L'Avenir Agricole et Rural 28 mai 2009 à 11h41 | Par A Leblond - fdpl

ACTUALITE LAITIERE EN HAUTE MARNE - LAIT, ILLOUD, PEIGNEY CA RECOMMENCE

Répondant au mot d’ordre national la Fdpl, la Fdsea et les Ja ont à nouveau organisé le blocage des fromageries de Peigney (Entremont) et d’Illoud (Bongrain), ajoutant ainsi ces 2 usines aux quelques 90 sites bloqués ce lundi un peu partout en France.

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A la différence notable d’une météo beaucoup plus favorable à ce genre d’activité extérieure, on ne vit d’ailleurs aucun feu, ce qui devrait éviter une nouvelle facture de Bongrain, on se serait cru à l’automne dernier où pour les mêmes raisons les producteurs avaient passé plusieurs jours et nuits à «garder» les mêmes usines.

Moins 104 euros en avril

Proportionnelle aux difficultés rencontrées, soit surtout à la baisse du prix, la tension était cette fois plus grande. Soulignons en effet que si le mot d’ordre de blocage concernait toutes les entreprises le hasard fait qu’en Haute-Marne les 2 usines appartiennent aux groupes laitiers leader en terme de baisse des prix. Forcément ça énerve un peu !
Pourtant ce n’est pas de gaieté de coeur qu’en nombre à peu près équivalent de 70 à 80 par site, les producteurs se sont petit à petit rassemblés, les premiers, selon le mot d’ordre, installant le barrage dès 6 h.
Il n’était en effet pas facile de comprendre qu’il ne se passait rien à Paris ce jour même si les ministres de l’agriculture se réunissaient eux à Bruxelles et qu’il fallait qu’ils entendent depuis leur salle de réunion la détresse et la colère des producteurs français.
Savoir que l’on repartirait à 16h sans rien de plus en terme de prix n’était pas facile à comprendre et encore moins à accepter. Tout le monde se demandant ce que faisaient les médiateurs nommés depuis près d’une semaine alors qu’aucune date de réunion n’était même annoncée !

La provocation d’Entremont


Les responsables de la Fdpl, Richard BOURBON à Langres et Florent PERRIN à Illoud, avaient ainsi bien du mal à expliquer une stratégie nationale pour le moins brumeuse vue de la campagne ht marnaise.
En effet manifester pour obtenir la nomination d’un médiateur, d’ailleurs, chose aussi exceptionnelle qu’inquiétante, cette fois de deux, puis manifester à nouveau pour simplement obtenir une  réunion et l’engagement des laitiers d’y participer ce n’est pas ce qu’il y a de plus évident à comprendre !
Dans ces conditions on peut se demander ce qu’il faudra faire lorsque l’on sera vraiment dans le coeur du sujet, le prix.
Cette question se posait d’autant plus qu’à Langres, contacté par téléphone car basé en Bretagne, l’interlocuteur habituel des syndicats laitiers du Vallage et du Pays de Langres, déclarait tout de go qu’Entremont ne suivrait pas un accord national.
Pour avoir, de manière  courageuse mais plutôt inconsciente pensait le plus grand nombre, relayé cette affirmation devant les manifestants, on se demande encore comment le représentant local du Groupe n’eut à supporter que des cris et des sifflets.
A l’évidence le producteur laitier ht marnais, même manifestant, reste un pacifiste.
On ne peut s’empêcher de penser que les traces laissées de leur visite et la vidange d’un camion de ramassage au moment de la dislocation n’étaient pas totalement étrangères à cette provocation de plus (de trop ?) d’un Groupe aux abois.
Quelle suite ?

Comme attendu, une rencontre interprofessionnelle était annoncée en fin d’après midi en date du jeudi 28. Plus tard on apprendrait que les médiateurs y participeraient.
Nul n’évoque ce qui peut en sortir tant la situation est compliquée, beaucoup plus d’ailleurs qu’à l’automne.
Des annonces nouvelles pour mai et juin ou pour l’année ? Sachant que l’hypothèse d’un échec total, avec ou sans nouveau rendez vous n’est pas à exclure, ce qui nécessiterait bien sûr une nouvelle mobilisation dont on peut toutefois se demander comment elle tournerait !
Rappelons l’océan qui sépare aujourd’hui les uns et les autres, 305 euros minimum en prix de base moyen annuel du coté de la Fnpl et 260 pour certains grands groupes, d’ailleurs pas forcément en difficultés.
Bien sûr pour commencer il serait souhaitable de revoir le prix tout aussi indécent qu’injustifié d’avril.
Au-delà de l’éloignement des positions, l’issue de cette réunion dépendra bien sûr de la volonté des participants de trouver un consensus de sortie de crise, et là on peut déjà se demander si toutes les entreprises le souhaitent, en particulier celles visées par les blocages haut marnais, ensuite de l’attitude des médiateurs et de leur mandat, l’inquiétude venant là de la présence du second, nommé par Luc Chatel au titre du ministère de l’économie, sera t’il un «facilitateur» ou un «empêcheur» concernant les possibilités laissées à l’interprofession de publier des recommandations d’évolution du prix ?
Nous le saurons à l’heure où vous lirez ces lignes et y reviendrons la semaine prochaine.

Lundi 25 était aussi le jour où la Fdpl avait réussi à réunir 3 des 4 parlementaires du département pour leur expliquer la crise laitière et ses conséquences catastrophiques pour les producteurs, tentant de les convaincre de la responsabilité des pouvoirs publics à Bruxelles ou Paris, et leur demandant d’intervenir prioritairement dans le sens d’une inflexion de la politique du tout libéral de Bruxelles, dans celui de laisser au Cniel suffisamment de latitude pour parler évolution du prix du lait et de faire toute la lumière, au travers de l’observatoire des marges, sur l’accaparation des marges par la grande distribution.
Une grande distribution accusée de «se goinfrer» et dont on a beaucoup entendu parler devant les usines.  A n’en pas douter, et comme ce fut déjà le cas dans nombre de départements, elle serait l’une des prochaines cible en cas de poursuite du conflit.
La FDPL s’étant faite accompagner de représentants de la Fdsea et des JA, la délégation était composée pour la Fdpl de Richard Bourbon, Roger Braux, Christophe Bourgeois et André Leblond, pour la Fdsea de Michel Galton et Gilles Lamontagne et du Président des JA, Sébastien Riottot.

Mme Fischer Boel, inflexible

Si elle a bien entendu les producteurs de lait manifestant un peu partout manifestement la Commissaire européenne ne les a pas écouté. En effet s’exprimant avant même le conseil des Ministres de l’Agriculture la Commission a déclaré «avoir fait le maximum depuis le début de la crise».
Concernant les quotas la Commission indique qu’il n’y a pas de rencontre formelle de prévue pour en discuter, ce qui rend d’autant plus étonnantes les déclarations de M. Barnier laissant entendre que rien n’était joué concernant leur suppression, ce qu’il parait être le seul à croire !

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