L'Avenir Agricole et Rural 13 novembre 2020 à 10h00 | Par JL MASSON

Actrices de la future PAC en direct

A l’initiative de la FRSEA Grand Est, la conférence de clôture d’Agrimax a réuni, autour d’une même table, Anne Sander, Christiane Lambert et Pascale Gaillot. Trois voix féminines qui ont réagi aux annonces issues du marathon sur la future PAC, qui s’était déroulé les deux jours précédents à Luxembourg.

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Christiane Lambert : « nous avons-nous-mêmes à expliquer sur le terrain la montée en puissance de l’environnement ».
Christiane Lambert : « nous avons-nous-mêmes à expliquer sur le terrain la montée en puissance de l’environnement ». - © JL MASSON

En ces temps de précaution sanitaire, où la visioconférence s’est généralisée, la FRSEA Grand Est a réussi la performance de réunir physiquement, sur un même plateau d’AGRIMAX, trois actrices des débats qui nourrissent actuellement la définition de la future PAC. L’eurodéputée, Anne Sander, la présidente de la FNSEA et du COPA, Christiane Lambert et la vice-présidente du Conseil Régional du Grand Est, déléguée à l’agriculture, Pascale Gaillot, affichaient une même satisfaction « réconfortante » de pouvoir échanger en proximité physique, dans le strict respect des mesures barrières et de la distanciation, le 22 octobre. Seules les prises de parole autorisaient le retrait momentané du port du masque. Cette table-ronde suscitée et animée par Hervé Lapie, le président de la FRSEA, intervenait en clôture des trois jours du salon AGRIMAX tenu au parc des expositions de Metz.

Volet économique et volet environnemental
Au sortir d’un début de semaine consacré au débat parlementaire, Anne Sander explique que la prochaine PAC « sera encore plus verte ». Entendez, la conditionnalité sera renforcée et la mise en œuvre des éco-régimes a été actée. Reste encore à en fixer précisément le curseur. Les eurodéputés, renouvelés pour partie en 2019, sont plus sensibles à l’environnement et au bien-être animal que leurs prédécesseurs. Ils préconisent de consacrer 30 % des paiements directs au «verdissement », pour accompagner les agriculteurs sur le chemin de la transition écologique. Les ministres de l’Agriculture sont plutôt sur une ligne de 20 %.

La culture du compromis

« Les compromis vont-ils satisfaire les agriculteurs ? » s’interroge la présidente de la FNSEA, qui a ressenti une volonté d’accélérer du côté de la présidence allemande de l’Union. Christiane Lambert se dit plutôt satisfaite des décisions intervenues en début de semaine, estimant que la montée en puissance de l’environnement était incontournable dans tous les secteurs de l’activité « nous avons nous-mêmes à l’expliquer sur le terrain ». La culture du compromis est celle de la FNSEA, affirme-t-elle, en rappelant la position de départ de 2018 qui tablait sur une ponction verte de 15 % du premier pilier et de 25 % du second. L’enjeu pour la centrale syndicale est désormais de «décortiquer le dispositif, pour faire en sorte que les agriculteurs puissent bénéficier des éco-programmes ». Un travail d’ingénierie est à mener avec les OPA, l’administration et les Régions. « Vous n’avez pas à rougir de ce que vous pratiquez» assure Anne Sander. « En France, c’est plutôt le mieux disant environnemental » répond en écho la patronne de la FNSEA, qui milite pour tirer profit des différentes pratiques que sont l’agriculture biologique, l’agriculture raisonnée, la certification environnementale…

Donner envie, en étant positifs

Du côté de la Région, Pascale Gaillot insiste sur « les deux années de transition à gérer jusqu’à janvier 2023 ». La mandature actuelle a été compliquée, car les plans de développement régionaux avaient été conventionnés avec les trois anciennes régions de programme, ce qui signifiait une hétérogénéité des actions. «Nous sommes dans les temps, mais avec des séquences très difficiles » jauge la vice-présidente du Grand Est. Le plan de relance vient à point nommé pour une transition « plus sereine sur 2021-2022 » considère-t-elle. Il semble que la ligne de partage entre Etat et Région, emberlificotée jusqu’alors, soit en train de s’éclaircir pour 2023. Les aides surfaciques, ICHN, MAE demeureraient gérées par l’Etat. Tout le reste reviendrait à la Région (installation, investissement, innovation), avec autonomie d’instruction et de gestion. Concernant le volet développement rural « nous étions en faveur d’une PAC qui protège le revenu des agriculteurs par une prise en compte des aléas et la reconnaissance des services environnementaux » indique Pascale Gaillot, qui veut désormais parvenir à « un socle commun avec les autres régions, afin d’éviter les effets de bordure ». La vice-présidente déléguée à l’agriculture avoue « que c’est un peu plus compliqué avec la transition écologique ».

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