L'Avenir Agricole et Rural 19 octobre 2007 à 00h00 | Par F.Thevenin

ACTUALITE SANITAIRE - LA FCO S'ETEND ET VA, SANS DOUTE, DURER

Le Groupement de Défense Sanitaire de Haute-Marne a multiplié les assemblées cantonales avec, en débat principal, l’évolution de la FCO.

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Cette semaine, à Andelot, avant et après d’autres cantons, une quarantaine d’agriculteurs adhérents au GDS sont venus se renseigner sur la fièvre catarrhale ovine. Ils avaient en face d’eux l’ensemble des parties prenantes avec Caroline Poinsot pour le GDS, Michel Pottiez pour la DSV et Damien De Backer, vétérinaire dans le secteur.
Lors de cette réunion, il a été rappelé que la FCO est une maladie infectieuse due à un virus qui comprend 24 sous familles différentes. Dans le cas présent, le sérotype 8 est en cause Il est d’origine sub-saharienne et était, jusqu’à maintenant, inconnu en Europe.
Il faut le rappeler : cette maladie concerne exclusivement les animaux et plus précisément les ruminants. L’Homme n’est absolument pas concerné et le virus ne se transmet ni par la viande, ni par le lait.

Le moucheron culicoïdes

Jusqu’en 1986, le vecteur de la FCO était un moucheron appelé culicoïdes inicola. Aujourd’hui, les chercheurs hésitent entre deux espèces : le culicoïdes demulfi ou le culicoïdes obsoletus. Dans tous les cas, il mesure 2 mm et transmet le virus en piquant les ruminants. L’animal est alors contaminé et est piqué par un moucheron qui se contamine et transmet la maladie à d’autres animaux… L’autre mode de contamination est le transport d’animaux qui « éparpille » la maladie à vitesse grand V ; d’où la réglementation. Malgré tout, il faut savoir que la maladie ne se transmet pas de bovin à bovin et qu’elle a toujours besoin d’un vecteur.
Durant l’automne 2006, lors de l’apparition de la maladie, les spécialistes ont pensé que la maladie ne passerait pas l’hiver du fait que les moucherons disparaissent à des températures de moins de 10° et que, durant cette période, la maladie ne circule plus. Dans les faits, cela ne s’est pas passé ainsi puisqu’elle est repartie de plus belle cet été et cet automne 2007. Des facteurs de persistance du virus ont donc été recensés : survie du virus dans les bâtiments, transmission du virus aux larves et, peut-être, le maintien prolongé du virus sur certains animaux.

Maladie exotique !

Jusqu’en 2000, la FCO était une maladie dite exotique. Après 2000, les pays méditerranéens sont touchés à leur tour dont la Corse avec 50 % des cheptels ovins touchés et 20 % de morts.
En 2006, avec le nouveau sérotype, l’Europe est contaminée de plein fouet avec un premier cas le 17 août, 2 200 foyers recensés fin 2006 et 6 cas en France. Les Pays-Bas, la Belgique et l’Allemagne sont alors les pays les plus touchés. En France, toujours en 2006, la conséquence est le blocage dans les échanges sur 12 départements puis sur 16.
Dès cette date, le GDS prend le dossier en main en informant les éleveurs, dans l’obtention de dérogations à la circulation des animaux, avec un appui aux éleveurs, en faisant marcher la solidarité…

Propagation

A la sortie de l’hiver 2007, une trentaine de cas sont alors recensés en France. La maladie n’a donc pas disparu ! Au 12 octobre, la France compte 4 695 foyers déclarés. Avec ses 143 foyers et ses 37 suspicions, la Haute-Marne est en périmètre interdit.
En 2007 ; l’Allemagne compte 14 000 foyers de FCO. La Belgique est à 4 700. Les Pays-Bas à 5 000. Le Luxembourg à 940 et même la Grande-Bretagne, malgré la mer, est touchée avec 37 foyers. Le moucheron a sans doute été aidé par le vent… Le Danemark vient également de recenser son premier cas malgré ses latitudes élevées.
Tous ces chiffres montrent que la situation échappe à tout le monde en dépit des mesures et des réglementations mises en place.
En résumé : « tout le monde est ou sera concerné ».

Règle de circulation

En cas de foyers confirmés, trois zones réglementées sont mises en place : le périmètre interdit sur 20 km, le périmètre de protection sur 80 km au-delà des 20 précédents et le périmètre de surveillance sur 50 km au-delà des 100 précédents.
La règle de circulation dit qu’il est possible d’aller librement d’une zone vers une zone de statut plus élevé ou au sein d’une même zone.
Trois dérogations viennent assouplir cette règle :
- la sortie des animaux pour l’abattoir après désinsectisation du bovin et du camion et avec un abattage dans les 48 heures
- la sortie des veaux de 8 jours en bonne santé pour aller à l’engraissement dans la ou les deux zones voisines
- la sortie d’animaux d’élevage ou d’engraissement d’un périmètre interdit avec désinsectisation et deux contrôles sérologiques (un au départ et l’autre 28 jours après l’arrivée).

Des symptômes variables

Les symptômes sont très variables selon la période et les lieux géographiques mais, chez les bovins, il apparaît systématiquement des accès de fièvre, de la bave, un mufle rouge avec des croûtes, des yeux rougis et exorbités, une baisse de la production laitière et des mamelles enflées. Les cas de mortalité sont rares mais peuvent toucher des animaux déjà fragiles comme lors d’un vêlage.
Les autres bovins s’en sortent assez rapidement. Après un traitement mis en place le plus rapidement possible (antibiotique pour lutter contre les sur infections et anti-inflammatoire pour lutter contre la fièvre), la vache se retape au bout de deux semaines et guérit au bout de trois semaines. Chez les ovins, les symptômes sont identiques avec un plus grand nombre de cas de mortalité. Par exemple, dans les Ardennes, 10 % des ovins touchés meurent (plus de 2 000 morts recensés) alors que chez les bovins 1 % des touchés meurent (400 recensés). La Haute-Marne compte, pour l’instant, trois euthanasies sur bovin.
Dans tous les cas, il convient d’appeler son vétérinaire si des signes d’alerte apparaissent. Ce signalement qui est obligatoire permettra de guérir l’animal au plus vite et donnera droit à d’éventuelles indemnités. Il est également conseillé de maintenir l’animal à l’intérieur, dans les bâtiments et pratiquer une désinsectisation pendant 60 jours avec les produits connus de tous (Flectron, Acadrey, Arkofly, Butox…).
Pour se protéger de la maladie, l’hiver devrait calmer les choses mais il faut penser dès maintenant au printemps prochain. Comme le vaccin qui est prévu pour la mi 2 008 ne sera pas encore commercialisé, il va falloir utiliser le seul outil actuellement disponible : les insecticides, toutes les 4 semaines, sur tous les animaux…

Aides financières

En cas de suspicion, les visites du vétérinaire et les analyses sont prises en charge par l’Etat. Pour la vente d’animaux en élevage, les sérologies sont également prises en charge par l’Etat via le GDS.
Avant la fin de l’année, des aides sur les pertes sanitaires seront proposées grâce à la « caisse d’aide GDS » ; une caisse mutualiste, rapide, forfaitaire et totalement transparente dans sa gestion.

De son côté, toujours en cas de pertes (mortalité et euthanasie), l’Etat intervient et s’engage à hauteur de 7 millions d’euros en passant par les GDS et les vétos. Il est prévu de verser 226 euros par bovin et 46 euros par ovin.

Enfin, un dossier régional et d’autres caisses se mettent actuellement en place afin d’indemniser au mieux les éleveurs.

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