L'Avenir Agricole et Rural 01 septembre 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Accord entre Lactalis et les OP

Mardi dernier, après 5 heures de négociations, les Organisations de Producteurs ont trouvé un accord avec Lactalis. Xavier Beulin revient sur cette action en remerciant le réseau pour sa mobilisation et en tirant quelques enseignements. Roger Braux, président de l’APLLAGE (Association des Producteurs de Lait LActalis du Grand Est) explique, quant à lui, le rôle de son OP.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Roger Braux, producteur du lait à Luzy (52)
Roger Braux, producteur du lait à Luzy (52) - © Avenir Agricole

Que représente l’APLLAGE en termes de production et quels ont été ses acquis au cours des derniers mois ?

L’APLLAGE c’est 315 exploitations adhérentes réparties sur 10 départements du Grand Est, dont 60 sont haut-marnaises, pour près de 150 millions de litres de livraisons annuelles. Ce n’est certes que 50% des livreurs à LACTALIS mais cela tient surtout à l’existence historique de l’UPLV (88) qui est aussi reconnue OP. Toutefois LACTALIS refusant de travailler avec elle dans la mesure où elle a plusieurs acheteurs, ses adhérents «LACTALIS» devraient prochainement rejoindre l’APLLAGE.

Quant aux acquis, difficile d’en faire un bilan au niveau de l’APLLAGE car les décisions ne se prennent pas là mais à l’UNELL (Union Nationale des éleveurs laitiers Lactalis) à laquelle adhère l’APLLAGE. C’est cette Union d’OP, elle-même en voie de reconnaissance comme OP à part entière, qui négocie pour nous, sachant que le Président de chacune des OP membre de l’UNELL participe aux rencontres quasi mensuelles avec LACTALIS.

Restent au niveau de l’APLLAGE les aménagements régionaux, telle la prime multicritères de 6 Ä obtenue à l’issue d‘une négociation régionale directe.

Et puis il y a notre implication dans les transferts de contrats puisque ceux-ci sont réservés aux adhérents d’une OP ; ce qui passe obligatoirement par l’APLLAGE dans l’Est.

Je terminerai sur cette question en soulignant que seule une OP est habilitée à discuter de prix et de volumes avec un acheteur et qu’à ce titre l’APLLAGE est la seule interlocutrice de LACTALIS dans l’Est.

Pensez vous avoir un poids suffisant pour négocier le prix ? Cette crise étant mondiale que peut faire Lactalis ?

Le poids c’est l’UNELL qui, regroupant des OP des différentes régions, doit nous le donner. Pour autant il reste à faire, car tous les livreurs LACTALIS ne sont pas adhérents d’une OP et toutes les OP ne travaillent pas ensemble, favorisant ainsi la division des producteurs dont rêve tout acheteur et le nôtre en particulier.

Je soulignerai à ce sujet que la FDPL de Haute Marne à tout fait pour faciliter l’adhésion de ses membres à une OP puisqu’elle prend en charge la totalité, c’est le cas pour l’APLLAGE, ou au moins une partie de la cotisation d’adhésion à une OP. Je ne crois pas qu’un seul autre département ait eu la capacité de le faire.

Sur la crise, certes ni une entreprise, ni même un Etat ne peuvent seules la résoudre. Bruxelles est largement responsable et c’est de là que doivent venir les mesures de régulation des marchés.

Par contre une entreprise, et nombreuses sont celles qui le font, surtout les PME, peut aller au-delà de son contrat afin de soulager un peu les producteurs. LACTALIS le fait mais moins que tout le monde, ce qui fait que ses producteurs sont régulièrement les moins payés. L’UNELL a fait des propositions de prix pas seulement basées, comme le contrat, sur les prix des produits industriels, mais tenant compte du mix produits du groupe, c’est-à-dire de la valorisation de ses différentes fabrications. L’application de ce mode de fixation du prix, incontestablement économique, ne résoudrait pas tout mais aurait au moins le mérite de partager un peu la crise, alors que là ses effets restent concentrés sur les producteurs permettant même aux entreprises d’accroître leurs résultats de manière très confortable.

Estimez-vous qu’E. BESNIER respecte son contrat et n’y a t-il pas moyen de le dénoncer ?

Bien que ça n’ait pas toujours été le cas, aujourd’hui le contrat est respecté, il est même dépassé du fait des euros ajoutés comme «soutien aux producteurs», mais je le répète ces soutiens sont insuffisants au regard de notre situation et des possibilités du Groupe, même si sa culture de l’opacité l’amène à ne pas publier ses comptes, ce que la loi devrait prochainement lui imposer.

Le contrat arrive à son terme de 5 ans le 30 novembre prochain. Aucune des 2 parties ne l’ayant dénoncé il se reconduit désormais pour une durée illimitée sachant qu’il est dénonçable en permanence avec un délai de 12 mois avant la rupture.

Nous pouvons donc le dénoncer, mais, avec ou sans contrat, un producteur a besoin d’un acheteur !

Il reste donc, pour pouvoir quitter LACTALIS, à assurer ses arrières ; ce que seuls quelques producteurs dans un environnement particulier peuvent faire.

C’est bien là que le bât blesse, tant que nous n’aurons pas trouvé le moyen de réinstaurer de la concurrence au niveau de la collecte, le rapport de force avec les grands groupes sera défavorable aux producteurs.

Mais, parce que les 13 000 livreurs à LACTALIS ne le quitteront pas, l’enjeu est bien la négociation d’un meilleur contrat, et bien sûr il y a urgence.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 02 septembre 2016.

Les termes de l’accord :

août : 280 Euros/1000 l ;

septembre : 285 Euros/1000 l ;

octobre : 290 Euros/1000 l ;

novembre : 295 Euros/1000 l

décembre : 300 Euros/1000 l

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2462 | septembre 2017

Dernier numéro
N° 2462 | septembre 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui