L'Avenir Agricole et Rural 27 mai 2011 à 12h06 | Par E. DAUPHIN

Actualités Laitières - Soif d’équilibre

L'assemblée générale de la FDPL a eu lieu le 18 mai à la salle polyvalente du Pôle Agricole Edgard Pisani. Contractualisation, bassins laitiers et stratégie marketing des transformateurs étaient à l'ordre du jour.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

L'année démarre avec des hausses de prix comprises entre 20 et 34 euros/1 000 litres de janvier à mai par rapport à 2010, une tendance qui devrait se poursuivre jusqu'à la fin de l'année, estime Richard Bourbon, qui pourrait se satisfaire de la situation, d'autant que les comptes de la FDPL sont à l'équilibre, avec un résultat de 700 euros. Le responsable annonce l'augmentation de la cotisation de 75 à 80 cts/1 000 litres, votée par le conseil d'administration, afin de faire perdurer cet équilibre financier.Pourtant, la vague de sécheresse qui sévit sur la France depuis le mois de mars, et notamment en Haute-Marne, avec, selon les cantons de 3 à 100 mm d'eau et des épisodes grêleux, fait craindre une pénurie de fourrage.Le président de la FDSEA, Christophe Fischer en a d'ailleurs appelé à la solidarité interfilière, afin que les céréaliers ne vendent pas de paille à prix d'or aux éleveurs, alors que le Ministre Bruno Lemaire est tenté par une interdiction de broyer.


Contrats : trouver un accord d'ici la fin de l'année

Richard Bourbon a réaffirmé dans son discours et tout au long de la séance le rôle majeur de la FNPL en tant qu'organisme fédérateur des groupements d'éleveurs pour rééquilibrer les relations avec les acheteurs au sein de l'interprofession, seule instance légitime à négocier les prix.La proposition de contrat qui a été faite est inacceptable pour les producteurs de lait, un avis partagé par le Ministre Bruno Lemaire lui-même. Le président de la FDPL y voit un risque majeur d'intégration et l'aliénation de la liberté d’action syndicale. Il exhorte l'assemblée des producteurs à ne pas les signer en l'état, malgré les pressions des collecteurs.Les présidents des syndicats laitiers haut-marnais participent activement à la réécriture de ces contrats pour les collecteurs privés du département : Lactalis, Bongrain et Senoble. Un accord devrait être trouvé d'ici la fin de l'année. La Haute-Marne est le seul département à l'échelle du Bassin laitier du Grand Est à s'être dotée de groupements de producteurs par acheteurs. La conférence de Bassin, de par sa dimension (23 départements) connaît une diversité de situations en matière de production laitière, ce qui peut constituer un obstacle. Le responsable est pourtant confiant en l'avenir laitier du département « tant qu'il gardera son dynamisme en matière d'installation laitière ». Il y voit la possibilité d'un rééquilibrage du pouvoir afin de maintenir les activités de transformation existant. Danone a en effet fermé cinq usines sur dix au cours de la décennie passée.En ce qui concerne la coopération, qui n'est tenue que de modifier ses statuts, le principe du double quota /double prix annoncé par Sodiaal est remis en question par la FNPL : « le quota A payé au prix normal doit correspondre à notre référence et non pas à une fraction de celle-ci, ou alors le prix A doit être majoré d'une valorisation PGC », estime Richard Bourbon.

Installation des jeunes

Après une baisse d'installations (28 en 2009), Cyrille Moussu, représentant des Jeunes Agriculteurs, table sur une quarantaine en 2011.Lors de la conférence de bassin du six mai dernier, il a été décidé de conserver les règles d'attribution départementales jusque fin août, afin d'éviter une période blanche des installations laitières et une remise en cause de certains projets. Une proposition portée par les JA du Grand Est qui se concertent pour adopter des positions communes sur l'avenir laitier d'une zone aussi élargie.De nouvelles règles seront édictées en septembre. Le souhait des JA est de maintenir les installations sans SMI (surface minimum d'installation). La Haute-Marne avait mis au point un système d'attributions supplémentaires, selon une grille qui devrait être proposée à la conférence de bassin. Les JA en appellent au soutien du responsable de la FDPL lors des débats.Le syndicat des Jeunes propose également la demi-attribution aux installations non aidées sous condition d'un parcours à l'installation, afin d'encourager les jeunes qui s'engagent dans la démarche, il souhaite également un coup de pouce aux hors cadres familiaux, aux agriculteurs des zones de montagne, aux secteurs herbagers et aux secteurs en déprise laitière.Le syndicat travaille également à la refonte de la dotation Jeune Agriculteur, multipliant par trois la durée du parcours à l'installation qui passeraient à neuf jours au développement des journées technico-économiques et la maîtrise des relations humaines au sein des sociétés agricoles.

