L'Avenir Agricole et Rural 15 janvier 2009 à 17h20 | Par F.Thevenin

ADCL 52 - TOUT FAIRE POUR SE SORTIR DES MAMMITES

Les assemblées de section de l'ADCL avait pour sujet technique : les mammites. A la suite d'une étude près de nombreux adhérents, des enseignements ont été tirés afin de donner des pistes de travail aux éleveurs qui rencontrent ce problème récurrent. Présentation de Philippe Gillet et Jean-Claude Matry.

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Les pratiques de traite n'influent pas beaucoup la fréquence des mammites.
Les pratiques de traite n'influent pas beaucoup la fréquence des mammites. - © REUSSIR

En Haute-Marne, le parc bâtiment de l'élevage bovin comprend 5 % d'entravée, 53 % de logettes et 42 % de stabulation libre. Au cours des années, la diminution des stabulations au profit des logettes est manifeste et ce choix influe directement sur les infections mammaires. En stabulation libre, la fréquence des mammites est de 70 % soit 70 vaches sur 100 touchées en un an. En entravée, le pourcentage est de 42 % et en logettes, il est de 34 %.
Il faut savoir que même bien conçue et bien utilisée, la stabulation libre reste porteuse de mammites. Il faut particulièrement veiller sur la ventilation, la conception du bâtiment, le respect des normes de remplissage et la qualité de la paille.
Sur la paille, il apparaît que trop de paille est aussi préjudiciable que pas assez et la multiplication des curages de la stabulation n'est pas l'assurance d'une diminution des mammites. En fait, le problème est plus global et porte sur le bâtiment dans son ensemble.

D'autres résultats sont déroutants... Par exemple, dans les élevages avec accès direct au couchage pour les vaches, la fréquence des mammites est de 52 %. Dans les autres, sans accès direct, la fréquence est de 48 % !

Les races


En matière de races, la hiérarchie est connue pour les cellules. Celle pour les mammites reste à confirmer. Il apparaît que la fréquence des mammites chez les Prim'holsteins est de 59 % du fait de sphincters trop ouverts. Chez les Simmentals, elle est de 38 % et chez les Montbéliardes, elle est de 32 %.
En logettes, la fréquence des mammites chez les Prim'holsteins tombe à 37 % alors qu'elle est de 80 % en stabulation. Pour les Simmentals en logette, la fréquence est de 14 % alors qu'elle est de 50 % en stabulation.

 

En aire paillée, l'examen des premiers jets donne une fréquence des mammites à 84 % alors qu'elle est de 62 % chez ceux qui n'examinent pas ce premier jet. En fait, « quand on cherche, on trouve... ». Le plus intéressant est le niveau des contaminations des vaches laitières lorsque la contrainte bâtiment n'est pas trop forte.
Pour conclure sur le sujet et résumer leur propos, Philippe Gillet et Jean-Claude Matry notent une très nette amélioration des pratiques depuis la dernière étude (2 003) avec un nivellement des pratiques vers le haut. Ils remarquent également un renforcement des pratiques dans les élevages à problématiques mammites. Enfin, ils insistent sur le fait que le poids du bâtiment écrase l'impact des pratiques de traite.

La conduite de troupeau

L'étude de l'ADCL et de la Chambre montre qu'il n'y a pas de liaison entre le système alimentaire ou le niveau d'apports azotés et les mammites alors qu'en stabulation, les éleveurs ont tendance à limiter les apports azotés d'eux-mêmes en cas de problèmes.
Lors du tarissement, des pratiques peuvent faire baisser le nombre de mammites : la séparation des taries et l'alimentation adaptée avant vêlage. A l'inverse, l'introduction des vaches ou des génisses après vêlage n'a aucun impact. Par contre, là encore, les logettes sont particulièrement intéressantes pour limiter le nombre de mammites. La fréquence des mammites des taries en stabulation est de 45 % alors qu'il n'est que de 23 % en logettes.

Les pratiques de traite

Les éleveurs haut-marnais sont équipés à 77 % d'Epi, 7 % de pipeline, 11 % de traite par l'arrière, 1 % de robot, 2 % de Roto et 2 % de tandem. En Epi, la fréquence des mammites est de 53 % alors qu'elle est de 55 % en pipeline et de 45 % en TPA. En fait, ces chiffres sont dépendants de la vétusté des installations. Par exemple, les TPA sont les installations les plus récentes et elles ont, par conséquent, les fréquences les plus basses. Les installations pipelines sont les plus anciennes et les fréquences sont les plus élevées.
Lorsque les pratiques de traite sont examinées de près, les interprétations sont très compliquées puisqu'il apparaît que les éleveurs qui ont des pratiques correctes sont également ceux qui ont le plus de mammites. Il faut peut-être alors parler de prédominance des effets croisés (technique de préparation, propreté des lavettes, post-trempage...). En aire paillée, une hygiène globale à la traite non satisfaisante donne 110 % de mammites. Si l'hygiène est satisfaisante, la fréquence tombe à 67 %. En logettes, les résultats sont respectivement de 20 % et 35 %.

