L'Avenir Agricole et Rural 09 novembre 2017 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

ABATTOIR : IL FAUT UN ENGAGEMENT DÉPARTEMENTAL

Le projet du nouvel abattoir a été longuement évoqué lors de l’assemblée générale de Promoviande le 7 novembre à la Maison de l’Agriculture. Le dossier a besoin du soutien de nombreux agriculteurs pour obtenir l’adhésion des collectivités territoriales

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Promoviande et Viandes 52 sont favorables à la construction d’un nouvel abattoir qui offrirait de nouveaux services.
Promoviande et Viandes 52 sont favorables à la construction d’un nouvel abattoir qui offrirait de nouveaux services. - © T MORILLON

Pour le président de Promoviande Anthony Masselot : « l’abattoir est un investissement important, mais nécessaire afin de garder un outil de proximité qui pourra procurer de nouveaux services. Nous devons nous prendre en main pour répondre aux marchés de demain ». Le président insiste sur le fait que le monde agricole doit montrer sa mobilisation sur ce dossier. Afin de gérer au mieux le projet et de démontrer la volonté de la profession à faire avancer les choses, un nouveau directeur a été embauché pour l’abattoir (voir encadré dans notre édition papier page 03 de cette semaine), ainsi qu’un nouveau commercial pour Viandes 52.

Chercher de la valeur ajoutée

Un groupe d’une quinzaine de personnes s’est constitué afin de travailler sur le dossier du nouvel abattoir. Le groupe de travail a notamment visité deux abattoirs et s’est rapproché d’Essor Agro, un concepteur d’abattoir, afin de chiffrer le projet. Ce dernier prévoit de pouvoir réaliser de l’abattage porcin, bovin, ovin, équin, et de volaille. Ce nouvel abattoir aurait un atelier de transformation pour faire de la saucisse et des steaks hachés, il comprendrait également une ligne de surgélation.

 

Cette diversification permettrait de répondre à différents marchés : par exemple les steaks hachés représentent 70 % du marché de la viande bovine. Pour Vincent Courtier, président de Viandes 52, « on ne peut pas être compétitif face à Bigard, on doit donc se distinguer en créant de nouveaux marchés comme de la viande alimentée à l’herbe, la démarche Bleu Blanc Cœur ou les circuits courts. Cela fera notre force, mais à condition de trouver le bon équilibre ». Mettre en avant la qualité haut-marnaise semble être la bonne stratégie quand on sait que 90 % des viandes abattues à Chaumont sont d’origine haut-marnaises et que 60 % du volume sont à destination du département. « On fournit de la viande aux trois-quart des collèges du département et à l’hôpital de Chaumont, mais le marché haut-marnais n’est pas saturé » explique le président de Viandes 52. « De plus, si demain on a une loi qui limite le temps de transport des animaux, il nous faudra un outil de proximité ».

 

Des questions en suspens

L’actuel abattoir traite 2 500 t de viande (dont 1 600 t par Viandes 52), le groupe de travail désire que le nouvel outil traite 2000t de viande, mais Essor Agro l’a surdimensionné à 3 000 t. De ce fait, le cabinet d’étude estime le coût de l’opération à 6 millions Ä alors que le groupe de travail visait plutôt les 5 millions Ä. Cette étude devra donc être réajustée par Essor Agro. Il reste une incertitude sur le lieu d’implantation du bâtiment. Bien que la zone Plein’Est à Chaumont ait été évoquée à plusieurs reprises au cours de l’année, la ville de Montigny-le-Roi s’est montrée réceptive au projet. « Pour le lieu, rien n’est encore décidé, même si rester à Chaumont serait plus cohérent » affirme Anthony Masselot.

 

Côté financement, un seul acteur s’est engagé. Il s’agit du Groupement d’Intérêt Public (GIP) Haute-Marne qui suivrait le projet à hauteur de 20 %. Le Conseil Régional ne s’est pas prononcé, mais il ne pourrait prendre en charge que l’aménagement. Les Agences de l’eau peuvent également accompagner certaines filières bien particulières, en investissant dans du matériel de stockage. L’Union Européenne peut aussi accorder une aide, mais la totalité des subventions des différents organismes pour ce projet ne peut excéder 40 % du montage financier.

 

La question de la forme juridique est également évoquée, actuellement plusieurs organismes gravitent autour de l’abattoir : Promoviande, Viandes 52 et la Société d’Exploitation des Abattoirs de Chaumont. Il est donc prévu de simplifier ce fonctionnement en n’ayant plus qu’une seule structure et de partir sur une base coopérative en créant une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC).

 

Suite de notre article dans notre édition papier page 03

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