Triste ambiance au Cil Grand Est...
On pouvait malgré tout penser qu’après les difficultés de l’accouchement national et surtout les nombreuses et parfois très dures manifestations qui l’ont précédé, chacun au sein de la filière chercherait le retour à un type de relations seyant plus à des partenaires !
Et bien ce ne fut pas encore pour cette fois-ci en raison d’un différent de … 0,8 euros par 1 000 litres sur un mois, soit quand même 20 euros sur l’année pour des livraisons de 300 000 litres.
Si tout le monde, à force de précisions du Cniel, et de gros efforts d’auto persuasion coté producteurs, se résignait à considérer que l’accord national, aussi mal ficelé fut-il, se traduisait en région non pas par le 280 annoncé, sinon on serait passé à un prix unique national, mais par moins 57 euros des 1 000 litres par rapport au prix moyen 2008, encore fallait-i l le traduire en espèces, d’ailleurs plus trébuchantes que sonnantes.
De là vint le différend qui opposa à nouveau producteurs et «privés».
0.07 euros de différence sur l’année !
En effet un calcul très légèrement différent du prix moyen 2008 par la coopération aboutissait à une proposition de prix pour les mois restant forcément très légèrement différente de celle des entreprises privées : 1 euro sur octobre, soit 0.08 euros des 1 000 litres en moyenne annuelle !
Le collège producteurs, estimant que les efforts qu’il a faits en 2008 par la réécriture de grille et surtout par le report de paiement de 27 euros du 2ème trimestre 2008 au 1ier trimestre 2009 lui permettait de n’avoir aucun scrupule, cala sa position sur celle, à peine plus avantageuse, de la coopération.
En appelant, selon elles, au strict respect de l’accord national, les entreprises privées refusèrent l’euro supplémentaire affecté par la coopération à octobre et, après deux suspensions de séance, concédèrent simplement un aménagement de leur proposition initiale de 0.20 euro sur octobre afin que la baisse moyenne annuelle ne dépasse pas les 57 euros.
Au-delà d’une différence de prix sans conséquence économique, on retenait, coté producteurs l’absence totale de volonté de dialogue des ressortissants de la Fnil, lesquels ne s’expriment d’ailleurs qu’au travers de leur porte parole, en considérant que cela augurait mal de la capacité de la filière laitière de l’Est à relever les importants défis qui sont pourtant les siens dans un contexte toujours plus libéral qui renforce la concurrence, certes entre Etats, mais également et même si on ne veut pas se l’avouer, entre régions !
Et puis cette filière, jadis modèle pour toutes les autres, a aussi à travailler et à aboutir rapidement, pour 2010 dit l’accord national …, sur l’établissement de nouvelles relations contractuelles entre producteurs et entreprises.
Au regard de l’ambiance de la réunion du Cil, un observateur extérieur aurait sans doute eu du mal à être optimiste quant à la capacité de collèges apparaissant plus opposés que partenaires à travailler en confiance pour préserver l’avenir.
Nous ne mentionnons pas la grille proposée par les coopératives et validée par les producteurs car sa seule différence porte sur le prix d’octobre à 265 alors qu’il n’est qu’à 264,20 pour les privés.
Soulignons que seuls les producteurs livrant à l’Ermitage retrouveront ce prix car les adhérents de Sodiaal, de la partie sud du bassin laitier Centre-Est, soit la Bourgogne, la Champagne Ardenne et le Centre, ont encore sur cette année une grille de transition propre à leur coopérative.
Cette grille 2009, et là tout le monde était d’accord a été aménagée de manière à relever les prix du 4ème trimestre et de décembre en particulier qui sinon aurait été payé 233 euros des 1 000 litres.
Pour ce faire les prix de juillet, août et septembre ont été plafonnés à 300 euros alors qu’en leur appliquant strictement la baisse annuelle de 57 euros ils auraient atteint 303 euros.
Une flexibilité annuelle
Là encore il aura fallu interroger longuement le Cniel pour obtenir la précision manquant dans l’accord national : la flexibilité calculée sur le mix produit de chaque entreprise sur la période du 1ier avril 2008 au 31 mars 2009 s’entend en moyenne annuelle.
Autrement dit une entreprise qui se positionne à -6 euros les fera en moyenne annuelle ce qui passera le plus souvent par une régularisation dans la mesure ou soit elle aura fait moins que -6 de janvier à avril (expl : lactalis qui a fait -4.5 sur cette période) soit elle aura fait plus (expl: BG qui a fait -4.5 sur janv-fév-mars et -14 en avril).
Pour Entremont c’est l’incertitude dans la mesure où l’entreprise qui connaitra sans doute prochainement son sort au travers du nom de son (ses) repreneurs(s)ne peut se positionner qu’en temps réel, pour l’heure, dans l’Est, elle applique une flexibilité de -10 euros par 1 000 litres.
Par ailleurs Sodiaal a indiqué appliquer -10 à partir du 1er mai ce qui fera - 8 en moyenne annuelle.
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