L'Avenir Agricole et Rural 08 octobre 2009 à 09h38 | Par ANDRE LEBLOND

ACTUALITÉ LAITIERE - Bruxelles inflexible !

Comme le déplore la FNPL, la qualifiant de «malheureuse» aucune remise en cause de la ligne européenne n’a été constatée lors de la réunion des ministres européens de l’agriculture.

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Pourtant les déclarations du Ministre français laissaient augurer d’une autre issue !
Un groupe de travail «de haut niveau» a été constitué, mais pour l’heure ni le COPA-COGECA, ni EAD (Organisation européenne des transformateurs) n’en font partie.
Ce groupe créé sur décision de la Commissaire chargée de l’agriculture et du développement rural a pour but de discuter des modifications à moyen et long terme pour le secteur laitier compte tenu de l’expiration des quotas laitiers le 1er avril 2015.
Concrètement les travaux de ce Groupe iront vraisemblablement dans les 4 directions mentionnées par la déclaration finale des 20 états membres favorables à une nouvelle «régulation» au niveau européen :
- donner aux producteurs les moyens légaux pour qu'ils puissent s'organiser de manière à favoriser un véritable dialogue au sein de la chaîne agroalimentaire et rééquilibrer les relations entre producteurs, transformateurs et distributeurs
- analyser les instruments de marché existants pour les rendre plus efficaces et plus réactifs (par exemple, stockage public et privé, clause d'urgence, exportations, promotion, étiquetage et information améliorée du consommateur)
- prévenir les comportements spéculatifs et analyser la possibilité de développer des instruments d'analyse des marchés selon la même approche que celle développée pour les marchés financiers
- trouver des solutions pour suivre les développements de la situation de marché et assurer la transparence totale au niveau communautaire
L’absence totale de mesures à effet immédiat renforce la nécessité d’obtenir l’année blanche de remboursement d’emprunt toujours revendiquée par la FNPL et la FNSEA.
Il s’agit en effet de passer le cap 2009 en s’accrochant, ce que fait également la Commission et sa Commissaire à l’Agriculture, à l’espoir que la remontée des cours des produits industriels amorcée mondialement il y a plusieurs semaines, reflète un retournement durable des marchés, autrement dit une sortie de crise progressive mais portant ses premiers fruits dès le début 2010.
Si ce scénario reste réaliste encore faudra-t-il que la Commission ne vienne pas le contrecarrer en remettant sur le marché, les stocks de beurre et de poudre dont elle dispose.

COMMUNIQUÉ DE LA FNP

A Bruxelles, rien de nouveau…

 

Comme les éleveurs devaient malheureusement s’y attendre, le Conseil extraordinaire des ministres européens de l’agriculture de ce 5 octobre n’a débouché sur aucune remise en cause du processus de réforme du secteur laitier engagé en 2003 et renforcé par les conclusions du bilan de santé de la PAC.
Malgré les efforts du Ministre Bruno le Maire, la ligne suivie par l’Union Européenne dans l’évolution de la PAC n’a pas subi la moindre inflexion.

Le Conseil et la Commission européenne jouent avec les mots :

• Ils parlent de «nouvelle régulation» européenne mais il n’y a pas le moindre retour en arrière sur le désengagement progressif de la puissance publique dans la gestion des marchés,
• Ils parlent de «volumes indicatifs» de production après 2015 mais ce ne sont en aucun cas des quotas, donc sans réel impact sur la bonne adéquation entre l’offre et la demande,
• Ils parlent d’une «autorité européenne» chargée d’examiner les marchés laitiers et les prix, c’est de l’information, pas de la régulation,
• Ils parlent d’une «relation conventionnelle» entre producteurs et transformateurs, ce n’est ni plus ni moins que de la contractualisation.

Les éleveurs attendent transparence et qu’on leur parle un langage de vérité.

Comme l’a toujours dit la FNPL, la bataille à Bruxelles sur les outils de l’ancienne OCM n’est malheureusement plus d’actualité depuis la mise en oeuvre opérationnelle du bilan de santé. Dès lors, utilisons notre énergie pour faire en sorte que les décisions qui y seront prises ne condamnent pas la France au modèle agricole nord-européen.
• Il est impératif d’obtenir des avancées significatives sur l’application du droit de la concurrence, seules à même de permettre la structuration des producteurs au sein d’une filière économiquement performante mais également porteuse de valeurs sociales, de développement durable et d’aménagement du territoire.
• La France doit permettre aux producteurs de passer ce cap difficile, en particulier en répondant positivement à la demande d’année blanche.
• Elle doit aussi, dans le cadre de la prochaine loi de modernisation agricole, permettre aux éleveurs de discuter d’égal à égal avec les industriels, dans un rapport de force équilibré et loyal.
• Enfin, très vite, les producteurs doivent avoir des signes concrets sur le fait que l’amélioration actuelle de la conjoncture laitière se traduise dès le mois de janvier sur le prix du lait, dans les conditions prévues par l’accord du 3 juin.

Nous ne voulons plus de mots, mais des actes…

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