Les bonnes nouvelles de Monsieur Allemersch

Antoine Allemersch, conseiller général en charge des affaires agricoles a annoncé trois concours financiers exceptionnels à destination du monde agricole :⁃ le soutien aux producteurs de lait concernés par la reprise du groupe Entremont Alliance (90 exploitations) par le groupe coopératif Sodiaal Union pour un montant total de 200 000 euros, soit un forfait de 2000 euros/exploitation agricole, à condition que le groupe s'engage à maintenir son activité industrielle de transformation du lait pendant cinq ans sur le département, ainsi que les emplois qui s'y réfèrent.⁃ Un forfait de 3 000 euros pour chaque Jeune Agriculteur, sous forme de suivi technico-économique⁃ le versement d'une aide de 8 570 euros pour le fonctionnement du Point Info

« La ferme idéale »selon Danone

Laurent Joubert, ancien cadre chez Danone est venu présenter la démarche stratégique des industriels du lait, placés dans un contexte international ultra-compétitif sur un produit qui, paradoxalement, ne s'exporte pas (sauf sous ses formes déshydratées). La France a la chance de compter deux transformateurs parmi les onze premiers mondiaux, Lactalis et Danone.Le lait est une matière première stratégique pour les transformateurs, représentant jusqu'à 60 % du prix de revient, c'est pourquoi Danone a lancé des fermes expérimentales dans le Cantal et en Egypte, afin d'en déterminer la taille critique et d'en faire des centres de formation pour les éleveurs de proximité.En Egypte, la « ferme idéale » atteint 2 500 VL pour une production de 20 millions de litres de lait. Un projet qui a coûté au groupe la bagatelle de 15 millions d'euros. Ce modèle n'est cependant pas reproductible à l'échelle mondiale et oblige le transformateur à travailler avec les producteurs de lait et non à s'y substituer.Dans une logique de différentiation, Danone joue également la carte du lait biologique en convertissant tout un bassin laitier situé dans la Manche, afin de massifier l'offre et de rentabiliser la collecte.En face des industriels, la Grande Distribution, est hantée par l'obsession de ne pas être plus cher en rayon que le concurrent. C'est finalement le consommateur qui tranche en dernier ressort. Une pression qui se répercute naturellement sur les fournisseurs. Un encadrement des prix à l'échelle nationale serait donc salutaire, selon Laurent Joubert, qui encourage le syndicat à poursuivre dans la voie de l'interprofession.

A quand le paiement des aides Natura 2 000 ?

Dominique Thiebaut, chargé des affaires agricoles à la DDT, a fait un point de situation sur l'état d'avancement de l'instruction des dossiers. La mise en place du Bilan-de-Santé-PAC a obligé l'Agence de Service et de Paiement (ASP) à adapter ses applications informatiques. Elle s'est concentrée sur le paiement des aides découplées, touchées au 1er décembre, qui représentent 80 % des paiements au niveau national. Reste un milliard d'euros consacré aux mesures agro-environnementales qui concernent malheureusement les agriculteurs des zones défavorisées : rotationnelle et mesures territorialisées. Les services de la DDT terminent d'instruire les dossiers et font leur maximum pour que ces aides soient versées avant fin mai par l'ASP, annonce le représentant de l'Etat, qui précise que l'Union Européenne accorde un délai de paiement jusqu'au 30 juin. Au-delà de cette date, des intérêts moratoires pourraient être versés aux agriculteurs.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2473 | décembre 2017

Dernier numéro
N° 2473 | décembre 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui