L'Avenir Agricole et Rural 06 novembre 2008 à 09h45 | Par A.LEBLOND

Actualités Laitières - 30 heures de blocage

Malgré des conditions climatiques pour le moins défavorables, les producteurs de lait se sont mobilisés en nombre pour répondre au mot d’ordre FDPL-JA-FDSEA de blocages des fromageries de Peigney et d’Illoud.

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Manifestations (© A.L.)

Ramassage de nuit

Plus de 100 producteurs sur chaque site dès 13 h le mercredi, tracteurs, remorques, bois, pneus, abris tout y est et en quelques instants les sites sont bouclés, rien ni entrera ni n’en sortira ! Toutefois en dehors de quelques fournisseurs, et à Langres de quelques semi-remorques venant chercher du sérum, le trafic était plutôt calme dans la mesure où les camions de ramassage ayant tourné toute la nuit précédente étaient garés à l’abri de la convoitise des manifestants.C’était de bonne guerre, les usines tournaient presque normalement mais tout le lait avait été collecté et les camions de mercredi matin ayant été vidés et garés à l’intérieur, la collecte reprenait le jeudi. Toutefois l’inquiétude n’était pas feinte chez les responsables des usines qui craignaient bien la rupture de stock.

Des renforts extérieurs

Dépourvus d’usine les Aubois et les Marnais s’étaient proposés pour participer aux blocages haut-marnais ainsi une vingtaine de producteurs de l’Aube ont passé la journée de mercredi, et pour certains la nuit, à Peigney et un bus de 40 marnais est arrivé sur Illoud dès 5 h 30 le jeudi matin. Ainsi, en continu, et en dehors des heures les plus creuses de la nuit où seuls quelques jeunes assuraient la garde, plus de 50 producteurs se sont relayés devant chacun des 2 sites durant 30 heures.

Le calme régna mais l’agacement et la détermination des manifestants vis-à-vis des annonces de baisses de prix qu’ils considèrent tout simplement comme de la provocation était palpable. Il aurait fallu peu de chose pour que peut-être la situation échappe aux responsables syndicaux, ce qu’heureusement les directeurs des sites et les chargés des relations avec les producteurs avaient bien compris. Aucune provocation qui aurait pu être l’étincelle mettant le feu aux poudres ne fut à déplorer.

Toujours pas d’accord

Après avoir passé l’après-midi de jeudi en très léger différé téléphonique avec le déroulement de la réunion nationale, Richard Bourbon apprit à 18 h que la 3ème réunion venait d’échouer, aucun accord n’avait été trouvé même si les positions s’étaient rapprochées. Le Président de la FDPL y voyait une première preuve de la nécessité de se mobiliser : les baisses de 70 et 120 euros n’étaient plus évoquées. Conformément à l’annonce qu’ils avaient fait en début de manifestation les organisateurs annoncèrent la dissolution de la manifestation vers 18 h. Bien sûr le temps «de remballer» et à Illoud il y avait beaucoup de matériel… le libre accès des camions de collecte qui patientaient de plus en plus difficilement aux alentours des usines ne fut retrouvé que vers 18 h 30 à Langres et vers 20 h à Illoud. Toutefois l’échec de la réunion au CNIEL (Centre National Interprofessionnel d’Economie Laitière) obligeait le Président de la FDPL à annoncer d’autres rendez-vous aux manifestants. Une question se pose : faut-il un nouveau 97 ?

AL - FDPL

 

 

Les positions du jeudi 30

A l’issue de la 3ème rencontre nationale entre producteurs et transformateurs les positions s’étaient rapprochées mais rien ne permettait encore de dire qu’un accord se profilait ce qui n’est d’ailleurs toujours pas le cas ce mardi à 14 h au moment où débute la 4ème réunion. Pour le 4ème trimestre les transformateurs étaient à – 30 euros et la FNPL à – 10, ceci sans compter les 27 euros du 2ème trimestre qui eux seraient versés au 1er trimestre 09. Sur celui-ci les transformateurs annonçaient – 55 et la FNPL revendiquait – 20, dans les 2 cas après remboursement des 27 euros. De plus la flexibilité (ajustement à la baisse en fonction du pourcentage de fabrication de beurre – poudre de chaque entreprise) réapparaîtrait, les transformateurs demandent qu’elle puisse atteindre 15 euros et la FNPL ne voulant pas qu’elle dépasse 10.

 

Une mobilisation en demi-teinte

Bien que la FDPL se félicite de la réussite des actions conduites depuis 15 jours, elle s’étonne que les troupes ne soient pas plus nombreuses estimant que seuls 25 % des producteurs ont participé aux différentes actions. Cet étonnement découle directement du niveau « astronomique « des baisses initialement annoncées. Rappelons à ce sujet que - 70 euros au 4ème trimestre c’était du lait à 276 en octobre et à 245 en décembre, ensuite avec – 120 le 1er trimestre aurait été payé 210 (soit …1,38 F/litre) en prix de base. Les paies aux environs de 400 euros, même si c’était tout compris, du 3ème trimestre 2008, seraient bien loin ! mais les charges elles … Une satisfaction toutefois pour le Président de la FDPL et celui des JA la présence importante et l’implication sans faille des jeunes producteurs

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