Les changements en cours de l’ADCL
Fin 2007, 546 éleveurs étaient adhérents au Contrôle Laitier soit 67 % des producteurs de lait en Haute-Marne contre 549 l’année précédente. La relative stabilité s’explique par 11 adhésions et 14 démissions. Par contre, cette année, en 2008, la diminution sera importante avec d’ores et déjà 33 cotisants de moins dus à 35 cessations laitières. Pire : l’ADCL en prévoit déjà 22 autres. Cette tendance est nationale et peut paraître très inquiétante…
Au nombre de vaches, l’ADCL a contrôlé, en 2007, 32 562 animaux soit 71 % de l’effectif haut-marnais et 2 000 de plus que l’an dernier qui ont permis de couvrir l’augmentation des prêts de lait. Pour le début 2007, la tendance est identique avec 1 100 vaches de plus. Par contre, en octobre, cette tendance s’inverse avec 700 vaches de moins.
Enfin, le taux de pénétration du contrôle laitier continue de progresser puisque la collecte départementale est assurée maintenant par plus de 82 % des adhérents.
Activités 2008
L’activité 2008 de l’ADCL se caractérise par une réorganisation permanente des secteurs. 4 départs à la retraite ont été remplacés par deux embauches afin d’assurer la pérennité des tournées. Un autre contrôleur recruté en CDI servira de remplaçant sur toute la zone et un quatrième est actuellement en formation pour s’occuper plus particulièrement de la reproduction et de l’encadrement des élevages avec robot de traite.
Le logiciel Siel est officiellement déployé depuis juin dernier. Il est présent sur 60 départements différents et même si les données fournies aux éleveurs à l’issue du contrôle restent les mêmes, elles ne seront plus présentées de la même manière. Du coup, un nouveau classeur devrait arriver dans les exploitations. Enfin, l’ADCL demande aux éleveurs d’émettre leur réflexion afin de faire évoluer le produit.
Charles Bolot, directeur de l’ADCL, a également révélé le bilan de la nouvelle offre de service. 65 % des contrats sont en A11/11 soit 11 contrôles de performances dans l’année et 11 appuis techniques. 25 % des adhérents sont en A9/9 (les anciens 42 jours), 3 % sont en A11/9, 3 % en A11/7, 2 % sont en A11/0 et 2 % sont en AT (un coup le matin, un coup le soir), en CZ (sur 24 heures), en B (par l’éleveur) et en BR (robot).
Au bout du compte, 60 adhérents à l’ADCL ont changé de services alors que tous les autres n’ont rien changé. Les passages d’appui technique ont disparu sur 29 élevages et l’ADCL s’adapte aux cas particuliers et aux nouvelles technologies.
Agrément de l’OCL
Le 1er janvier prochain, l’ADCL aura son nouvel agrément pour 5 ans. Le 30 juin dernier, elle avait déposé son dossier de candidature avec une description technico-économique de la structure. A noter que pour la Haute-Marne, un seul dossier a été envoyé !
Début octobre, l’ADCL a répondu à l’appel d’offre en fournissant une carte de services et les différents niveaux de tarification. Pour les éleveurs, une seule chose va changer : les factures sur lesquelles seront différenciés le contrôle de performances et l’appui technique. Par contre, le montant global ne changera pas.
La dernière étape de cet agrément sera de s’engager dans le système de management de la qualité.
Bien en TP, mauvais en cellules
Philippe Gillet, ingénieur encadrement, a donné les derniers résultats laitiers de la ferme Haute-Marne.
Cette année 2007/2008, le niveau d’étable est stable par rapport à l’an dernier. D’ailleurs, l’année climatique a été assez semblable. La qualité de l’ensilage maïs a été comparable et seul le foin était différent.
Au bout du compte, la moyenne départementale est pratiquement stable, à 7 624 kg (-14). Cette stabilité ne doit pas cacher l’évolution sur 10 ans qui est de + 700 kg. Cette stabilité est donc, sans doute, temporaire. La courbe devrait repartir à la hausse à un rythme de + 100 kg par an.
Classiquement, les niveaux d’étable suivent un gradian croissant du sud vers le nord avec des résultats proches de 6 500 – 7 000 kg autour de Langres et des niveaux supérieurs à 8 000-8 500 au nord de Joinville. Les systèmes alimentaires ainsi que les races en sont les principaux facteurs explicatifs.
Quant au nombre moyen de vaches par exploitation, il est de 56 soit une hausse de 3 en un an grâce à une offre exceptionnelle de lait. Ces vaches sortent actuellement des exploitations ; d’où les – 700 en octobre. Néanmoins, la tendance sur plusieurs années est de + 1 vache par an.
En moyenne, les exploitations contrôlées par l’ADCL produisent 431 000 kg soit une augmentation de 120 000 kg en 10 ans.
Qualité
Du point de vue de la qualité du lait, l’amélioration du taux protéique est nette puisqu’il progresse de 0,5 point pour atteindre 32,6 et le niveau de 2005. Cette tendance s’explique, sans doute, par la distribution « poussée » de concentrés et non pas par la génétique. Le TB reste stable à 39,3.
Le problème est le niveau cellulaire de la ferme Haute-Marne avec le plus mauvais résultat depuis 1998 à 78,7 % des laits à moins de 300 000 cellules. Ce phénomène s’explique par la présence de vaches contaminées pour faire du lait. Du coup, elles ont contaminé le reste du troupeau même si elles sortent actuellement. L’épuration actuelle des vaches « malades » est indispensable mais il faut également penser à la surcharge des bâtiments et la qualité de la paille. A l’inverse, le résultat des butyriques est bon malgré une année climatiquement défavorable.
Au bout du compte, le prix moyen du litre de lait s’établit à 323 euros les 1 000 litres soit une progression de 36 euros en un an. Avec l’ADL, le moyen est de 358 euros. Après une lente baisse et régulière de ce prix et avant une forte baisse, cette forte hausse annonce une instabilité qu’il faudra prendre en compte dans l’avenir. Même si les hauts seront, sans doute, plus hauts que les bas, les éleveurs devront gérer au mieux leurs charges et leur trésorerie.
En parlant de gestion, celle des quotas, pour cette année, semble problématique car moitié des éleveurs sont en sous réalisation et l’autre moitié est en fort dépassement. Il faut urgemment réagir…
Concentrés
Les quantités de concentré sont en forte évolution (+ 100 kg par vache) alors que leur efficacité plafonne. L’augmentation de 10 % des quantités a permis de produire un litre de lait…
Pour répondre à un supplément de droit à produire, les éleveurs ont réagi par deux leviers : l’augmentation des effectifs et l’augmentation des quantités distribuées. Le premier a bien fonctionné. Le second a montré ses limites. Autrement dit, apporter davantage de concentrés pour produire plus ne sert souvent à rien…
Dans le même temps, la forte croissance des matières premières a fait progresser les prix des concentrés de presque 25 %. Au final, les coûts alimentaires (hors fourrages) progressent de 36 %.
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