L'Avenir Agricole et Rural 04 juillet 2008 à 00h00 | Par André LEBLOND

ACTUALITE LAITIERE EN HAUTE MARNE - La FDPL chez Luc Chatel

Le courrier de la DGCCRF (*) interdisant au CNIEL (**) de publier des recommandations d’évolution du prix du lait a fait l’effet d’une douche froide sur la filière. Comment en effet rayer d’un trait de plume plus de 10 ans d’accords interprofessionnels cautionnés, voire encouragés par les Pouvoirs Publics.

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Recherche d’implication chez Luc Chatel

C’est pour s’en offusquer et obtenir les explications nécessaires que la FDPL a demandé et obtenu une audience auprès du Secrétaire d’Etat à la Consommation, Luc Chatel.

Pour le Président de la FDPL les questions étaient nombreuses, entre autres :
- Pourquoi un accord interprofessionnel jusque-là très bien vu des Pouvoirs Publics devenait subitement « injustifiable » alors que la loi sur la concurrence n’avait pas changé ?
- Voulait-on revenir au rapport de force pur et dur et son lot de conflits et de manifestations en abandonnant un système économiquement fondé ?
- Pourquoi pendant les 5 ans où le prix du lait a baissé (de 2001 à 2006) les recommandations interprofessionnelles n’ont dérangé personne ?
- Comment pouvait-on supprimer tout le travail interprofessionnel sur le prix, c’est-à-dire supprimer toute visibilité pour des producteurs pourtant obligés d’investir sur le long terme ?
- Pourquoi affaiblir une filière le plus souvent montrée en exemple, y compris par les Pouvoirs Publics actuels ?
- Et puis, car la liste serait trop longue, comment fixer le prix d’une denrée périssable qui doit être vendue toutes les 48 heures, si dès que plus de 2 personnes parlent du prix, il s’agit d’une entente ! et chacun des 90 000 producteurs de lait français de lait devrait-il chaque mois prendre rendez-vous avec son acheteur pour discuter et fixer son prix du lait ?


Un ministre rassurant
Sans chercher à répondre à toutes les interrogations des représentants des producteurs de Haute-Marne, le Ministre s’est voulu rassurant tentant de convaincre ses interlocuteurs que cette intervention était nécessaire au regard de la loi y compris européenne mais qu’elle ne devrait pas changer grand-chose et en tout cas pas aboutir à l’impossibilité de tout travail interprofessionnel sur le prix.
Alors tout ça, pour ça !
Comprenne qui pourra, ce qui n’était pas le cas des représentants des producteurs, des 14 départements (sur 17) du Grand Est, réunis la semaine dernière à Nancy pour paradoxalement confirmer leur engagement dans une interprofession du Grand Est.
Pour le Président de la FDPL le principal sera que les propos du Ministre, qu’il a remercié pour avoir répondu favorablement à sa demande malgré son emploi du temps, se confirment et que la filière laitière ne devienne pas une coquille vide. Richard Bourbon insista sur la nécessité que la filière puisse continuer d’éviter que le lait et ses producteurs soient livrés au seul marché, situation qui ne fonctionne pas pour des produits aussi périssables, qui plus est, du fait même de cette périssabilité et de la concentration de la transformation, sans possibilité de faire jouer la concurrence tant souhaitée par les Pouvoirs Publics.
Enfin une interrogation demeure sans réponse : à qui pourrait profiter le crime et établir un parallèle entre cette soudaine intervention des Pouvoirs Publics et les annonces récurrentes sur la nécessité d’une baisse des prix au nom du pouvoir d’achat serait-il vraiment infondé ?
L’avenir nous le dira mais la FDPL entend bien continuer de jouer son rôle au sein d’une filière qu’elle a toujours contribué à renforcer et qu’elle n’accepterait pas de voir mise à mal au nom d’un libéralisme érigé en dogme.


(*) Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes.

(**) Centre National interprofessionnel de l’Economie Laitière.

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