Qui freinera Chalara Fraxinea ?
Premières mesures adoptées
Cette crise apparaît alors que la demande en frêne exploité en déroulage pour l’ameublement est soutenue. Soucieux de ne pas mettre en péril l’équilibre précaire du marché du bois, le mot d’ordre, véhiculé par le Département Santé des Forêts du Ministère de l’Agriculture, vise à éviter les récoltes précoces. En effet, la maladie n’a encore jamais été détectée au niveau de l’aubier et du bois de cœur, ce qui permet une valorisation des bois commercialisables en purgeant les parties nécrosées. Le transit du bois d’oeuvre ne nécessitera pas de passeport sanitaire.
L’objectif est de maintenir les peuplements existants au lieu de procéder à des coupes sanitaires préventives, afin de permettre à l’INRA de détecter des souches résistantes à la maladie. Pour l’instant, le mode de propagation de la maladie reste incertain. Il pourrait être véhiculé par des scolytes, insectes inféodés au frêne.
Seul les spécimen dont 50% du houppier est dévitalisé sont martelés par l’ONF. Une recommandation préconisée également par le CRPF aux propriétaires forestiers privés.
L’entretien des plantations (élagage, dégagement) est interrompu et les investissements suspendus pour cette essence qui devient secondaire et non plus objective.
Caractéristiques de la maladie
Il s’agit d’une maladie vasculaire observée jusqu’à 1100 mètres d’altitude qui, contrairement à la graffiose de l’orme, met plusieurs années à se propager dans le tronc. Le champignon entre dans les bourgeons et véhicule ses spores via la sève élaborée, créant des cavitations dans la colonne d’eau provoquant des nécroses de couleur orangée à différent niveaux : collet, rameaux, gourmands, houppier, racines. Le symptôme, le plus visible est un flétrissement des rameaux à partir de la cime. Pour survivre, l’arbre forme des rejets qui seront nécrosés à leur tour. Cela l’épuise et lui donne un aspect «boule de gui
Propagation
La charalose, encore appelée «flétrissement du frêne» est apparue en Pologne au début des années 90. Devenue une maladie endémique des peuplements de frêne, les importations de plans, à l’origine de l’introduction de la maladie en France, ont été suspendues.
C’est en 2008 que la maladie se déclare sur notre territoire. Elle se propage à la vitesse vertigineuse de 300 km par an. La Marne et les Ardennes, qui étaient indemnes jusqu’à l’année dernière, font désormais partie de la zone de vigilance déterminée par quadrats, des carrés de 16 km de coté dans lesquels les techniciens de terrain recensent au moins un spécimen atteint. (voir carte établie par le Département de la Santé des Forêts)
En direct du terrai
Michel Dufour est propriétaire de deux plantations de huit hectares de frêne et de douglass situées entre Langres et Fayl Billot. Il a bénéficié d’une aide à l’investissement pour la réalisation de plantations, dans le cadre des mesures forestières en agriculture (règlement CEE n°2080/92). A partir de son départ en retraite, il procède à l’implantation de plants achetés en pépinière au début des années 90. Depuis l’année dernière, ses hêtres, notamment en lisière, sont de plus en plus nombreux à être touchés par la maladie. Il travaille avec le CRPF, qui le conseille sur l’état sanitaire de sa forêt.
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