Plus de peur que de mal
Orges d’hiver
Après un début de récolte plutôt optimiste, les écarts se sont creusés au fil de la récolte, avec une fourchette de rendement allant de 40 à 75 qx sur le département. Le sud, qui a eu plus d’eau, semble tirer son épingle du jeu tandis que les basses températures du mois de juin ont été défavorables au nord. Par contre sur l’aspect calibrage et taux de protéines, on est bien situés, confirment Joël Zehr d’EMC2 et Michel Ménétrier de la SEPAC.
Blé
Un tiers de la récolte est fauché. Comme pour l’orge d’hiver, on constate que le PS et le taux de protéines sont très corrects. La crainte des températures élevées a finalement eu moins de conséquences que prévu sur les rendements avec des fourchettes supérieures aux prévisions de 10 qx : 55-65 en petites terres et 65-75 en terres profondes.
Colza
Avec 20 % de surface fauchée, il est encore trop tôt pour faire un bilan objectif. Les rendements font le grand écart, de 20 à 35 qx, plutôt en défaveur du nord. Les variétés précoces type adriana et catalina s’en sortent bien. Quant aux hybrides (Exo7 et NK aviator), leur performance reste à confirmer. Michel Ménétrier, de la SEPAC est néanmoins confiant en ces variétés malgré les pluies annoncées car grâce à l’amélioration génétique, elles ne s’égrènent plus comme auparavent.
Les rendements qui descendent à 15qx/ha sont souvent des parcelles qui ont manqué de fumure phosphatée lors du semis. Le désherbage «light» a également des conséquences catastrophiques sur les rendements, explique Joël Zehr.
Frénésie des marchés
Après l’embrasement des prix de plus de 30 euros, lié aux aléas climatiques et à la prévision de sècheresse en Russie, les corrections à la baisse s’appliquent tout aussi brutalement aux cotations des marchés sur Euronext, qui perdent 15 euros au fur et à mesure que les récoltes rentrent, pour s’établir à la clôture de notre édition à :
• 166 euros/tonne pour le blé
• 193 euros/tonne pour l’orge de brasserie
La volatilité des marchés n’étant pas propice au volume d’affaires, nombre d’agriculteurs optent pour l’option de stockage à la ferme ou dans leur OS. A la SEPAC, jusqu’à 70 % du blé livré à la moisson est en stockage, précise Michel Ménétrier. Les agriculteurs ont ainsi jusqu’au 31 août pour choisir entre un prix moyen, une vente au cours du jour ou la mise en stockage, moyennant des frais.
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