L'Avenir Agricole et Rural 23 novembre 2007 à 00h00 | Par F.Thevenin

Actualités - Retour d’Italie

Plus de 300 vaches laitières en aire paillée, un atelier de transformation à la ferme, un individualisme sans complexe, en apparence : peu de contraintes administratives.

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Entre Rome et Naples, il existe une agriculture diversifiée nichée entre montagnes et mer qui coexiste avec un urbanisme anarchique. On trouve dans la région du Lazio, des oliviers, des fruits et légumes ….  et quelques élevages laitiers importants de vaches Bufflonnes ou Frisonnes qui jouent la carte de la transformation à la ferme (lait en bouteille, Mozzarella, Ricotta, fromages frais aux herbes et épices…).
Nous sommes ici dans la patrie de la Mozzarela, de l’huile d’olive, des fruits et légumes, de la Dolce Vita et de la Camorra.
L’exploitation «STRAVATO CLAUDIO» se trouve dans la plaine de Fondi en province de Latina dans une vallée à 3 Km de la côte tyrrhénienne, entre la magnifique localité de Sperlonga et le parc national de Circeo
On y élève 300 vaches Frisonnes et le renouvellement, soit quand même plus de 500 têtes de bétail nourries sur une surface de 150 Ha.
50 % de la production part en transformation et vente directe. Le lait est mis en bouteille sur place (2000 bouteilles/ jour) ou transformé en fromage.
Les animaux sont logés dans des bâtiments non fermés, dotés de ventilateurs pour les périodes de fortes chaleurs. «6 à 7 m2 par vache c’est un peu juste» reconnaît volontiers le responsable de l’élevage qui envisage d’améliorer les conditions de logement des vaches, ainsi que celle des veaux logés sur caillebotis.
«Depuis que les «Russes» ont acheté toutes les vaches en Allemagne…. le lait est une production déficitaire en Europe» clame notre éleveur, qui a pour projet de doubler son troupeau l’année prochaine.
Pas de dossier d’autorisation, ni d’enquête publique à faire pour cela, il suffit de disposer de la surface pour construire et pour épandre les effluents. Ici les effluents d’élevage (essentiellement du fumier compact) sont valorisés sur les terres agricoles et (ou) vendus à des maraîchers… Apparemment, il y aurait des fosses à purin mais nous avons eu du mal à le vérifier…
Les voisins n’ont apparemment pas grand-chose à dire, car une règle tacite stipule qu’en zone agricole, un élevage qui dispose de l’antériorité n’a pas de problème pour s’agrandir.
Après une discussion laborieuse avec notre hôte au sujet des quotas de l’exploitation- (exprimé en quintaux et non en litres) nous réussissons à déduire le montant du quota (approximativement 3 200 000 l), ainsi que le dépassement de quota de l’exploitation : 5% environ !)  L’attitude sereine de l’éleveur nous conforte dans l’idée que dans la mentalité agricole de cette région, les pénalités ne sont pas un problème, même si elles peuvent être importantes.
Dans cette région inutile de chercher à produire de l’herbe. L’alimentation est constituée de Maïs ensilage, de Triticale ensilé et  d’aliment concentré du commerce le tout mélangé dans un «bol». Le menu est le même pour tout le cheptel (génisses et vaches). L’alimentation reste donc un poste important dans ce pays qui vient de connaître une sécheresse importante.
Pas de robot de traite, ni de roto, une «simple» salle de traite 2 fois 20 postes en «EPI sortie rapide» avec décrochage et compteur à lait.
Dans ces conditions,  avec une mise en conformité approximative, une main d’œuvre réduite officiellement à 4 personnes pour l’élevage et 2 personnes supplémentaires, les charges de structure semblent peu élevées. Mais comme il n’y a pas de comptabilité officielle, il est  difficile d’avoir des chiffres.
La PAC est une préoccupation importante de nos éleveurs. Un défaut d’identification bovine aurait entraîné la perte de toutes les primes depuis deux ans, soit des sommes importantes. Cela ne serait toutefois pas traumatisant … le lait est  valorisé à 66 cts d’euros hors transformation et vendu 1,5 E le litre dans le commerce de détail : cafés, petites fromageries, et quelques rares grandes surfaces. En Italie la grande distribution n’a pas comme en France une place prépondérante.
Dans cet univers très individualiste, les agriculteurs italiens ont compris qu’il fallait accorder beaucoup d’importance à la qualité et la présentation de leur produit. Il suffit pour s’en convaincre de mesurer la propreté impeccable de l’atelier de transformation du lait, et le soin apporté au marketing; de même l’entrée de l’exploitation, qui sert d’accueil, est soignée.
Pas d’état d’âme à afficher une image de terroir, de produit naturel et d’authenticité même si la production du lait est réalisée dans des conditions très intensives. Un autre point à souligner : les agriculteurs italiens n’ont pas eu besoin d’inventer la «traçabilité»: sur  les bouteilles de lait ou les fromages figure le nom de l’épouse du propriétaire de l’exploitation, qui sert de marque à tous les produits de l’exploitation.
Ici le travail en commun (type GAEC et CUMA) n’existe pas, les coopératives non plus car on ne fait confiance «qu’à soi- même ….et à Dieu….».


Didier PETIT et Pascal PETTINI

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