plus value de24 €/1 000 litressur les 6 dernières années


Après la présentation statutaire des comptes qui sont bénéficiaires de l’ordre de 50 000 € principalement grâce à une plus value réalisée sur la cession des équipements qui étaient quasiment amortis, le débat s’est logiquement focalisé sur le prix du lait.Philippe Henriot responsable «relations producteurs» chez Entremont et Eric Chevalier responsable administratif de Juragruyère ont dû répondre aux interrogations des producteurs qui constatent une érosion relative à la valorisation de leur lait.Ainsi en 2010 le prix moyen ressort à 351,39 €/1 000 litres primes de qualité comprise pour une collecte de 13,7 millions de litres auprès de 34 producteurs.En prix de base l’écart avec le lait standard diminue progressivement  et le lissage du prix par semestre peut même engendrer ponctuellement une différence négative. L’écart d’avril 2011 n’a, par exemple été, que de 4,44€/1000 litres, néanmoins les responsables d’Entremont se défendent en rappelant que sur une période de 6 ans, l’écart est positif de 24 ct, (293 pour le lait standard et 317 pour le Grand Cru).Actuellement l’emmental Grand Cru a des difficultés pour être bien valorisé dans les linéaires. Le tonnage est d’ailleurs passé en quelques années de 15 000 tonnes à 5 000 tonnes alors que dans le même temps le Comté a progressé de 30 000 à 50 000 tonnes.Les éleveurs ont donc interpellé les représentants d’Entremont en leur demandant d’améliorer le marketing et d’essayer de reconquérir les parts de marchés.Actuellement près de 40 % du litrage n’est pas valorisé en Grand Cru ; ce qui impacte forcément la valeur ajoutée. Une meule est commercialisée autour de 5,1€/kg et le consommateur la paie souvent 9 à 10 €. Cette marge a été vigoureusement contestée par les coopérateurs présents, mais il ne s’agit malheureusement pas d’un cas isolé…Le rapport de forces est difficile Juragruyère croit toutefois en la valorisation à terme des fromages labellisés et de type AOP. Même si chaque produit doit trouver son propre équilibre, l’emmental Grand Cru peut néanmoins compter sur la logistique de Juragruyère qui assume maintenant pleinement la commercialisation de ses propres produits. Cette «autonomie» peut être profitable au Grand Cru qui peut désormais trouver aussi sa valorisation dans le coupé préemballé voire le râpé.


Le lait de «foin» ne coûtepas plus cher


Le lait de foin coûte-t-il plus cher que le lait d’ensilage ? Le Président du Syndicat du Grand Cru répond que des études menées en Haute-Saône sur des échantillons représentatifs font au contraire ressortir une performance économique moindre en maïs. La récolte de foin reste cependant aléatoire et la sécheresse inquiète les éleveurs qui évoquent un déficit fourrager coûteux. En toute hypothèse il s’agit d’une contrainte de production qui doit être rémunérée et Juragruyère ne dit pas le contraire, c’est simplement une question d’amplitude. La prime de 15 €/1 000 l actuelle ne semble pas satisfaire les producteurs.


Une confiance renouvelée


Malgré ces difficultés et les inquiétudes sur l’avenir du créneau emmental Grand Cru les coopérateurs d’Ageville ont voté à la quasi-unanimité la résolution portant quitus au Conseil d’Administration présidé par Jean Louis Thevenin, sans aucun doute soulagés d’être libérés des contraintes de transformation et de commercialisation que leur aurait occasionné le maintien du site de transformation d’Ageville.Cette relative sérénité durera-t-elle au-delà de la location gérance du 30 juin 2017 ? Personne ne peut le prédire mais il restera toujours la possibilité pour les coopérateurs d’Ageville de devenir coopérateurs de Sodiaal qui est désormais propriétaire de Juragruyère suite à la reprise d’Entremont.Pour le moment ils ne sont pas concernés.

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