L'Avenir Agricole et Rural 07 mai 2009 à 17h34 | Par André LEBLOND

ACTUALITE LAITIERE EN HAUTE MARNE - Cil Grand Est - Cniel, mêmes causes, mêmes effets !

Mercredi 29 avril à la Maison Familiale de Bulgnéville aucun accord sur le prix du lait n’a été possible dans la mesure où les transformateurs n’ont pas voulu en parler, une petite semaine après, soit mardi, le Cniel, à Paris, n’a pas fait mieux !

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Réunie sous l’égide du Cil Grand Est, l’Interprofession en charge du prix du lait pour 16 départements de l’Est, les quelque 40 délégués des 3 collèges n’étaient parvenus à aucun accord sur le prix du lait, qu’il s’agisse de celui de l’année, du trimestre ou du mois d’avril, et ceci était d’autant plus impossible que les laitiers présents étaient tous soudain devenus sourds et muets.
Selon leur porte - parole, les éléments en leur possession ne leur permettaient pas de fixer un prix !
On espère simplement que quelques jours après ils en auront de nouveaux, sinon …
Toutes les régions ayant fait ce même constat d’incapacité d’établir ne serait-ce que le prix d’avril et ayant demandé, le plus officiellement du monde, au Cniel de reprendre le dossier, celui-ci s’en saisissait dès mardi.
Cette rencontre ayant été demandée par tous on pouvait penser qu’elle réunirait des représentants de chaque collège décidés à échanger, à débattre, bref au moins à se comprendre, si ce n’était à trouver un accord !
Et bien non, rien de tout cela et une réunion écourtée faute de dialogue, et même de participants, puisque les collèges de la transformation s’étaient à peine déplacés. D’ailleurs, et ce n’est pas de la délation mais simplement de l’information, parmi les collecteurs haut marnais, seuls Lactalis et Sodiaal étaient présents, alors même que des représentants de Bongrain et d’Entremont étaient conviés comme ils le sont habituellement.

Indifférence ou mépris ?

Il faut dire que ces entreprises ont depuis quelques semaines dénié à l’Interprofession la responsabilité de fixer le prix du lait, le faisant elles-mêmes et l’annonçant à leurs livreurs.
En attendant l’usage de la parole avait également quitté les quelques transformateurs présents et les producteurs en ont été pour leurs frais n’apprenant rien du prix d’avril.
Une situation jusque-là inconnue où 90 000 producteurs de lait français ont travaillé plus d’un mois sans savoir (à l’exception de ceux de Bongrain et d’Entremont qui peuvent en avoir une petite idée) ce que leurs livraisons leur seront payées !
Qu’au-delà de ses méfaits la crise rende certains transformateurs muets, voire aveugles et sourds à la situation des producteurs, n’est pas la moindre des surprises ! Que ceux-ci, qui bien qu’en étant aussi les victimes, s’attachent plus à provoquer leurs propres producteurs, prenant le risque de déclencher un conflit interne qui ne peut rien régler en est une autre non moins importante.
Une seule chose est sûre, on est à la veille d’actions syndicales, il reste juste à décider lesquelles.
Sans doute cela fera t’il plaisir à certaines entreprises dont le potentiel de provocation ne cesse d’étonner ! Qu’elles se rassurent, dit-on à la Fdpl, les producteurs ont de la mémoire.

Le drôle de jeu  de Bongrain …



Toujours en 1ière ligne de la baisse des prix, BG n’a pas dérogé, se mettant même, comme Entremont, hors jeu en bafouant l’Interprofession par l’ annonce de ses prix du 2éme trimestre avant les réunions interprofessionnelles.

Bizarrement bien que la situation apparente des 2 entreprises soit bien différente, le positionnement prix du lait est le même :  le prix moyen du 1er semestre sera de l’ordre de 250 à 260 euros/ 1 000 litres.   
Positionnement qui n’a toutefois pas même été reprécisé en Interprofession.

Quant aux arguments mis en avant dans le courrier aux producteurs s’ils ne sont pas contestables ils sont quelque peu fallacieux dans la mesure où n’y figure bien sûr que ce qui va dans le sens de la démonstration.
Par exemple le solde défavorable des échanges de janvier 2009 pour des produits dûment sélectionnés et ne concernant pas toujours le Groupe (lait de conso) en omettant soigneusement d’évoquer celui souvent bien meilleur de l’année 2008 (yaourts : + 34%, poudre de lait écrémé : +67 %, poudre grasse : +52 %, beurre vrac : +14 %, mais aussi pour ne pas tomber dans les mêmes travers que BG : fromages : - 4% et lait de conso : - 26 %)
Autre précision qui modifie un peu l’éclairage donné par BG : le solde des échanges des 2 catégories de produits cités en exemple avait très favorablement évolué en janvier 2008 à raison de + 32 % pour les fromages et de +12,9 pour les laits liquides ! 

Enfin nous soulignerons qu’il est tout aussi déloyal d’évoquer aujourd’hui les prix du reste du monde quand on a oublié d’en parler, lorsque, pour ne prendre que l’Europe, ils étaient plus proches des 400 euros que des 220 cités !
Une nouvelle fois Bongrain est à la hauteur de la réputation qu’il se forge depuis quelques années et ce champion de … la provocation a déjà prévenu et par écrit que « toutes exactions de quelque nature que ce soit entraineront l’arrêt de la collecte » de  même qu’il a pris rang avec le plus haut représentant de l’Etat dans le département, sans doute pour lui faire part de ses craintes quant à la réaction des producteurs.

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