D'autres résultats sont déroutants... Par exemple, dans les élevages avec accès direct au couchage pour les vaches, la fréquence des mammites est de 52 %. Dans les autres, sans accès direct, la fréquence est de 48 % !

En aire paillée, l'examen des premiers jets donne une fréquence des mammites à 84 % alors qu'elle est de 62 % chez ceux qui n'examinent pas ce premier jet. En fait, « quand on cherche, on trouve... ». Le plus intéressant est le niveau des contaminations des vaches laitières lorsque la contrainte bâtiment n'est pas trop forte.
Pour conclure sur le sujet et résumer leur propos, Philippe Gillet et Jean-Claude Matry notent une très nette amélioration des pratiques depuis la dernière étude (2 003) avec un nivellement des pratiques vers le haut. Ils remarquent également un renforcement des pratiques dans les élevages à problématiques mammites. Enfin, ils insistent sur le fait que le poids du bâtiment écrase l'impact des pratiques de traite.

La conduite de troupeau

L'étude de l'ADCL et de la Chambre montre qu'il n'y a pas de liaison entre le système alimentaire ou le niveau d'apports azotés et les mammites alors qu'en stabulation, les éleveurs ont tendance à limiter les apports azotés d'eux-mêmes en cas de problèmes.
Lors du tarissement, des pratiques peuvent faire baisser le nombre de mammites : la séparation des taries et l'alimentation adaptée avant vêlage. A l'inverse, l'introduction des vaches ou des génisses après vêlage n'a aucun impact. Par contre, là encore, les logettes sont particulièrement intéressantes pour limiter le nombre de mammites. La fréquence des mammites des taries en stabulation est de 45 % alors qu'il n'est que de 23 % en logettes.

Coût économique


Une estimation d'un coût économique des mammites a été effectuée sur un élevage réel. Cet élevage compte 40 vaches laitières pour un quota de 285 000 litres et un comptage cellule à 300 000. Les éleveurs ont dénombrés 30 mammites par an. Ils se sont fixés comme objectif de descendre à 150 000 cellules et 8 mammites par an et peuvent ainsi estimer les coûts et pertes.

Le calcul poste par poste fait apparaître :

- Pénalités sur un an (production mensuelle x pénalités mensuelles) = 900 euros
- Lait en moins (2 % par tranche de 100 000 soit 4 750 litres de lait en moins dont 2 000 litres aux veaux et surcoût alimentaire 2 750 litres) = 400 euros + 140 euros
-  Traitement (19 mammites banales, 3 graves, 17 subcliniques) = 750 euros
-  Lait non commercialisé (jeté ou donné au veau) = 420 euros
-  Réformes anticipées (3 vaches) = 530 euros
- Impact des mammites sur la reproduction = 165 euros
Au total, la perte est de 3 300 euros !

En Haute-Marne, la fréquence des mammites des de53%
En Haute-Marne, la fréquence des mammites des de53% - © REUSSIR

DISPOSITIF ET RESULTATS BRUTS

 

Pour l'enquête sur les mammites, l'ADCL et la Chambre d'Agriculture sont partis sur une base de 302 élevages qui ont été interrogés sur leurs pratiques et 204 élevages sur la connaissance des mammites durant 12 mois. En croisant les données, 154 exploitations ont été étudiées avec « exhaustivité » et 44 ont été suivies pour les mammites.

Il apparaît que 50 % des élevages sont à moins de 37 mammites pour 100 vaches. 50 % des élevages ont également plus de 37 % de mammites pouvant aller jusqu'à 200 % soit 2 mammites par vache et par an.
En Haute-Marne, la fréquence moyenne des mammites est de 51 % soit une vache sur deux touchées par an.

La répartition de ces mammites au cours de l'année montre qu'il existe un réel effet saison avec deux fois plus de mammites d'octobre à mars par rapport à avril/septembre. A noter que cette tendance est précisément l'inverse de celle des cellules.
Suite à cette étude, il apparaît également que la taille de l'exploitation et la productivité n'expliquent pas la fréquence des mammites. De la même manière, ces mammites ne sont pas liées au nombre de cellules.

Par contre, les problèmes de mammites ont un impact direct sur la production. De manière évidente, pour des volumes de productions comparables, il existe davantage de sous réalisations dans les élevages à problème. L'explication est simple : une quantité de lait plus importante est écartée afin de livrer un lait aux normes.

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