L'Avenir Agricole et Rural 08 juin 2009 à 09h25 | Par André LEBLOND

ACTUALITE LAITIERE EN HAUTE MARNE - TRISTE ACCORD

D’un point de vue technique l’accord qui nous est présenté comporte 3 points

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LES TROIS POINTS :

- la possibilité pour le CNIEL d’élaborer des indices de tendance des marchés laitiers,
- l’élaboration d’un cadre interprofessionnel permettant la mise en place de la contractualisation à partir de 2010,
- un prix moyen 2009 variant selon les mix produits des entreprises entre 262, 272 et 280 euros.

On sera donc le plus souvent loin des 280 annoncés.
Sur la base du positionnement des entreprises par rapport à la flexibilité on ne devrait en effet trouver que Senoble et Triballat à ce niveau, les Lactalis, Bongrain, Sodiaal et ULV (jusque là toujours calé sur Bongrain et Lactalis) seraient plutôt à 272 euros et Entremont à 262 !
Sur de telles bases le rendez-vous de septembre pour réexamen de ces valeurs en fonction de l’évolution des marchés prendra toute son importance.
Ce pourrait bien être la prochaine mobilisation.

L évolution des prix au mois le mois et en particulier pour mai et juin ne semble pas avoir été évoquée au niveau national.
Nous avons donc interrogé les entreprises mais à l’heure du bouclage de ce numéro nous n’avons pas de réponse.  
Appliqueront-elles les baisses annoncées pour le trimestre ou va t-il y avoir un rééquilibrage avec le mois suivant, réponse la semaine prochaine !

Le camion entremont bloqué 24 heures à Mussey, ce qui a entraîné l’interrruption totale de la collecte de l’entreprise sur le département.
Le camion entremont bloqué 24 heures à Mussey, ce qui a entraîné l’interrruption totale de la collecte de l’entreprise sur le département. - © FDPL

Les producteurs ont maintenu la pressio

Maintenir la pression, y compris pendant les négociations nationales, était le mot d’ordre.
Ainsi 4 camions de ramassage ont été bloqués 24 heures (3 BG et 1 Entremont) et 1 camion Lactalis l’a été quelques heures.
Fidèle à sa nouvelle règle, Entremont a arrêté la collecte sur tout le département durant la même période, attitude forcément de nature à faciliter les relations avec une entreprise qui a pesé de tout son poids, et bien sûr à la baisse, sur les négociations nationales, et dont on ne sait même pas si elle en appliquera le résultat !
Du côté des camions de Bongrain c’est surtout l’attitude de certains producteurs non collectés qui a conduit à la fin de l’opération au grand dam des responsables du Syndicat Laitier du Bassigny à l’origine de l’opération et qui ne comprennent pas comment on peut faire le choix d’un prix du lait annoncé à ce moment là à 267 ? / 1 000 l plutôt que de refuser de perdre quelques centaines de litres pour défendre la cause !
Cet exemple est révélateur d’une réalité haut-marnaise rendant difficile la mobilisation quelle que soit la situation (sinon quel prix faudrait-il pour y arriver ?) le nombre de producteurs ayant participé dernièrement au blocage des usines d’Illoud et de Peigney l’ayant encore démontré.
Bien sûr le niveau de cet accord est tel qu’a posteriori l’intérêt de la mobilisation est contestable, mais on ne pourra s’empêcher de penser qu’une mobilisation du niveau de celle de l’ouest, partout en France, aurait donné un autre résultat.

Accord national : les réactions
Du communiqué plutôt technique de la FNPL nous retiendrons cette conclusion :
« ces valeurs pourront être réexaminées en septembre prochain en particulier en lien avec l’évolution du marché des produits industriels.
Cet accord a un effet structurant pour la filière et remet l’interprofession au centre de la construction du prix du lait. Il donne des perspectives aux producteurs et aux transformateurs dans une Europe en pleine dérégulation».

 

Réacton de la fnsea :
un accord insatisfaisant mais indispensable

Le Gouvernement a décidé de siffler la fin de la partie : hier soir, au Ministère de l'agriculture, les trois familles de l'interprofession laitière ont accepté pour 2009 un prix moyen annuel de " 280 euros les 1000 litres de lait". Des mesures d'accompagnement nécessaires et légitimes aux exploitations ont été, par ailleurs, obtenues. Seront-elles suffisantes ?
Malgré la déception des producteurs, fortement mobilisés ces dernières semaines, la FNSEA considère que la FNPLait a pris une position courageuse et que cet accord était indispensable. En effet, si une solution n'était pas trouvée rapidement, les prix seraient restés à des niveaux catastrophiques. Les producteurs auraient ainsi été laissés dans le chaos de la volatilité des prix et des volontés des laiteries. Le nivellement par le bas n'est, ni une politique, ni une stratégie d'avenir.
Nous sommes loin du compte des attentes des producteurs. Comment vivre ?

Au-delà, cette signature engage toutes les entreprises. Elles se doivent de la respecter. La FNSEA, veillera, par observations et par actions s'il le faut, à ce que chaque entreprise respecte intégralement les termes de l'accord. Nous serons également vigilants sur une possibilité de révision en septembre, en fonction de l'évolution des marchés.
Enfin, il n'est pas pensable que face à ce sacrifice imposé aux producteurs, d'autres continuent à se faire " du gras ". Depuis la mise en oeuvre de la loi de modernisation de l'économie, la FNSEA dénonce le manque de transparence et d'équité dans la filière. Ça suffit ! Nous voulons y voir clair et nous nous en donnerons les moyens dans les jours qui viennent. Le Gouvernement se doit de remettre de l'ordre et de la morale dans les relations fournisseurs/distributeurs.

 

Réacton de JA national
Les producteurs n’accepteront pas d’être placés  sous perfusion... pour vendre à perte !

Suite au « non accord » du mardi 2 juin 2009 entre producteurs et industriels, le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a déclaré aujourd’hui être "prêt à accompagner" la trésorerie des producteurs laitiers, fragilisés par la chute des prix…Au risque de pérenniser une situation où le prix payé aux producteurs en dessous de son coût de revient !
Alors que le Premier ministre François Fillon a déclaré le 29 mai dernier que le gouvernement français "n'acceptera jamais" que les producteurs de lait produisent à perte, c’est pourtant bien sur cette voie que l’on semble se diriger aujourd’hui…
Jeunes Agriculteurs est exaspéré par cette hypocrisie générale ! Ceux qui veulent aujourd’hui éteindre l’incendie sont ceux qui l’ont déclenché il y a quelques mois avec la remise en cause par la DGCCRF du cadre de négociation des évolutions de prix de la filière lait !  Jeunes Agriculteurs ne se contentera pas d’un sparadrap de plus alors que l’avenir de l’installation dans cette filière en dépend !
Les producteurs ne veulent plus trinquer pour les autres

« Pourquoi les problèmes rencontrés par les industriels sont-ils toujours répercutés sur les producteurs ? Nous voulons être payés à un prix rémunérateur pour nous permettre non seulement de couvrir leurs coûts de production mais aussi de gagner notre vie ! » explique William Villeneuve, président de Jeunes Agriculteurs : « Il appartient aujourd’hui aux industriels de prendre leurs responsabilités pour obtenir une meilleure valorisation de la transformation des produits laitiers. »

Jeunes Agriculteurs exige aujourd’hui que tout soit mis en oeuvre en faveur de la construction d’une filière organisée, avec un équilibre des pouvoirs et une confiance entre tous les acteurs (producteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs), et qui garantisse un prix rémunérateur à tous les échelons.

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