L'Avenir Agricole et Rural 25 juillet 2019 à 08h00 | Par Bérengère de BUTLER

Accompagner ce qui doit l’être

Le comité régional d’orientation de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) s’est réuni pour définir son plan d’action pour l’année à venir. L’Ademe ayant vocation à soutenir les projets les plus risqués, elle se retire progressivement -mais pas complètement- du financement de la méthanisation, pour s’orienter, par exemple, vers les projets de récupération de chaleur fatale.

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Le comité régional d’orientation de l’Ademe s’est conclu par une visite de l’unité de méthanisation Métachrist à Wœllenheim (67).
Le comité régional d’orientation de l’Ademe s’est conclu par une visite de l’unité de méthanisation Métachrist à Wœllenheim (67). - © G. Schmitt

L’Ademe participe, en tant qu’opérateur de l’État, à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et du développement durable. En 2018, l’Ademe Grand Est a engagé plus de 300 contrats pour un montant de 54 millions d’euros (M€) d’aides à la réalisation de projets de transition énergétique. Soit 10 % du budget national d’intervention de l’Ademe.
Pour 2019, l’Ademe Grand Est se fixe pour missions d’accompagner les acteurs locaux dans une transformation de leurs activités et services pour répondre aux enjeux de la transition écologique et énergétique, et d’orienter les flux financiers vers des investissements vertueux, en déployant les différents fonds d’intervention qui lui sont confiés par l’État : fonds chaleur, fonds déchets, fonds air mobilité et fonds pour les projets investissement d’avenir.

Porter la transition écologique

Dans le cadre du Contrat d’objectifs 2016-2019 fixé avec l’État, l’Ademe renforce en particulier son action en faveur de la transition écologique. Cela se traduit notamment par l’augmentation du fonds chaleur de
215 M€ à 307 M€, et le déploiement du label Cit’ergie, une labellisation européenne qui récompense la mise en œuvre d’une politique climat-air-énergie ambitieuse. À ce jour, trente collectivités de la région Grand Est sont engagées dans la démarche. Et l’Ademe continue d’initier des partenariats : après celui signé avec la Chambre de commerce et d’industrie Grand Est en 2018, un accord de partenariat devrait être signé en 2019 avec la Chambre régionale de métiers.

La méthanisation vole  de ses propres ailes

L’Ademe soutient le développement de la méthanisation depuis 2004, avec notamment un appui financier à la réalisation des projets pour assurer une rentabilité acceptable, en complément du tarif d’achat de l’énergie produite. Un soutien qui, pour l’ensemble du Grand Est, a concerné 219 réalisations ou projets en cours pour un montant de subventions cumulé de 77 M€ et 218 emplois créés. Désormais, la filière arrive à maturité. Les projets «standard» trouvent leur rentabilité avec les mécanismes d’obligation d’achat de l’énergie. «Avec le prix de rachat du gaz, on atteint un équilibre économique», précise Jérôme Betton, directeur régional de l’Ademe Grand Est. Le développement de projets nouveaux est essentiellement soumis à un besoin d’apport financier, notamment en fonds propres dans la phase de démarrage. «Cela ne relève plus de la responsabilité de l’Ademe», constate Jérôme Betton.

Vous pourrez retrouver l'intégralité de cet article dans notre édition du 26 juillet 2019

Débloquer de nouveaux gisements de biomasse

L’unité de méthanisation Métachrist, à Wœllenheim, s’intègre dans une réflexion globale. À la base, Florian Christ s’engage dans l’agriculture de conservation. Il se fixe pour objectif de ne pas laisser ses sols nus, donc il met en place une couverture permanente des sols, augmente la part de prairies dans l’assolement… C’est dans l’optique de créer une plus-value sur les produits résiduels agricoles (effluents, broyats de couverts) en produisant du digestat fertile et de l’énergie qu’il envisage de se lancer dans la méthanisation. Mais les soixante-dix vaches du cheptel ne produisent pas assez d’effluents pour alimenter un digesteur.
Et Florian Christ met un point d’honneur à n’avoir recours qu’à des déchets. Mettre du maïs dans un méthaniseur, pour lui, relève de l’hérésie, car cela revient à piller la ressource fourragère des éleveurs, déjà amputée par le changement climatique. Il envisage alors de valoriser les cannes de maïs produites sur l’exploitation et dans les environs. Après deux récoltes test, la première campagne de valorisation des cannes a lieu en 2016, avec 50 agriculteurs partenaires (ils sont
120 aujourd’hui) qui, en contrepartie de leurs cannes de maïs, bénéficient d’un digestat de haute valeur fertilisante.

Retrouvez la suite de cet encadré dans notre édition du 26 juillet 2019

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